HENRIVAÜX. — LABORATOIRES DE CHIMIE D’AIX-LA-CHAPELLE
Dans le même but, on a installé un four qu’on peut chauffer avec des combustibles solides, liquides ou gazeux au choix; ce four comporte des régénérateurs pour chauffer l’air de combustion. On a prévu aussi l’installation des foyers mobiles, on a commencé des essais de chauffage avec les huiles de goudron. Il y a également deux souffleries et un ventilateur à haute pression.
Dans une des chambres se trouve une presse à creusets, établie d’après le système Schmeetz; grâce à cet appareil on peut confectionner des creusets de toutes dimensions.
Les autres pièces renferment encore des appareils de pulvérisation : un moulin de Renette, une machine à forer, mue à la main, divers mortiers.
Puis quelques magasins pour les matériaux de préparations des cours, les réactifs, quelques objets mobiliers, etc.
Une chambre de pesage très spacieuse renferme quatre balances Kulle, deux balances affectées aux essais des monnaies, et une quantité de balances pour les analyses. Toutes ces balances sont bien éclairées et très espacées entre elles.
Dans une autre salle plus particulièrement affectée aux essais des monnaies, il y a des bains de sable, des hottes d’évaporation, de petits fours à moufles, chauffés au gaz, au charbon de bois, au coke. Ces fours, semblables à ceux du D'' Percy (de Londres), sont très bien entretenus ; un des étudiants en a la responsabilité.
Il existe enfin une salle de collections métallurgiques. Ces collections ont une assez grande valeur; d’abord la collection Snelus qui a obtenu la médaille d’or à Paris en 1878 — permettant de comparer l’industrie du fer en Angleterre avec les industries similaires en Allemagne.
Une salle de recherches au chalumeau avec des échantillons de minerais est jointe à la chambre des collections.
Au second étage se trouve la salle de dessin, éclairée par quatre fenêtres, renfermant seize tables, une collection de plans, les manuels techniques, etc.
Cette installation permet aux étudiants de troisième et de quatrième année, qui ont choisi leur spécialité, de se consacrer à ces études.
On voit d’après les indications qui précèdent, tirées en grande partie de notes et de descriptions de professeurs ayant participé à la construction de ce laboratoire, professeurs dont nous avons cité les noms au début de cette notice, on voit que nous sommes encore privés en France de laboratoires de cette importance, et que si l’on a fait beaucoup depuis un certain nombre d’années, il reste encore beaucoup à faire.
Indépendamment de l’école d’Aix-la-Chapelle, il existe en Allemagne six autres Écoles polytechniques : à Carlsruhe, à Dresde, à Berlin, à Hanovre, à Darmstadt, pour une population de 42 millions d’habitants.