SCÈNE IL
Les Précédens , FUTET.
Air : Lorsque le champagne.
Pour fuir l'humeur noire, Joner chaque jour
Un tour ; Chanter , rire et boire f C'est là le fait De Futet.
Nul sot ne m'échappe ; Sur chacun je drape j Tous les jours j'attrape Nouvel original.
Enfin sur la terre , Par mon savoir faire, Mon année entière Est un vrai carnaval.
TOUS
Pour fuir l'humeur noire , etc. , etc.
THÉ OPORE.
Nous vous accusions déjà , mon cher Futet.
FUTET.
Ingrat !. . . je m'occupais de tous. . . Je n'ai fait que rêver à votre aventure toute ia nuit. — Vous m'intéressez d'une manière toute particulière ... Ce n'est pas à cause des excellens dîners où vous m'invitez ; je paie toujours mon écot en gaîté . . . Mais vous aimez tant votre cousine ! elle est si gentille, votre charmante Nina! c'est un petit démon eu vérité. — Je me suis dit : Futet , tu te dois tout entier à ce couple intéressant. — Ce matin je me lève à six heures. . . Je m'arrache des bras de madame Futet. . . Je selle Coco, et me voilà à Paris au bureau des diligences • deux ou trois entraient dans la cour. . . Quel spectacle qu'une descente de diligence i Air : Pégase.
Un monsieur que je juge artiste Demandait le grand Opéra ; Tandis qu'une jeune modiste Demande le Panorama j Corcelet , crie un gastronome; Plus loin , d'un air sentimental , Je remarque un petit jeune homm« Demandant le Palais- Royal.
(7) Je me retourne et j'aperçois la diligence de Limoges. — J# m'informe adroitement du conducteur si M. Roufignac est parmi les voyageurs. — Réponse affirmative. — Je vois descendre de la diligence un bon nombre d'originaux , des têtes toutes particulières. . . Comme nous les aimons, nous autres farceurs. — Nous voilà donc assurés que notre victime est arrivée , qu elle est digne de nos coups.
AiR : Suson sortait de son village.
Quand j'ai remarque leur figure Je tourne bride vivement, Et de Coco pressant l'allure J'arrive ici dans un instant»
Pour concerter ,
Pour arrêter Tous les bons tours qu'il faut exécuter.
Le carnaval
Sera fatal , Je le parie , à cet original.
Condamnons , par maintes esclandres, Notre victime au célibat , Et nous brûlerons le contrat Le mercredi des cendres.
TOUS
C'est convenu.
rUTET.
Madame Futet nous secondera. C'est une commère ; suffit^ je n'en dis rien ; c'est mon épouse , et vous la jugerez dans le danger.
JULES
Nous allons t'expliquer.
FUTET.
Songez pour moi , que je veux . . . que j'ai droit à un bon rôle , que je vous recommande mon commis à cheval , Droli-î ebon. . . qui n'est pas une bête. . .
JULES
Tu seras content. . . Il s'agit donc. . .