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Expdnences SW la passivité du fer, juillet

2. Éludes sur les me'téorites, p. 52, 1867. — Voir plus loin, les particularités relatives au magnétisme du fer de Sainte-Catherine.

3 Docimasie, t. III, p. 414.

petits fragments de la masse; on observe avec attention si le tranchant de l’outil se casse, et, dans ce cas, on recherche avec soin les éclats, afin de ne pas les mélanger avec le fer météorique lui-même. Les petits fragments sont ensuite mélanges de manière à produire une espèce de sable d’une homogénéité relative. De cette manière on prélève les poids qui sont nécessaires pour les diverses recherches chimiques. Les principales séries d’opérations sont les suivantes :

1“ Recherche des métaux. — On attaque 5 ou 6 grammes de la matière par l’acide chlorhydrique. L’hydrogène qui se dégage entraîne le soufre, le phosphore, l'arsenic. On n’a pas à tenir compte de ces métalloïdes dans cette partie de l’analyse. Lorsque, après douze heures d’action de l’acide chlorhydrique, la dissolution des métaux n’est pas complète, on ajoute quelques gouttes d’acide azotique et on fait chauffer à l’ébullition.

Nous admettons que la matière métallique se dissout en totalité.

La liqueur chlorhydrique contient, ou du moins peut contenir, fer, nickel, cobalt, manganèse, chrome, cuivre, magnésium . On l’étend d’eau et on y fait arriver un courant un peu rapide d’hydrogène sulfuré. On bouche la fiole lorsque la liqueur est saturée de gaz, et on laisse en repos pendant douze heures. Après ce temps, on filtre, et on lave à l’eau bouillante le filtre et le précipité.

Il ne peut y avoir sur le filtre que du soufre et du sulfure de cuivre. Le seul corps à doser est le cuivre. On sèche le filtre, on le brûle dans une petite capsule de porcelaine avec les matières qu’il contient. La présence du cuivi-e est indiquée par un résidu noir, adhérant à la couverte de la porcelaine. Il convient cependant de démontrer d’une manière plus certaine que ce résidu est du cuivre (oxyde et sulfate produits par le grillage du sulfure). On le traite par quelques gouttes d’acide azotique. Lorsque le résidu noir a disparu dans l’acide, on ajoute un peu d’eau, ensuite de l’ammoniaque.

La coloration bleue de la liqueur ammoniacale est la preuve à peu près certaine de la présence du cuivre; on reconnaît aisément à l’intensité de la couleur bleue s’il est possible de déterminer la proportion du métal. Dans ce dernier cas, on précipite de nouveau le cuivre à l’état de sulfure par le sulfliydrate d’ammoniaque, et on le pèse à l’état de sulfure Gu-S, chauffé au rouge sombre à l’abri du contact de l’air. Généralement le cuivre est en quantité trop faible pour qu’on puisse le peser ; mais on peut évaluer approximativement sa proportion d’après la coloration de la liqueur ammoniacale.

La liqueur acide filtrée contient de l’hydrogène sulfuré; elle est rendue louche par du soufre très divisé, provenant de la décomposition du réactif. On chauffe pour chasser l’hydrogène sulfuré ; on ajoute ensuite une certaine quantité d’acide acétique, et on sature à peu près complètement les acides par l’ammoniaque. On obtient ainsi une dissolution faiblement acidulée, ne contenant pas d’autre acide libre que l’acide acétique.

On fait arriver de l’hydrogène suliuré en grand excès, on bouche la fiole, et on laisse en repos pendant vingt-quatre heures. Le nickel et le cobalt sont en totalité précipités à l’état de sulfures; le fer l’est seulement en partie, le manganèse, le chrome, le magnésium, une partie du fer restent dissous. On lave les sulfures par décantation, en employant de l’eau chargée d’hydrogène sulfuré. Le lavage sur le

filtre serait très difficile, en raison de la facilité avec laquelle le sulfure de fer s’altère au contact de l’air.

