SUR LE TRANSSIBÉRIEN. — STATION TAÏGA
(Photographie du baron de Baye.)
rendre compte de l'intérêt qui s'y attache. Je me suis arrangé is grand étonnement de tous) pour y passer une nuit dans un rop* et une journée, afln de parcourir cette étrange localité.
Il y a quatre ans, une forêt vierge se trouvait là et depuis^ ans seulement, des êtres humains y ont fondé un groupe ik mode américaine, groupe composé de 2,000 habitants. C'esin*
1. Baron de Baye, De Moscou à Krasnoutrtk. Extrait de la Bévue de Gitffî* 1897, p. 36.
DE PËNZA A MIN0USS1NSK 35
tation installée dans un carré coupé en pleine taïga. Ce carré est ouvert de huttes et de maisons rudimentaires. Près des croix ouges plantées sur les restes des premiers morts dans le combat e l'homme contre la nature, on voit la Fondation d'une chapelle. Mes ne dormiront plus, ces victimes, sous le dôme naturel formé ar l'épaisse frondaison d'arbres séculaires, mais à l'ombre d'un locher.
Il y aurait une étude bien curieuse, une peinture bien émou-
Sl'R LE TRANSSIBÉRIEN. — STATION TAÏGA. ^Photographie du baron de Baye.i
irante à tracer de celte apparition d'un habitat en pleine forêt vierge.
Ce ne sont pas des colons russes qui voudraient vivre ainsi prisonniers de la forêt, sans avoir un sol à remuer. Ce sont de rudes Sibériaks venus un peu de partout, chevaliers d'aventure, vivant des travaux du chemin de fer, qui se sont fixés là. Je suis autorisé k croire que l'existence qu*on mène en ce sombre endroit se rapproche de la barbarie. Le sol inégal et marécageux est comblé et