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LA PERTE DU ‘“’RENAUDIN

Un Communiqué du ministère de la marine, publié hier soir, annonce que le torpilleur d'esexire Renautin à été coulé dans l'Adriatique, par un sous-marin ennemi, le 18 rnars au matin, Trois officiers, Parmi lesquels le 2ommandant et le second, et quarante-quatre marins ont dispara. Deux

officiers et trente-qmatre marins ant été recueillis par un

torpilleur français dei aecompagnait Le EÉvnaudin.

Le Renaudin, qui comptait parmi nos meilleurs torpilleurs d’escadr:, avait été lancé à Toulon en 1913. Son déplacement était de 800 tonneaux. Long de 78 mètres, large de 8 mètres, il avait un tirant d’eau arrière de 3 mètres, moindre que celui de la plupart des torpilleurs d'escadre, et ce faible tirant d’eau semblait le mettre à l’abri des attaques par la torpille. L'armement du Xenuudin comprenait deux pièces de dix centimètres, quure de 63 millimètres et quatre tubes lance-torpilles. Il crauffait au pétrole et sa vitesse avait atteint 31 nœud aux essais. L'effectif normal était de quatre officiers et soixunte-dix-sept marins. En rapprochant les chiffres du communiqué, on constate qu'il y avait à bord, en réalité, cinq officiers et soixante-dix-huit marins.

—Journa! des Débats, 21 mars, 1916.

LE GÉNÉRAL CADORNA À PARIS A la gare de Lyon

Le général Cadorna, commandant en chef de l’armée italienne, est arrivé ce matin à Paris à 8 h. 45.

Dès 7 h. 50, une foule nombreuse avait envahi la rue de Lyon, le sand hall d'arrivée et l'intérieur de la gare. De nombreuses notabilités françaises et italiennes, non prévenues du retard du train—45 minutes—sont arrivées à 8 heures moins cinq.

Parmi elles: S. Exec. M. Tittoni, ambassadeur d'Italie ; le général Joffre, accompagné d'un otfticier d'ordonnance; le général Bailloud, MM. Albert Thomas, sous-secrétaire d'Etat aux munitions; Laurent, préfet de police; Chanot, directeur de la police municipale; le colonel di Breganze, attaché militaire italien; le capitaine de corvette Leone, attaché naval ; de nombreux officiers italiens ; le général Graziani.

MM. Margot, ingénieur en chef de l'exploitation de la Compagnie P.-L-M.; Hadet, ingénieur adjoint; Dreyfus,

inspecteur du mouvement ; Richard, directeur do la Sûreté générale au Ministère de l'intérieur ; Boquet et Rivet, fondateur et président du Comité franco-italien, ainsi que de nombreux membres de ce Comité ; une délégation de Trente et Trieste de Paris avec drapeau, etc.

A huit heures et uart, le général Roc ues, ministre de la q 1 £uerre, arrive à son tour,

Enfin, à 8 heures 45 exactement, le train entre en gare. Le général Cadorna, qui est en petite tenue, n'attend pas l'arrêt ; il saute alerterent à terre et serre amicalement Ja Main au général Joffre, ainsi qu'aux notabilités présentes,

Dans le grand hall de Ja gare, des acclamations se font entendre : # Vive Cadorna ! Vive l'Italie! Vive ]n France !”

Après s'être entretenu quelques instants, dans le salon des sous-chefs de gare, avec les personnages officiels, le général Cadorna, ACCOMpagné du général Joffre, gagne ln voiture du généralissime, à l'avant de laquelle flotte le guidon cravaté du général en chef des armées françaises,

L’'enthousiasme devient alors indescriptible, le service d'ordre est rompu, la foule se précipite vers l'automobile des généraux et les acclame chaleureusement. Le général Cadorna salue militairement et sourit,

Ce n’est qu'à grand'peine que la voiture réussit à gagner la

rue de Lyon : néanmoins Jes vivats ne cessent Pas jusqu’à l'hôtel Meurice, où le généralissime italien est descendu.

Le général Cadorna est accompagné du colonel Bencivenga et du capitaine Girodi, otticiers d'ordonnance,

Le généralissime Cadorna s’est rendu à onze heures à l'ambassade d'Italie, où il ‘eu un entretien d’une demi-heure avec l'ambassadeur, M. Tittoni,

Un grand diner sera donné demain soir à l'ambassade, en l'honneur du général Cadorna,

Par le même train qui a amené, ce matin à Paris, le généralissime Cadorna, sont également arrivés six ofliciers supérieurs de l’armée serbe, dont deux commandants d'armée, qui viennent en France pour visiter les troupes du front.

— Journal des Débats, 21 mars, 1916.

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