Traitement du précipité. — Les sulfures sont dissous par l’acide chlorhydrique, auquel il est bon d’ajouter quelques gouttes d’acide azotique, les sulfures de nickel et de cobalt n’élant pas facilement attaque's par l’acide chlorhydrique seul. On cliauffe pour chasser l’hydrogène sulfuré et pour rassembler le soufre. On sépare ce dernier par filtration. Dans la liqueur chlorhydrique le fer se trouve à peu près en totalité à l’état de protoxyde. On le fait passer à l’état de peroxyde au moyen du chlore ou de l’acide azotique. On précipite ensuite le peroxyde de fer par l’ammoniaque.

Les oxydes de cobalt et le nickel sont presque entièrement dissous ; on peut même les enlever en totalité au peroxyde de fer en lavant longtemps cet oxyde avec de l’eau chargée d’ammoniaque; mais il est préférable d’opérer de la manière suivante : Le peroxyde de fer est lavé deux fois par décantation, puis dissous dans l’acide chlorhydrique et précipité de nouveau par l’ammoniaque.’ Ce second précipité est reçu sur un filtre et lavé pendant quelque temps avec de l’eau ammoniacale. 11 ne retient plus alors qu’une proportion tout à fait négligeable des oxydes de nickel et de cobalt. On pèse le peroxyde de fer après calcination.

C’est là un dosage partiel ; une portion du fer est restée dans la liqueur acétique, dans laquelle on a fait passer l'hydrogène sulfuré.

On concentre un peu les liqueurs ammoniacales très étendues, qui renferment le nickel et le cobalt ; on précipite les deux oxydes par la potasse, on les pèse ensemble après calcination ; on cherche ensuite à faire la séparation des deux oxydes.

La liqueur acétique contient une partie du fer, la totalité du manganèse, du chrome, du magnésium. On ajoute un peu d’acide tartrique, on fait arriver un courant d’hydrogène sulfuré, et on sature peu à peu les acides par l’ammoniaque. Le fer et le manganèse sont entièrement précipités à l’état de sulfures, tandis que la chrome et le magnésium restent dissous.

On bouche la fiole, et on attend que les sulfures soient parfaitement rassemblés ; on décante la liqueur claire, on la remplace par de l’eau chargée d’un peu de sulL hydrate et de quelques centigrammes d’acide tartrique ; on agite et on laisse de nouveau les sulfures se déposer , on décante une fois. Il n’y a pas lieu de pousser plus loin le lavage des sulfures de fer et de manganèse, car les fers météoriques contiennent seulement des quantités très faibles, souvent même des traces impondérables de chrome et de magnésium.

Traitement des sulfures. — Les deux sulfures sont dissous dans l’acide chlorhydrique, l’hydrogène sulfuré est chassé par la chaleur ; le soufre est séparé par filtration; le fer est peroxydé par le chlore ou par l’acide azotique; le peroxyde de fer est ensuite précipité par l’ammoniaque ; il entraîne la totalité de l’oxyde de manganèse. Les deux oxydes sont enfin pesés ensemble. 11 faut constater la présence ■du manganèse en faisant chauffer l’oxyde de fer avec de l’azotate de potasse, du carbonate de soude et de la potasse caustique.

En traitant par une dissolution faible de potasse la matière fondue au creuset

MïTÉORITES. 20

de porcelaine ou au creuset d'argent, on obtient presque toujours une coloration verte, à peine sensible, indiquant seulement des traces de manganèse. Dans ce cas, on peut faire la somme des deux poids trouvés pour le peroxyde de fer, et calculer la proportion en négligeant le manganèse.

Si, au contraire, la recherche qualitative dont nous venons de parler indiquait la présence d'une quantité dosable de manganèse, il faudrait recommencer toute la série des opérations sur un poids un peu plus fort de fer météorique, et chercher à faire la séparation de deux métaux, fer et manganèse.

