‹ En voyage (volume 2)Chapitre 22 sur 107 · LE HAVRE. — ELBEUF · texte numérisé non relu

LE HAVRE. — ELBEUF

Saint-Etienne, fort dégradées, Saint-Jean plus encore que Saint-Etienne. Dans toutes deux de beaux vitraux. Dans Saint-Etienne j'en ai remarqué un qui est superbe et qui porte cette inscription : «En l'an mil cinq cent vin^t et trois, Pierres Grisel et Marion sa femme on donné cette verrière. Priés Dieu pour leurz âmes. » Au-dessus sont peints les donateurs, Pierre Grisel dans son digne costume d'échevin, accompagné de son fils, tout jeune enfant, et, dans l'autre panneau, sa femme avec ses trois filles. Marion est charmante. — La verrière représente la généalogie de la Vierge, sujet qui est pour les vitraux ce que la descente de croix est pour les tableaux, une chose souvent traitée et presque toujours réussie. — Je ne sais quel architecte stupide a mis aux vieux piliers de Saint-Etienne des couronnes de marquis en guise de chapiteaux.

Il y a encore quelques vieilles maisons dans Elbeuf, entre autres une boucherie à côté de ma fenêtre. Mais les manufactures prospèrent trop pour que les anciennes maisons ne fassent pas place à des maisons blanches dignes d'un siècle de lumière où le plâtre est en honneur.

Je pars demain pour Louviers. Je finis ma lettre en t'embrassant bien tendrement, mon Adèle. Dis bien à ma chère petite Didine que dans quatre jours je serai près de vous. Dis-le bien à tous.

148 BELGiaUE.

Louviers, 11 septembre, midi.

Voici la grosse lettre dont je te parlais"', mon Adèle, dans mon billet du Havre. Ne la lis pas, car je serai à Paris presque en même temps qu'elle. Je vais voir la châsse de Saint-Taurin, et je serai près de toi le ij[, jeudi. Je suis comme cloué dans ce maudit Louviers, les diligences passent bien, mais pleines. En voilà trois qui se moquent ainsi de moi.

A jeudi donc, mon Adèle bien-aimée. A jeudi, vous tous que j'aime tant, mes chers petits enfants, ma Didinc, ma Décié, et mes deux bons petits lauréats, Toto et Chariot, que je baiserai bien pour leurs prix. — Dis à ton père combien j'aurai de joie à le revoir. Je l'embrasse ainsi que toi. Mille baisers. A jeudi.

(" Celle de Dieppe, 8 septembre.

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