‹ En pleine gloire! [microforme]Chapitre 11 sur 11 · LOUIS · texte numérisé non relu

LOUIS

J'y cours, Mademoiselle. (Au Colonel) Maïs j'ai bien peur que nous ne revenions trop tard. (ZI sort. Le colonel revient vers le groupe formé par le mourant et Marthe, tandis que dans son coin, le petit Césaire continue de rêver —A cet instant le blessé se ranime, il ouvre les yeux, c'est le suprême répit de la mort toute proche.)

LE LIEUTENANT

Ne bougez pas, petite fée de mon rêve, garde... Ne vous évanouissez pas...

(invoquant) restez là, que je vous re-

MARTHE

C’est moi qui suis là, mon ami, vous ne rêvez pas...

LE LIEUTENANT

C'est donc que je vais mourir, répondent aux miens.

que vous me regardez ainsi, ct que Vos yeux

MARTHE

(Dans un cri.

être heureux!

) Non! Je ne veux Pas que vous mourriez. 1] faut vivre, pour

LE LIEUTENANT

N'est-ce pas du bonheur, petite Marthe, « ‘e d'être là, tout contre vous.

La vie allait nous séparer... la mort n’a pas voulu. Elle va m’ensevelir ici, sous {a terre où vous marcherr- Notre

Victoire y fera s'épanouir des fl vos héros moi aussi, en la belle terre de France que j'ai à ma mère comment cela s’est Maman... (1! Jerme les yeux.)

MARTHE (Elle le croit mort) Grand’père!

LE LIEUTENANT

vous entendre prier, comme prient nos mères et nos sœurs, quand nous allons mourir. (On entend Marthe qui sanglote. Soudain, très-loin, très loin, une musique militaire relentit.… puis se Précise.… On distingue alors “Q Canada’”. Le mourant se soulève, et dans un cri de bonheur) L'hymne du Canada!

LE COLONEL

(IL a couru à la fenêtre, et, exalté) Bravo! Vo chez-vous, le vôtre!

ilà les Canadiens! Un régiment de

LE LIEUTENANT

Mon Régiment! Mes camarades! Le chant de ma patrie....L’entendez-vous, Marthe....il me berce si doucement. (Puis la Musique chante plus fort. Alors le blessé se met presque debout et ait le salut au drapeau. Le délire le reprend, magni- Jique cette fois). Présent! Me voila C'est le boitier (Exaïté) Ahl Vous croyez nous vaincre, comptez-y.….. un de tué. tout un régiment surgit... Mais tirez dore sur

les hommes, cruels imbéciles. (Dans un cri de rage) Ne touchez pas à ces bébés. Arrière, vous dis-je. Hein? Kamarades! Ah! lâches, hypocrites, ‘assassins. (Le

régiment est passé, et la musique décroit dans une douceur mélancolique. L'exaltation du mourant se calme, il retombe sur ses oreillers, et, d’une voix ravie) O la belle mu-

sique, Marthe... Je suis heureux... de mourir... en l’écoutant...C’est ma patrie que je revois...

Le rideau tombe tandis que la musique meurt doucement dans le lointain.

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