Chrome et magnésium. — Les deux métaux sont contenus dans une liqueur qui renferme des acides chlorhydrique, acétique, tartrique, de l’ammoniaque et du sulfliydrate d’ammoniaque. On décompose le sulfhydrate par l’acide chlorhydrique, on chasse l’hydrogène sulfuré par la chaleur, on sépare le soufre par filtration. On évapore ensuite à siccité, et on calcine progressivement le résidu jusqu’au rouge sombre ; la fin de la calcination doit être faite sous le moufle, afin que le charbon produit par la décomposition de l’acide tartrique puisse être brûlé complètement. Il ne peut plus rester dans la capcule que le chrome et le magnésium, en partie à l’état de chlorures.

L’aspect et le volume du résidu de la calcination indiquent s’il convient de pousser plus loin les opérations. Il faut distinguer plusieurs cas différents.

1" Le résidu, très peu abondant, presque impondérable, est coloré en vert ; il contient certainement du chrome; on doit chercher s’il renferme en outre des traces d'un métal alcalin terreux.

2“ Le résidu, très faible comme dans le premier cas, n’est pas sensiblement coloré; il s’agit seulement de reconnaître la nature du métal alcalin terreux contenu dans le fer météorique.

3“ et 4° Le résidu est appréciable, coloré en vert ou incolore. Nous ne nous arrêterons pas anx deux premiers cas. Dans le troisième, on cherche à doser seulement les terres alcalines ; pour déterminer le chrome, il convient de recommencer une autre série d’opérations sur une quantité plus grande de fer météorique.

On traite le résidu calciné par l’acide chlorhydrique un peu étendu et à une température modérée; l’acide dissout aisément la totalité des terres alcalines et laisse insoluble la moyenne partie de l’oxyde de chrome. On verse de l’ammoniaque dans la liqueur acide ; on sépare par filtration le précipité très léger d’oxyde do clii'ome, et on néglige la petite portion des terres alcalines qu’il peut entraîner ; on ajoute successivement, dans la liqueur ammoniacale, de l’oxalate d’ammoniaque et du phosphate de soude ; on pèse, s’il y a lieu, les précipités que produisent ces réactifs.

Jusqu’à présent on n’a trouvé que du magnésium dans les divers échantillons de fer météorique qui ont été analysés.

En tenant compte du nombre et de la longueur des opérations qu’on est obligé de faire avant de peser le phosphate de magnésie, en ayant égard à l’impureté possible, sinon probable, des réactifs, on doit être convaincu que les nombres indiqués pour le, magnésium sont seulement des approximations. On ne doit pas môme admettre comme rigoureusement prouvée la présence de ce métal alcalin terreux dans le fe>' météorique.

Pour déterminer le chrome, on attaque de 8 à 10 grammes de l’échantillon proposé par l’eau régale, on traite la liqueur par l’ammoniaque ; on recueille le précipité sur un filtre; on le sèche à 100 degrés ; on le calcine au rouge vif, en prenant les mêmes précautions que s’il s’agissait de peser le peroxyde de fer. L’oxyde de chrome se trouve en entier dans le précipité : on pulvérise la matière calcinée et on la soumet à l’action de l’hydrogène pur et sec, au rouge très vif. L’action du réductif doit être prolongée pendant plusieurs heures, car il faut ramener à l’état métallique un poids assez fort de fer oxydé. Après refroidissement dans l’hydrogène on traite par l’eau régale très étendue ; tout se dissout, à l’exception de l’oxyde de chrome, qui a perdu par calcination sa solubilité dans les acides faibles.

On pèse l’oxyde calciné, et on calcule d’après son poids la proportion du chrome.

