‹ Encyclopédie chimique. Tome Ier.- Introduction. 2e fasciculeChapitre 159 sur 259 · EFFETS DE L’ÉLECTRICITÉ · texte numérisé non relu

EFFETS DE L’ÉLECTRICITÉ

L’électricité, en traversant les corps, donne lieu à des phénomènes divers, thermiques, mécaniques, chimiques ; nous ne traiterons que de ces derniers.

On peut faire agir l’électricité soit sous forme de décharge, soit à l’état de courant continu. Les décharges se produisent lorsque l’électricité doit traverser un corps très mauvais conducteur, tel qu’un gaz ; la tension nécessaire pour produire le phénomène est alors toujours très grande, et sur le trajet du flux électrique la température s’élève considérablement. Ces décharges affectent des formes diverses qu’il est assez difficile de classer parce qu’elles se transforment insensiblement l’une dans l’autre; cependant on peut dans une décharge électrique distinguer deux parties : le trait de feu et l’auréole. Le trait de feu est principalement dû à l’incandescence des matières gazeuses traversées par la décharge, et l’auréole contient principalement les éléments volatilisés (métalliques ou autres) des corps entre lesquels éclate l’étincelle. La distinction n’est du reste pas absolue, et n’est fondée que sur une prédominance d’effets, car au moyen de l’analyse spectrale on peut distinguer d’une part dans le trait de feu, des traces de matières transportées, et dans l’auréole l’incandescence du milieu ambiant. L’étincelle des machines électriques ne contient que le trait de feu, tandis que l’arc voltaïque entre deux points de charbon par exemple, est presque uniquement formé de matières solides volatilisées et portées à l’incandescence. Les décharges des condensateurs, les étincelles d’induction, présentent en général à la fois le trait de feu et l’auréole.

Lorsqu’on produit la décharge d’une machine électrique en éloignant de plus en plus les conducteurs, il arrive un moment où l’étincelle n’éclate plus, mais, par suite de phénomènes d’influenee, il se fait de petites décharges de molécule à molécule, qui illuminent le gaz et constituent ce que l’on a appelé les aigrettes. Ges mêmes aigrettes se produisent lorsqu’on arme de pointes les conducteurs de la machine. Le phénomène prend plus d’extensiorf et de continuité si l’on produit la décharge dans un gaz raréfié ; on peut alors faire usage de l’étincelle des bobines d’induction, et si l’on a soin d’employer des électrodes en aluminium, toute trace de composé métallique disparaît, de sorte que les effets lumineux sont uniquement dus au gaz incandescent.

On peut au moyen des décharges des bobines d’induction obtenir dans les

gaz un phénomène analogue à celui des aigrettes, en faisant usage d’électrodes larges et interposant entre celles-ci des substances isolantes, par exemple des lames de verre. Ces dernières permettent de rapprocher considérablement les électrodes, jouent le rôle de condensateurs, et par suite des phénomènes d’influence mutuelle produisent de proche en proche une multitude de petites étincelles auxquelles on a donné le nom d 'effluve électrique. Dans ces conditions, bien que la température des points traversés par les étincelles soit très élevée, comme la quantité d’électricité mise en jeu est répartie sur une grande surface, l’élévation de température de la masse gazeuse ambiante est peu considérable.

L’inverse a lieu si l’on fait éclater les décharges entre des électrodes très petites et très rapprochées, et surtout si la quantité d’électricité qui passe en un même point est très grande. C’est ce qui arrive lorsqu’on décharge un condensateur ou une batterie ; les phénomènes calorifiques s’étendent à la masse gazeuse et aux corps ambiants, et peuvent être assez énergiques pour produire la fusion ou la combustion de ces derniers. Ces décharges, comme nous allons le voir, sont peu propres à manifester les phénomènes électro-chimiques^ l’action calorifique paraît détruire celle qui est due au passage de l’électricité.

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