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sans nombre, la curiosité et l’attention se portent avant tout sur une humble pierre tombale : celle qui recouvre les restes de Jansénius, le savant évêque d'Ypres,
Il faut aller voir aussi la jolie maison dite des Templiers, et celle de la Boucherie où s’abrite un intéressant musée local.
| Ypres avait, il y a quelques cinquante ans, une infnité de façades en bois, curieusement fouillées et noircies par le temps. Une à une, elles ont disparu devant
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l’envahissement de la modernisation. On a eu soin de conserver toute entière et de remonter fidèlement sous les combles des Halles, l’une de ces façades : c'est un chef d'œuvre du genre.
En quittant la ville nous rencontrerons quelques sites aimables : les étangs de Zillebeke et de Dickebusch, tout entourés d'arbres et dans le fond, les silhouettes de hautes dunes, un peu pompeusement baptisées d'« Alpes flamandes. »
Elles n’ont guère plus de 150 mètres d’altitude, mais paraissent considérables en ces contrées plates.
Les plus hautes d’entre elles, le Mont Kemmel, le Mont Rouge, le Mont Noir, campées sur la frontière française,semblent comme les sentinelles avancées du pays de Flandre.
Du Mont des Cats, sur lequel se dresse un couvent de Trappistes, jusqu’au Mont Rouge, les collines vont en s’élevant, couvertes de bois, séparées par de frais vallons. Un village, Locre, pointe sa tour dans un de ceux-ci,
Du belvédère fiché tout en haut du Mont Kemmel, la vue s'étend, merveilleuse, sur les bois voisins, les arbres et les champs, jusqu’en un infini bleuâtre et doux.
Vers la mer, Nieuport et Furnes se détachent sur la ligne des dunes,
Au pied de notre observatoire isolé, un moulin tourne sur le sommet d’une colline pointue : le Mont Aïigu. Au loin nous découvrons, en France, le Mont de
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Cassel et accolés contre le Mont Noir, les tours et le beffroi de Ballieul.
Ypres et l'étang de Dickebusch sont là-bas, vers la droite; Poperinghe se devine à gauche, tout au loin. À l'horizon nous reconnaissons Renaix et le Mont de l’Enclus; puis, vers Armentières et Lille, les manufacturières agglomérations de Tourcoing et de Roubaix.
Et nous quittons, tout rêveur, notre tourelle, songeant au singulier dicton local, prétendant que du haut des « Alpes flamandes » s’aperçoivent quatre royaumes : la France, l’Angleterre, la Belgique et ..… le Ciel !
Un peu fort prétentieux, sans doute, le dicton!
Mais la vue est si belle, le panorama si vaste, si attachant en sa diversité, que l’on pardonne à l’enthousiasme flamand son allure un tantinet ... méridionale.