LE PRINCE RÉGENT DE SERBIE À PARIS
Paris a fait, cet après-midi, à l’héroïque prince Alexandre de Serbie un accueil enthousiaste. Sur le parcours du cortège, la foule n’a cessé de prodiguer à l'hôte de la France, les acclamations les plus chaleureuses.
Bien avant l'heure fix'2, les abords de la gare de Lyon sont noirs de monde, on se bouscule, on étouffe, mais peu importe, le public est patient et tient à voir et à acclamer le princehéros. Du reste tout le long du parcours que doit suivre le cortège, —les rues de Lyon, Saint-Antoine et de Rivoli, —la foule se presse en rangs serrés. Les chaises des cafés sont prises d'assaut. Aux croisements des rues, des tapissières, des voitures à bras, servent de plates-formes aux curieux, sur des échelles doubles on voit de véritables pyramides humaines. Des gamins se sont hissés sur les arbres et sur les candélabres. Et dans cette foule bigarrée on sent passer un souffle patriotique.
Dans l’attente, le public est calme, pas un mot de récrimina-
tion ne s'élève contre les sévérités d’un important service d'ordre.
Des camelots circulent eb vendent avec facilité leurs emblèmes: petites photographies du vieux roi Pierre, du prince Alexandre, de M. Pachitch, président du Conseil des ministres serbe.
On commente les exploits glorieux et dramatiques de l'armée serbe et la conduite héroïque de ce jeune prince de vingt-sept ans.
A la gare de Lyon Dès deux heures moins un quart, les notabilités officielles arrivent sur le quai de la gare, où doit stopper tout à l'heure le train princier. Une compagnie d'infanterie, sous les ordres d’un colonel, avec drapeau et musique, rend les honneurs.
Successivement: MM. Briand, président du Conseil des ministres, ministre des affaires étrangères ; le général Roques, ministre de la guerre; l'amiral Lacaze, ministre de la marine ; Ribot, ministre des finances ; tous les ministres et soussecrétaires d'Etat; MM. Delanney, préfet de la Seine ; Laurent, préfet de police; Paoli, secrétaire général de la préfecture de police ; Richard, directeur de la Sûreté générale au ministère de l'intérieur ;
Chanot directeur de le police municipale ; Guichard, sousdirecteur ; Mithouard, président du Conseil municipal ; Iswolsky, ambassadeur de Russie; les attachés militairex et naval de Russie, de nombreux officiers serbes et français.
À deux heures moins cinq, M. Raymond Poincaré, accompagné du général Duparge, secrétaire général militaire de la Présidence de la République, de M. William Martin, chef du protocole, et de sa Maison militaire, arrive à la gare de Lyon.
Il y est reçu par M. Aristide Briand, président du conseil, et les notabilités présentes, Le cortège se dirige ensuite vers le quai n° 1 où le train doit s'arrêter.
L'arrivée
A deux heures, le train princier entre en gare. Toutes les têtes se découvrent et pendant que la musique militaire joue l’Xymne serbe et la Marseillaise, une immense acclamation se fait entendre: “Vive la Serbie! Vive le prince Alexandre ! Vive le roi Pierre !”
S. A. R. le prince Alexandre apparaît en haut de l'escalier de son vagon, il est en tenue de général serbe, sur sa poitrine la médaille militaire et la croix de guerre.
Il saute vivement du train, suivi de M. Pschitch, président du Conseil des ministres de Serbie ; M. Jovanovitch, ministre plénipotentiaire adjoint au ministre des affaires étrangères ; M. Jankovitch, ministre plénipotentiaire, faisant fonctions de chef de Cabinet; le colonel Ostoïtch, maréchal de la Cour,
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