‹ En temps de guerre [microforme]Chapitre 11 sur 66 · TANS LES VIEUX CIMETIÈRES · texte numérisé non relu

TANS LES VIEUX CIMETIÈRES

On sait que les Allemands, voulant se procurer du cuivre par tous les moyens, ont enlevé jusqu'aux boutons de portes des maisons belges, pour les expédier dans les usines de leur pays: ils ne s’en tiendront pas là, comme on peut le voir par un récent numéro de la Gazette de Voss,l où l’on trouve le passage suivant :

“Dans les vieux cimetières sommeille aussi plus d’un morceau de bon métal qui pourrait rendre à la patrie le plus précieux service. Que les enfants üe nos écoles se mettent à fouiller dans ces antiques lieux de repos de nos aïeux! Ceux-ci se réjouiront da. leurs Séjours éternels à l’idée que la dernière demeure terrestre de leurs ossements à fourni sa quote-part pour le salut de la patrie.”

Une invitation pareille—est-il besoin de le dire ?—révolte l’âme française, parce que l’idée de la patrie, telle que nous la chérissons, comprend avant tout le respect des ancûtres et de leur sépulture ; aussi le sacrilège que la Gazette de Voss

recommande aux petits Allemands nous semble:t-il particulière-

ment odieux lorsqu'on le conseille au nom de la patrie. En

réfléchissant à cette étrange exhortation, nous sentons combien nous sommes attachés à la tradition des Grecs et des Romains, nos grands éducateurs pour lesquels le culte des morts était le fondement même de la cité. Il faut croire que les Gurmains-— qui ne se découvrent pas devant les chars funèbres dans la rue—n'ont pas le même respect de la mort, Un de leurs

premiers soins, lorsqu'ils ont occupé une partie de la Lorraine,

IGazette de Voss, forme francaise du nom allemand du journal : die Vossische Zeitung, fondé en 172?,

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Mais il ne faut peut-être pas nous hâter de crier La Ga. de Voss, doyenne de ]

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au sacrilège, à presse berlinoise, est ment en proie à un accès de romantisme fait prendre, comme il arrive et l’affreux pour Je sublime.

aigu qui lui Souvent en Allemagne, le

Dans cette histoire de ne trouve-t-on pas une obscure ré

ballades allemandes du comme

macabre cimetières, miniscence de certaines ncement du siècle dernier, où s et métaphysiques s’ de spectres et de revenants? Le jour.

doit être un vie

les théories morales, sociale agrémentaient

naliste qui nous occupe ce, à la tête pleine de il ne manque plus à que d’être mise en vers par Ernest Lissauert et e Richard Strauss pour devenir un Zieq patr chantera dans les écoles allemandes jusqu

ux lyrique de provin Uhland et de Lenau ; et son exhortation

n musique par iotique qu’on ‘à la fin des temps !

S'il est vrai, cepend

ant,—comme Maurice Maæterlinck ]’ joliment imaginé d

ans l'Oiseau bleu, que les se raniment pour un moment lorsque les vivants pensent à elles et parlent d’elles, se figure-t-on quel sera le réveil des aïeux et des aïeules des écoliers allemands quand les Tyltyls et les Mytyls d'outre-Rhin iront avec des cris de Joie arracher, pour les porter à la ferraille,

tombeaux ?—U.

a si âmes des morts

les grilles et les couronnes de leurs

—-Journal des Débats, 15 septembre, 1915.

des vers ignobles intitulés : Hassgesar rsity Monthly, May, 1915, p. 351.

Ernst Lissauer, auteur (711

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