‹ En voyage: poésies. Récits et souvenirsChapitre 41 sur 65 · A MON AMI LEOPOLD FLAMENG · texte numérisé non relu

A MON AMI LEOPOLD FLAMENG

Je garderai comme un avare,

Marguerite de Navarre,

Tes Contes dans un bel écrin;

Car Flameng, l'imagier qu'on vante,

T*a fait renaître, pins vivante,

Au doux toucher de son burin !

Il a rajeuni l'œuvre ancienne :

Désormais, elle est presque sienne;

i74 REMERCIEMENT.

Et c'est merveille de le voir, Quand il trace, pour nos délices, Fixant ces tours et ces malices.

Quelque tableau du gai savoir!

On entre en plein dans la chronique!

Ce n'est pas l'amour platonique :

Le siècle n'en avait souci !

Mais c'est la grâce naturelle; Et qui voudrait chercher querelle Au crayon qui s'amuse ainsi?

Merci donc, ami, pour l'offrande!

Et que ma plume, un jour, te rende Le lin ragoût que je te dois!

Bien fou pourtant, si je compare Les pauvres chants que je prépare Au parfait travail de tes doigts!

Sur le vélin d'un vieux livre, Poudreux roman du passé, Des yeux noirs qui me font vivre Deux larmes avaient glissé.

Je relus toute la page Et je pleurai malgré moi; C'étaient les adieux d'un page A sa maltresse en émoi.

Pauvre messager fidèle, Troablé d'un pressentiment, Il allait mourir loin d'elle, Et Tannonçait simplement.

Déjà, masquant son visage, Veillait le rival félon, Qui le guettait au passage, Posté dans l'étroit vallon ;

Et déjà la fleur mystique Que l'enfant pâle, en mour.mt, Cueillera pour viatique, Ouvrait son limbe odorant.

Heureux livre, qui fais naître, Par tes chants fleuronnés rVor, Un cliarme qui nous pénètre

Après cinq siècles encor!

Heureux auteur, qui peux dire, Bravant le temps oublieux :

« Deux beaux yeux ont su me lire!

rai fait pleurer deux beaux yeux! »

Heureux destin que j*envie l Je ne veux, dans Tunivers, Qu'un cœur pour bercer ma vie, Deux yeux pour lire mes vers!

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