‹ Encore les femmes (volume 3)Chapitre 19 sur 39 · DE L'AUTEUR · texte numérisé non relu

DE L'AUTEUR

Voici quelques vers écrits sur Talbum d'une femme qui vient de faire un livre :

Le voilà donc fini, Madame, ce yolame !

Résultat doublement fâcheux de tant de soins ;

Cest un livre de plus, une femme de moins.

Vrai î ce n*est qu'au chapeau que sied bien une plumo.

Moi, je ne puis vous voir, sans un regret amer.

Le bout des doigts noircis, l'œil rougi, le teint blômo.

Les veilles ont noirci vos regards d'outremer.

Sachez-le, d'Apollon le laurier le plus vert

Ne vaut, pour mon bonheur, ni pour le vôtre même.

Ce qu'il dérobe aux yeux de vos cheveux que j'aime.

Benoncez, il est temps, à des succès trop chers ;

Croyez qu'il est bien beau, quand il s'agit de vous,

D'en Être le sujet que d'en faire soi môme ;

Au lieu d'être poète, on reste le poëme.

De vos adorateurs vous faites des rivaux,

Tu descends de ton socle, ô déesse de Gnide,

m ENCORE LES FEMMES.

Arrachant l'encensoir aux mains de tes dévots, Et tu viens chanter faux devant ta niche vide. C'est un beau résultat de pénibles travaux, Que d'offrir à l'esprit l'image triste et piètre D'un Dieu qui, las du ciel, descend se faire prêtre.

— Ma foi non, madame, je ne prendrais pa moi la responsabilité de votre proposition.

11 ne manquerait plus que cela!

Parce que je veux quelquefois persuader aux fer de rester femmes, c'est-à-dire de conserver leur em

Parce que je les avertis des affublements ridi sous lesquels elles laissent cacher leurs grâces : relies par des femmes qui n*ont à cacher que que difformités et signent leur pseudonyme de « On

On porte des robes empesées, des jupons gou nés, des jupons à musique qui donnent aux fei de telles proportions qu'il n'y a plus moyen de r naître des femmes bien faites.

On attache à ces robes quarante mètresde chi de chiffons sous le nom de volans, — haillons jours frippés qu'il faut sans cesse remettre en avec le geste hideux d'un singe qui se gratte ( jirononcé, il faut obéir à On] ;

Parce que je veux que les femmes restent a<

Mes; parce que je ne veux pas qu*elles redeviennent desimpies femelles, au lieu de rester des femmes, c'est-à-dire des êtres qui, selon nos ancêtres les Gaulois, tenaient la place intermédiaire entre les mor* tels et les dieux; parce que i*aime les femmes, et veux pouvoir les aimer toujours ;

Dieu sait que de reproches je reçois de celles, hélas ! bien nombreuses, qui ne se croient aimées que des hommes qui leur disent des bêtises et leur conseillent des sottises !

— Et vous voulez, madame, que je prenne sur moi la proposition que voici I

« Les théâtres, en France, sont trop éclairés ou du moins mal éclairés; le lustre aveugle les spectateurs, donne la migraine, et expose une femme à être laide pendant toute la soirée. J'ai le bonheur d'avoir toujours auprès de moi le seul homme pour lequel je veux être jolie; peu mMmporte que les autres spectateurs ne me voient pas, et ne braquent pas sur moi leurs impertinentes lorgnettes.

» D'ailleurs, la représentation théâtrale gagnerait beaucoup à ce que la salle fût peu éclairée, et que tous les artifices de la lumière fussent réservés pour la scène. On obtiendrait ainsi, pour les décors, des effets qui rivaliseraient avec le diorama. »

ljD6 ENCORE LES FEMMES.

— Ah ! ça, madame, d*où venez-vous, et où allezvous?

Quoi! sous prétexte qu'un homme vous aime passionnément, et que vous l'aimez vous-même, vous prétendez que vous ne voulez être aimée, adorée, regardée que par lui ! Vous vous figurez qu'on va au théâtre pour voir les décors, pour écouter la musique, pour admirer les beaux vers!

Que l'on va au spectacle pour voir le spectacle ! non. On va au spectacle pour être vue et pour être le spectacle.

Si l'on a l'air de rechercher les théâtres où les nieilleures pièces sont Jouées par les meilleurs acteurs, ce n'est pas qu'op se soucie beaucoup de ces conditions, c'est qu'on pense qu'il va là plus de spectateurs pour la figure et les robes que l'on y compte livrera Tadmiration. Les pièces et les acteurs sont un prétexte.

Jouez et chantez les chefs-d'œuvre de la poésie et de la musique, et répandez le bruit que, grâce au mauvais goût de l'époque, vos salles sont désertes, qu'il y pousse de l'herbe, et qu'on va être forcé de les louer pour y mener paître des chèvres', vous n'aurez personne.

liiles, au contraire : « Telle pièce est absurde, les acteurs qui la représentent n'ont aucun talent, mais

la foule , par un caprice étrange, envahit le théâtre tous les soirs ; on a renvoyé hier 1,S00 personnes. »

Et ce qui n'était pas vrai hier le sera aprës-de* main, on finira par renvoyer 1 ,500 personnes.

-Non, madame, votre jolie petite écriture irrégulière, et votre papier rose, ne me jetteront pas dan.« UD tel danger. Je ne fais pas la proposition de diminuer la lumière de la salle et d'augmenter celle de la scène

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