SCENE I
Marthe, le petit Césaire.
Au lever du rideau, Marthe re, srde 8on petit frère qui joue avec des soldats de plomb et un fusil de bois.
LE PETIT CESAIRE Alors, grande sœur, raconte-moi ce qui se passa à la Marne... Tu sais la belle histoire...
MARTHE
Oui, mon chéri, la belle histoire, celle de la France, la plus belle de toutes. Or donc, ces méchants Al'emands voulaient prendre Paris... (L'enfant s’agenouille près de sa sœur et écoute avidement.)
LE PETIT CESAIRE Prendre Paris! Mais ils ne savaient donc pas que Paris, c'est aux Français ?
MARTHE
Si, mais c’est qu’ils voulaient nous le voler, notre Paris. Nos soldats avaient ardemment défendu notre Pauvre nord saccagé, meurtri, assassiné... Et l’ennemi marchait toujours, redoutablement armé. Il ravageait tout sur son passage, pillait, brûlait et tuait jusqu'aux femmes et aux petits enfants.
LE PETIT CESAIRE
C'est eux, dis, qui l’ont tué notre maman, et la petite sœur, et le bébé? Et c’est eux qui ont brûlé notre maison ?
MARTHE
Oui, mon chéri, ce sont eux qui nous ont fait tout ce mal, et il ne faudra jamais l'oublier, LE PETIT CESAIRE Je les tuerai tous, Marthe, quand je serai grand, et quand j'aurai un vrai fusil, comme le lieutenant Dut reuil.… MARTHE
Les Allemands marchaient, marchaient… Tout s’effondrait sous leur poussée, ct la France tremblait pour Paris, notre beau Paris. Leur empereur, croirais-tu, avais promis à son peuple cette proie tant convoitée. et, pour le Premier 12 août, un souper était commandé dans le plus beau restaurant de Paris, par ordre de sa
LE PETIT CESAIRE O le vilain homme!
MARTHE
Mais la Marne était Ja! Et c’est là que l’armée française attendait. Son chef illustre avait tout préparé, et les poilus étaient prêts à tenir, ou à mourir sur place, suivant la proclamation du grand Joffre.
LE PETIT CESAIRE
(Avec enthousiasme) Joffre! Césaire Joffre!. O Mrrthe, que c’est beau de s'appeler comme lui.
MARTHE
Et les Boches ne Passèrent pas. C’est à la Marne, mon petit, que s’est livrée la plus grande bataille du monde!