‹ En SibérieChapitre 2 sur 34 · AVANT-PROPOS IX · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS IX

prétendu à ce titre : il rappellera souvent ceux de MM. Boulangier, Cotteau et Meignan qui m'ont devancé en Sibérie. Toutefois, on remarquera, . entre ces voyageurs et moi, des différences nota- 'bles dans le ton général, et jusque dans la peinture des mêmes villes et des mêmes contrées. La raison de ces divergences est simple : ces voya^ geurs avaient abordé la Sibérie sans préparation; pour ma part, au contraire, je connais dès longtemps la Russie d'Europe, ses coutumes, ses besoins, ses aspirations et sa langue. Je n'ai donc plus, comme eux, la faculté de m'extasier devant un samovar ou devant les zakouski d'un dîner russe : en revanche, je suis à même de causer avec une foule de gens simples qui ne savent pas le français et que, par suite, ces touristes eussent négligés. Aussi bien, la différence est-elle essentielle entre le but de ces voyageurs et celui que j'ai poursuivi. Ils sont venus ici pour se promener; je suis venu au contraire remplir une mission du ministère de l'Instruction publique et poursuivre une délicate enquête.

L'histoire de cette enquête est assez curieuse, car, purement ethnographique au début, elle a bientôt pris un caractère social. Mon Idée primitive était d'étudier la pénétration réciproque des Russes et de quelques populations mahométanes qui vivent côte à côte avec eux dans la Sibérie occidentale. Mais, à la suite de ma première

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