Bull. Soc. Min., 1881, t. IV, p
Le feldspath barytique dont nous avons parlé plus haut, s’éloigne par certaines propriétés chimiques et physiques des feldspaths barytiques naturels, (hyalophane, etc.)
On a encore signalé d'autres reproductions de feldspaths barytiques. Ainsi dans une opération qui a fourni à MM. Fremy et Feil du corindon (v. p. 64), l’action du fluorure de baryum a déterminé la sublimation de belles aiguilles dont la composition déterminée par M. Terreil est peu différente de celle de l’anorthite barytique Ba0,Al-0 3 4 ,2Si0 2 .
Enfin la formation d’une anorthite zincique en cristaux tricliniques maelés a été constatée par MM. Schulze et Stelzner 1 dans les parois des fours à zinc de Lipine ; ce produit est associé à la willémite et à la gahnite.
LEUCITE OU fiiïlPHIGÉKE.
K0,Al 2 0 3 ,4Si0 2 . KAl(SiO'f.
Gisement. — Ce minéral n’a jamais été rencontré jusqu’à présent que dans les roches volcaniques, dont il fait partie intégrante en cristaux grands ou petits formés au premier temps de consolidation. Il se rencontre quelquefois comme produit de sublimation dans les mêmes roches.
Méthodes de reproduction. — M. Hautefeuille * a préparé des cristaux mesurables de leucite par fusion des éléments dans le vanadate de potasse. Le produit a généralement l’aspect de la leucite naturelle (trapézoèdre pseudo-cubique a 2 et a. 2 ) ; certains cristaux sont allongés suivant un de leurs axes quaternaires. La symétrie seulement quaternaire de la leucite, attestée par les travaux, de M. vom Rath, est manifestée sur le produit artificiel par les incidences des faces et par de nombreuses lamelles hémitropes suivant b 1 aussi nettes que dans les roches,
M. Hautefeuille a également obtenu la leucite par fusion des micas dans le vanadate potassique.
M. Stan. Meunier 3 a obtenu de petits cristaux quadratiques ayant la composition de la leucite, par réaction au rouge du chlorure de silicium sur un mélange d’aluminium et de potasse.
On doit à MM. Fouqué et Michel-Lévy * une série d’expériences qui ont donné la leucite comme produit de fusion ignée sans fondant et ont vivement éclairé la question de la genèse des roches- leucitiques. La leucite, prise isolément, plus réfractaire encore que l’anorthite, ne se prête pas à l’exécution de l’expérience ; il est utile d’opérer un mélange des éléments de la leucite avec ceux de l’augite, le premier minéral prédominant. Un recuit de quarante-huit heures au rouge cerise consécutif à la fusion amène la production d’abondantes arborisations de leucite accompagnées de cristaux quadratiques bien nets a 2 a 2 b *. Le caractère pseudocubique de ces formes naissantes est très marqué