On doit utiliser cette dernière série d’opérations pour constater l’absence du silicium dans le fer météorique après l’attaque par l’eau régale et la précipitation par l’ammoniaque, la silice se trouve entièrement avec l’oxyde de fer; elle devient, comme l’oxyde de chrome, insoluble dans les acides par la calcination longtemps prolongée dans le gaz réductif ; elle reste dans la partie non dissoute par l’eau régale très étendue, soit à l’état de silice libre, soit à l’état de silicate d’o.xyde de chrome. C’est donc dans cet oxyde qu’il faut chercher la silice.

Nous devons dire cependant que la silice ne se trouve peut-être pas en totalité avec cet oxyde : en effet, dans le cas où le fer météorique contient de faibles proportions de calcium ou de magnésium, il peut se former, pendant la calcination dans l’hydrogène, des silicates de terres alcalines, qui sont au moins partiellement dissous par l’eau régale faible. On a toujours, même dans ce cas spécial, la majeure partie de la silice avec l’oxyde de chrome.

Après avoir pesé cet oxyde, on le fait fondre dans un très petit creuset d’argent avec 2 parties de potasse pure, et avec 1 partie d’azotate de potasse : la matière fondue, détachée du creuset, est traitée par l’acide chlorhydrique ; la liqueur est évaporée à sec, et le résidu traité par l’acide chlorhydrique. Dans le cas où le fer météorique proposé renferme un peu de silicium, on obtient un résidu de silice. 11 est, dans tous les cas, inutile de le peser, car il est impossible de rendre la silice tout à fait insoluble dans l’acide chlorhydrique en présence d’une proportion, relativement très considérable, de chlorure alcalin.

On ne peut attendre de ces expériences qu’un résultat qualitatif : les causes de perte de silice sont, de plus, tellement importantes, qu’on n’est pas en di'olt de conclure l’absence du silicium lorsque l’acide chlorhydrique ne laisse aucun résidu. On peut seulement affirmer que si le fer météorique contient du silicium, il en renferme trop peu pour qu’on puisse le mettre en évidence par les opérations que nous venons d’indiquer.

2° Recherche du soufre. — Il faut consacrer 4 ou 5 grammes de matière à la recherche du soufre. On traite par l’acide chlorhydrique un peu concentré, et on fait passer les gaz dans une dissolution ammoniacale de chlorure de cuivre. Lorsqu’il se forme un précipité dans cette dissolution, il faut le laver par décantation, l’attaquer ensuite par l’eau régale bouillante, et précipiter l’acide sulfurique par le chlorure de baryum.

L’hydrogène sulfuré qui se produit par l’action de l’acide chlorhydrique est disse-

miné dans un volume relativement énorme d’hydrogène : on a toujours à craindre qu’une partie du gaz n’échappe à l’action ahsorhante de la liqueur ammoniacale ; il faut cependant conduire le dégagement du gaz avec une certaine rapidité, afin de soustraire l’hydrogène sulfuré au contact de l’air contenu dans l’appareil. C’est là, du reste, la principale cause d’erreur que présente cette méthode. 11 est assez facile de doser exactement le soufre qui s’est déposé à l’état de sulfure de cuivre.

Les autres méthodes proposées pour le dosage du soufre donnent, dans le cas actuel, des résultats encore moins certains.

3" Recherche de l'arsenic. — On attaque par l’eau régale de 1 à 2 grammes de fer météorique, on étend de beaucoup d’eau, on sature par l’ammoniaque. Le précipité est très volumineux, et contient certainement la totalité de l’arsenic à l’état de sous-arséniate de peroxyde de fer. Après l’avoir bien lavé à l’eau bouillante et par décantation, on lo reçoit sur un filtre, on sèche à 100 degrés; on sépare le mieux possible le précipité du papier. On peut, sans erreur appréciable, négliger la petite quantité de matière qui reste attachée au papier. On pulvérise le précipité desséché, on le traite par l’acide sulfurique pur, en évitant d’employer un excès d’acide.

