‹ En Nouvelle-RussieChapitre 66 sur 107 · GOUR1ENS. PRÉS OZOUUGUKTH · texte numérisé non relu

GOUR1ENS. PRÉS OZOUUGUKTH

(Photographie du baron de Baye.)

tchakoura, du nom du village Tchakva, près Batoum. Malheureusement, il se manifeste une tendance à l'abandonner pour la tcherkeska.

Descendus de wagon à Natanébi, c'est en voiture que nous regagnâmes Ozourgueth, la principale ville de Gourie. La route, d'environ 18 verstes, était intéressante à parcourir, car elle était sillonnée d'arbas ou charrettes de toutes sortes, transportant des productions du pays : maïs, vin, miel, etc., chaque rencontre offrait un pittoresque tableau h nos regards. Les cavaliers passent

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nombreux : princes, nobles que l'on peut parfois confondre avec des paysans propriétaires; ils chevauchent avec leur femme, se rendant de leur domaine à la ville. Nous nous arrêtons en route pour voir un immense hangar où se trouve réunie la récolte des cocons, et où s'effectue le triage et le séchage. De loin, on croirait apercevoir sous le soleil et au milieu de la verdure, une neige

LA RÉCOLTK DKS COCONS KNTRK NATAHKBI ET OZOl'HGUETH. (Photographie du baron de Baye.)

abondante couvrant le sol de légers flocons. Dans les campagnes, la sériciculture est très répandue, car le mûrier y pousse abondamment à l'état sauvage. Le ver à soie est nommé en géorgien le vers de Job. Cette dénomination tire son origine d'une des nombreuses légendes bibliques répandues en Transcaucasie, et cela depuis fort longtemps. La légende sur Job est encore chantée de nos jours, par les mestvirés ou chanteurs ambulants. Le prix que les indigènes attachent à la production de la soie, leur a fait

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donner une origine merveilleuse aux vers dont la métamorphose les enrichit.

La Gourie produit beaucoup de miel; dans ce pays où la saison des fleurs dure très longtemps, il est peu de jardins sans ruches. Une notable partie de ce miel sert à fabriquer une eau-de-vie appréciée ; et avec la cire, on fait surtout des cierges pour les usages du culte.

En entendant le bourdonnement de ces essaims laborieux, je me rappelle qu'Àkaki a aussi chanté l'abeille, et je ne puis résister à vous dire en quels termes.

t I. La petite mouche, ouvrière du ciel, qui travaille pour « Ticône, c'est l'abeille. Pour accomplir sa besogne, elle vole au c loin en chantant, toute joyeuse.

« If. Voltigeant d'une fleur à l'autre, elle bourdonne dans ce « travail une chanson ouvrière dont elle a le secret. Elle ne se « trompe jamais.

« III. Ici, là, elle suce et recueille ce qui sera la cire et le miel. c Elle n'épargne ni l'adresse ni la force; elle les tient de Dieu !

« IV. Appesantie d'un lourd fardeau, elle se rend jusqu'à la « ruche. Elle consacre son âme et offre son cœur au doux service « de Dieu et de l'homme.

<c V. Durant la pluie d'orage, elle se cache et se précipite dans t les branchages pour y trouver un refuge. Elle veille sur son « précieux butin et le préserve.

« VI. Elle n'attaque personne; mais si elle rencontre l'ennemi « sur sa route, contre lui elle se jette avec bravoure et le perce < de son dard jusqu'à en perdre la vie.

c VII. Toi poète, tu es aussi une abeille parmi les hommes. Tu « donnes aux autres ton miel plein de douceur et ton cierge plein « de lumière.

c Et ensuite, ô poète, que te reste-t-il pour toi-même de lumit neux et de doux? »

Mais laissons les abeilles et la poésie locale, et continuons notre route à travers les bois où la végétation est luxuriante, où les arbres séculaires s'enlacent de vignes sauvages et ombragent un fouillis de fougères gigantesques et de rhododendrons arborescents

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ne seconde fois en fleurs. Passons parmi les jardins remplis de olonias, de ralalpas, de lauriers et d'essences variées. Quel

LE PRINCE DJA11A GOl'RIEL.

(Pliolo^mpliio Romofl)

végétal ne prospérerait pas sur un sol à ce point privilégié! Aussi, la ville d'Ozourgueth, sauf le quartier du bazar, ressemble-

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t-elle à un vaste parc où les maisons sont disséminées et enveloppées de verdure.

Ozourgueth ne possède qu'un peu plus de 4,000 habitants1 ; celte localité est arrosée par le torrent Natanébi. Elle était la résidence des Mlhavari, c'est-à-dire des princes de Gourie. La maison Vardanidzé est devenue la famille des princes Gouriel, autrement dit des princes régnants de Gourie.

O/.Ol'RGUKTH. — PRÊTRES COU RIENS.

(Photographie du baron de Baye.)

Feu le prince Mamia Gouriel, héritier de cette principauté, prêta serment à la Russie en 1810; et des lors, la Gourie fut vassale de l'empire russe.

J'ai eu le plaisir d'être invité par le frère du prince Mamia, le prince Djaba, c'est-à-dire Gabriel Gouriel, un admirable vieillard plein de santé, de majesté, de charme et d'amabilité. Sa tète ressemble à celle que Raphaël a donnée au Père Éternel. La chevelure,

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