‹ En veillant avec les petits de chez nous [microforme]Chapitre 30 sur 35 · NOUS · texte numérisé non relu

NOUS

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grand et saint évêque Mer Grandin. Quand il mourut à Saint-Albert ça faisait quarante-huit ans qu’il était missionnaire au nord-ouest. Les catholiques et même les protestants le considéraient comme un saint. A tous ceux qui pourront trouver la vie de Mgr Grandin par le P. Jonquet je recommande particulièrement la citation d’une page de Louis Veuillot intitulée « L'Évêque pouilleux ». Ah ! mes chers enfants, c’est là que vous verrez ce que l’on peut faire pour le salut des âmes et la gloire de Dieu !

Et puis, cette page incomparable du grand journaliste français vous donnera une idée de l’existence pénible, et pourtant remplie de consolations, de nos missionnaires. Et vous comprendrez après toute la justesse de ces paroles de Veuillot, lorsqu'il eut entendu Mgr Grandin, « l’Évêque pouilleux ».

« En l’écoutant, nous nous disions deux choses : premièrement, que l’Église catholique est toujours une grande faiseuse d'hommes ; Secondement, que ces hommes, que fait l’Église catholique, ne seront pas de sitôt Dieu merci, supplantés par ceux que font les hérésies. Ceux qui méprisent les délices matérielles seront plus forts que ceux qui les eultivent, iront plus loin, dureront plus longtemps. Ils sont même plus séduisants; ils touchent des cordes de l’âme plus élevées, plus vibrantes: ce

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sont eux qui éveillent les pensées victorieuses, « qui allument les flammes triomphantes. »

Oui, mes petits amis, « l’Église est une grand faiseuse d'hommes », et c’est grâce à ses armées d missionnaires, de saintes femmes, si la civilisatio a pu s'étendre rapidement sur le nouveau monde comme une lumière, une chaleur bienfaisante Elle a promené partout la croix du Rédempteur e fait entendre ses paroles de paix; elle a subjugué le peuples les plus barbares sans verser d’autre san/ que le sien. Quelle belle lignée de héros depui: Jogues et Brébeuf jusqu'aux Pères Fafard et Mar. chand ! Vous savez que les Pères Fafard et Mar. chand furent massacrés dans le nord-ouest, er 1885 ?

Mes petits amis, soyons-en fiers, nous apparte-

nons à une grande race, à une race d’apôtres. La France chrétienne en nous donnant son sang nous a légué son amour des âmes : les pauvres sauvages qui vivent dans les glaces du pôle nord le savent bien; les infidèles de la Chine, du Japon, de l’Afrique le savent aussi.

Et toutes ces églises, ces belles paroisses qui sont l’ornement de la terre canadienne, à qui notre patrie les doit-elle? Sans nos prêtres à l’âme ardente et désintéressée, sans nos communautés d'hommes et de femmes, que serions-nous devenus au milieu des tempêtes qui ont passé sur le Canada

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français? Ah! oui, l’Église et l'âme de la France chrétienne nous ont fait vivre et grandir merveilleusement. Songez-vous à ces choses-là parfois, mes chers enfants ?

Songez-vous aussi que sans le concours de l’Église nous fussions restés un peuple d’ignorants ? Je vous ai dit déjà que nos pères avaient eu des écoles au temps de la domination française. Sous le régime anglais ils en eurent aussi, malgré les persécutions, les injustices criantes des nouveaux maîtres. Quand je parle d’injustices criantes ce n’est pas sans motifs; car, mes enfants, durant les cent premières années de la domination anglaise, vous ne pourrez comprendre que plus tard ce que nos pères eurent à souffrir dans leurs écoles de la part du gouvernement. On voulait à tout prix faire des petits C'anadiens français des Anglais et des protestants, voyez-vous. Nos pères n'avaient pas même le droit de disposer librement de leurs propres deniers pour ce qui concernait l'éducation de leurs enfants.

Il s’est trouvé cependant des gens de notre temps pour reprocher son ignorance au peuple canadien-français. Que les hommes sont hypocrites ct cruels parfois ! Dieu merci, les Canadiens français, pris comine peuple, sont aussi instruits que les Anglo-Saxons qui font partie de la Confédération; mais c'est surtout à leur clergé qu'ils doivent

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cela et non aux organisations de l’école anglais protestante.

Et nos collèges classiques? Écoutez fitic Parent dont je vous ai parlé il y a deux semair « Ces collèges sont autant de citadelles nation où de généreux ecclésiastiques se dévouent à | grat labeur du professorat, sans autre rémun tion qu’une nourriture des plus frugales et un v ment non moins modeste, tandis que d’au aident à recruter l’armée nationale, en employ leurs épargnes à y maintenir une jeunesse int, gente, plus favorisée par la nature que par la | tune.

« C’est ainsi qu’il est sorti du peuple des hc mes qui ont pris la place des déserteurs de mil s cent cinquante-neuf, et qui ont fait qu'il y a peuple canadien-français et que ce peuple p encore dans la balance des destinées canadiennes

Nous avons donc fourni des apôtres à l'Égli mes petits amis, et Dieu a récompensé ces bea sacrifices en nous donnant une protection sa pareille dans notre Mère la Sainte- Église.

Je ne vous parle pas longtemps ce soir; m il me semble que je vous ai dit bien des choses, « choses qui vous aideront à aimer la patrie l’Église.

Bonsoir, mes chers enfants !

4 juillet 1918.

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à l’Église, ces beaux tion sans soir; Mais hoses, des patrie et

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