Lorsque tout l’oxyde de fer a passé à l’état de sulfate, on étend d’eau et on fait arriver un courant d’acide sulfureux. En agissant ainsi on a pour objet de ramener le peroxyde de fer à l’état de protoxyde ; lorsqu’on pense avoir atteint ce résultat, on chasse l’acide sulfureux par la chaleur et on essaye la liqueur sulfurique dans l’appareil de Marsh. S’il se produit des taches arsenicales appréciables sur la porcelaine, on cherche à évaluer la proportion de l’arsenic d’après l’intensité de ces taches et d’après la rapidité avec laquelle elles se produisent.

Pour faire cette appréciation, il est indispensable d’entreprendre toute une série d’expériences sur des poids connus d’acide arsénieux, en se plaçant dans des conditions identiques avec elles dans lesquelles les opérations ont été faites pour le fer météorique. Il faut dissoudre dans l’eau régale des poids de fer métallique pur, égaux entre eux et égaux au poids du fer météorique employé ; on doit ajouter l’acide arsénieux dans ces dissolutions, précipiter par l’ammoniaque ; traiter les précipités par l’acide sulfurique, et faire passer l’acide sulfureux dans ces dissolutions, avant de les introduire dans l’appareil de Marsh.

L’emploi de l’acide sulfureux est ici de toute nécessité ; sans lui on aurait dans l’appareil une quantité de peroxyde de fer très grande ; le dégagement de l’hydrogène arsénié aurait lieu avec une lenteur telle qu’on obtiendrait difficilement des taches arsenicales comparables.

4“ Recherche du phosphore. 11 n’est pas possible d’obtenir pour le phosphore des résultats aussi certains que ceux auxquels on arrive pour l’arsenic. L’incertitude relativement au phosphore est la conséquence inévitable de la longueur des opérations qu’on est obligé de faire. On attaque de 4 à 5 grammes de fer météorique par l’eau régale; on étend de beaucoup d’eau, et on traite par l’ammoniaque et par le sulfhydrate d’ammoniaque. On bouche la fiole, et on laisse en repos pendant plusieurs jours, afin de laisser au sulfure de fer le temps de se déposer entièrement. On filtre et on lave les sulfures métalliques avec de l’eau chargée de sulfliydrate. La liqueur filtrée contient une partie seulement de l’acide phospho-

32 ENCYCLOPÉDIE CIIBIIQUE.

riqtic, même dans les cas où le fer météorique ne renferme que des traces impondérables de chrome et de métaux alcalins terreux : le précipité de sulfures métalliques est trop volumineux pour qu’on puisse le laver complètement. La liqueur sulfhydratée renferme d’ailleurs une proportion assez grande de sulfure de nickel.

On décompose le sulfliydrate par l’acide chlorhydrique très étendu, en évitant avec soin de mettre un excès d’acide ; le sulfure de nickel se précipite en totalité : quand il est bien rassemblé, on filtre ; on chauffe la liqueur filtrée pour chasser l’hydrogène sulfuré, et on filtre de nouveau.

On cherche l’acide phospliorique dans la liqueur. Comme l’acide est certainement en quantité extrêmement faible, il faut concentrer le liquide par évaporation, saturer l’acide par l’ammoniaque, et verser un peu de sulfate de magnésie ammoniacal. Lorsqu’il se produit un précipité de phosphate double, il adhère en totalité aux parois de la fiole : il n’est pas possible de le peser exactement, il faut se fixer à une évaluation approximative.

La recherche du phosphore est donc seulement qualitative ; de plus, le résultat est ineertain, soit qu’il se produise un précipité appréciable de phosphate double de magnésie et d’ammoniaque, soit que le sulfate de magnésie ammoniacal ne donne lieu à aucune trace de précipité.

