LA FIÈVRE
ûirnet de voyage, 1877.
J0 descendais le Rhône; on a crié : < Toarnon! > Pour nous ressouvenir, il ne faut que ce nom.
Un jour, — voilà cinq ans, — à cent pas de la berge, Au fond d'un grand couloir, dans unyieux Ut d'auberge J'étais couché. La fièvre avait miné mon corps, Et m'avait cloué là, sans force et sans ressorts.
LA FIEVRE. i4i
Je vois la chambre avec son petit carrelage : Nous évoquions tout bas le récit da Village, Le morne isolement da chevet délaissé, Le rideau que soulève un zèle intéressé, Et ràpre sécheresse humaine qui se montre, Et Teffroi de la mort dans un lit de rencontre! Ici, rien de pareil. Dieu merci! — tu veillais. — Me rassurant des yeux, calme, tu travaillais; Seule, tu m'apportais la potion prescrite; Tu savais adoucir la douleur qui sMrrite; Ton sourire éclairait la triste nudité Des murs, et près de toi j'aurais tout supporté. La voix qu'on aime rend ces épreuves moins dures, Et les maux partagés font les fortes soudures. Des étrangers sont là? Pourquoi s'occuper d'eux ? Tout devient le foyer, dès qu'on se chauffe à deuxl
Et pourtant, j'ai gardé rancune à cette rive.