I. Acta Soc. Scient. Fenn, l. VllI, p
Composition des corpuscules noirs :
Silice . 47,55
Alumine . 15,21
Chaux . 12,56
Magnésie . 6,65
Protoxyde de fer . 18,82
Bioxyde d’étain . 0,80
En résumé, l’auteur est parvenu à extraire de la masse générale gris clair de la météorite trois sortes de grains parfaitement caractérisés.
Les uns, d’un jaune grisâtre, consistent en olivine.
D’autres, blancs, ont d’abord été comparés par M. Nordenskiold à de la leucite, mais conformément aux conclusions de G. Rose, M. Arppe les regarde comme formés (P’anorthite.
Enfin des grains noirs, à poussière brune, associés au minéral blanc, consistent en pyroxène-augite.
Bialysiock. — Densité : 5,1756, d’après Rumler.
Petersburgh. — La météorite tombée à Petersburgh est essentiellement foldspathique. M. Lawrence Smith y a trouvé* :
Silice . 49,21
Alumine . , . 11,05
Protoxyde de fer . 20,41
Chaux . 9,01
Fer . 0,50
Nickel . I ,
Phospl,.rc . S
Soufre . 0,06
Soude . 0,85
M. Shepard pense que la composition élémentaire doit être représentée par :
Anorthite . 82
Chladnite . 9
Péridot . 5
Augite . 1
Fer nickélifère . 2,5
Fer chromé . ) Qg
Fer sulfuré . ) ’
1. Silliman's American, 2' série, t. XXIV, p. 134 et t. XXXI, p. 264.
IIÉTÉORITES. 289
Le Teilleul. — La météorite du Teilleul, dont la grosseur dépasse peu celle du poing, présente grossièrement la forme d’un prisme pentagonal très aplati, dont les arêtes sont légèrement émoussées. Son poids est d’environ 780 grammes.
Comme il arrive toujours, cette météorite est complètement enveloppée d’une croûte noirâtre, qui s’est formée à sa surface, pendant qu’à l’état d’incandescence elle traversait l’atmosphère terrestre.
Au lieu d’être terne, comme dans le plus grand nombre des cas, cet enduit superficiel est brillant.
Le réseau de petites veinules qui s’entre- croisent à sa surface montre que la pellicule de matière fondue était agitée au moment où elle s’est consolidée. Vue en éc^lles minces, cette substance est vitreuse, transparente et verdâtre.
D’après les caractères do la croûte, on pourrait supposer que la météorite du Teilleul n’appartient pas au type magnésien qui, comme on le sait, a une écorce mate. En effet, dès qu’on en examine la cassure, on reconnaît qu’elle diffère minéralogiquement de la plupart des météorites connues.
Au milieu d’une teinte générale gris clair on distingue des grains, les uns d’un vert foncé, les autres d’un vert clair, ainsi que des parties tout à fait blanches. Le tout se présente avec une texture bréchiforme, rappelant celle d’un tuf volcanique, ainsi qu’on peut le reconnaître à l’œil nu, et surtout à l’aide de la loupe et du microscope (fig. 77). Une partie de la pâte paraît résulter de la pulvérisation de substances semblables à celles qui s’y montrent encore en gros grains, atteignant quelques millimètres dans leurs principales dimensions; la substance est friable et se désagrège sous une faible pression.
La densité de la météorite du Teilleul a été trouvée de 5,235, à la température de 18 degrés; elle compte donc parmi les plus faibles que l’on connaisse.
L’examen de plaques minces de la roche météoritique du Teilleul y a fait reconnaître les espèces suivantes :
1° Un minéral transparent et tout à fait incolore, offrant la mode habituelle des feldspaths tricliniques; des cristaux maclés, parfois très minces, s’éteignent séparément. Sur un échantillon on a reconnu, sous une forte loupe, un cristal gris violacé, un peu vitreux et présentant la gouttière. Ce feldspath triclinique présente des inclusions, comme celui des gabbros. L’angle d’extinction ne dépasse pas 57 degrés; il est, par conséquent, supérieur à celui du labradorite. La substance a donc les caractères optiques de l’anorthite, dont la présence est d’ailleurs indiquée par l’analyse chimique.
2“ Des parties cristallines vertes, de nuance variable et parfois très pâle. Au premier abord, on pourrait les prendre pour du péridot; mais elles sont inattaquables par les acides ordinaires, et l’acide fluorhydrique en sépare de la magnésie. D’ailleurs, la substance possède deux clivages longitudinaux très nets qui éteignent parallèlement à leurs deux côtés et qui, par conséquent, appartiennent au système rhombique. La substance a donc tous les caractères de l’enstatite. Les inclusions opaques et alignées qui s’y trouvent en proportions variables paraissent contribuer à la diversité des teintes.
3“ Un minéral de couleur plus foncée, clivable, est également remarquable par
t. Comptés rendus, t. LXXXVIII, p. 544.
le grand nombre de ses inclusions, qui se présentent sous deux aspects ; les unes consistent en petits grains opaques, tels que le fer oxydulé ou la troïlite; les autres sont disposés de manière à imiter les stries parallèles, en général équidistantes, très rapprochés et discontinues, que l’on pourrait prendre pour des lignes de clivage, si on ne leur reconnaissait une certaine épaisseur. Ces inclusions rappellent
tout à fait celles qui sont habituelles à la diallage. A la loupe on distingue, sur un échantillon, des contours qui pourraient appartenir aux faces p, a et /i‘. En outre, d’après leurs caractères optiques, ces cristaux sont clinorhombiques .
4" Des fragments de cristaux presque incolores, ayant des clivages longitudinaux, avec la surface chagrinée habituelle au péridot ; ils agissent sur la lumière polarisée plus vivement que l’enstatite. C’est sans doute ce minéral qui correspond à la partie de la météorite faiblement attaquable par les acides, auxquels elle cède de la magnésie.
Des grains opaques, qui ne représentent ensemble qu’une très faibl^ portion du poids total, appartiennent eux-mêmes à trois espèces.
Le barreau aimanté attire à la fois des grains de fer nickelé et des grains de pyrrhotine.
7“ Le résidu renferme des grains noirs, inattaquables aux acides, donnant avec le borax la réaction du chrome et présentant les caractères du fer chromé.
La faible proportion de substance magnétique explique pourquoi la météorite, prise en masse et sa croûte elle-même n’agissent pas sensiblement sur l’aiguille
Fig. 78.
— Howardile tombée le 14 juillet 1845 au Teilleul (Manche). Lame mince vue au microscope.
aimantée. Soumise à un électro-aimant à 4 éléments, la substance s’est séparée en deux parties, pesant :
L’une . . .
Pour 100 . .
L’autre. . .
D’après une analyse faite sous la direction de M. Schlœsing, la météorite du Teilleul a donné les résultats suivants :
11 n’y a pas trace de matières solubles dans l’eau.
Sous l’action de l’acide nitrique bouillant, la substance se décompose en deux
parties ;