Il y a incertitude dans le premier cas, parce qu’on a dû employer une préparation très grande de sulfhydrate, et que ce réactif renferme très fréquemment des traces d’acide phosphorique. Pour lever tous les doutes, il faut préparer au laboratoire le sulfhydrate qui doit être employé, avec de l’ammoniaque parfaitement pure, ou bien essayer le réactif livré par les fabricants, en opérant sur un volume égal à celui dont on s’est servi dans l’analyse.

Dans le second cas, lorsqu’il ne s’est pas formé de précipité, l’incertitude provient principalement du chrome, du magnésium, etc., que peut contenir le fer météorique. Ces métaux ne forment pas de sulfures par voie humide, et leurs oxydes donnent des phosphates insolubles dans l’ammoniaque.

D’après les observations que nous avons présentées, on peut reconnaître assez nettement une quantité très faible de chrome dans le fer météorique, mais de faibles proportions de métaux alcalins terreux, notamment de magnésium, échappent très aisément aux recherches chimiques; il est même tout à fait impossible de les constater lorsque le fer météorique contient un peu de phosphore. 11 résulte de là que, pour le phosphore et pour le magnésium, les résultats négatifs obtenus dans les expériences n’indiquent pas nettement l’absence de ces corps dans l’échantillon proposé.

Types minéralogiques a établir parmi les fers nickelés. — Les études dont on a eu précédemment les principaux résultats, ont donné quelques notions positives sur le nombre, sur la nature et même sur la proportion relative des principes immédiats dont le mélange constitue les fers météoriques.

Mais il y a lieu de se demander si ces principes immédiats sont mêlés sans aucun ordre dans les masses météoriques ou si, au contraire, une loi déterminée préside à leur arrangement. Et plutôt comme nous savons déjà, d’une manière générale, que cette loi de position existe, il y a lieu de chercher à préciser en quoi elle consiste, et dans ce but, de soumettre la structure des fers météoriques à une étude spéciale.

Avant tout, je ferai remarquer que l’existence d’un ordre déterminé présidant à l’arrangement des minéraux constituants, lait des fers météoriques des roches tout à fait à part. Dans les roches terrestres, en effet, à part l’exception peut-être unique de la pegmatite graphique, nous voyons d’ordinaire les minéraux mêlés pour ainsi dire au hasard ; ainsi, dans le basalte, les cristaux de l’une des substances constituantes sont indistinctement en contact avec les cristaux de toutes les autres. Dans les fers météoriques, il est loin d’en être ainsi, et il suffit en général d’une observation superficielle pour se convaincre de l’existence dans les masses d’une ordonnance générale, suivant laquelle tous les éléments sont distribués.

Le fer de Caille (fig. 3) nous en fournit un bel exemple.

Fig. 3. — Bloc de fer météorique découvert en 1828 à Caille, .llpes-Maritimes, et exposé dans la galerie de géologie du Muséum . ^ des dimensions naturelles.

Si l’on examine l’échantillon principal qui pèse comme on sait 625 kilogrammes et qui est exposé dans la galerie de géologie du Muséum, on constate qu’il est profondément marqué au sceau de la cristallisation. La grande face plane de 50 centimètres en tous sens qu’il présente, est évidemment un clivage, produit artificiellement par les outils de forgeron dont on y voit les traces * et l’on reconnaît à sa

t. On s’est parfois mépris sur la signification de ce magiiilique clivage et il me paraît indispensable d’insister sur l’interprétation que j’en donne ici. De tous côtés le fer de Caille porte la trace d’outils (marteaux et ciseaux) et on reconnaît en plusieurs points que des lopins en ont été arrachés. Le fait n’a d’ailleurs rien de surprenant quand on sait que la météorite est restée au moins 200 ans sur la place de Caille où, d’après Brard, elle était connue sous le nom populaire de Pierre de fer. Le

surface une nombreuse série de triangles équilatéraux, tous alignés parallèlement entre eux, de manière à former un réseau régulier. Ces triangles témoignent de la structure octaédrique de la masse, fait qui contraste avec la structure cubique habituelle du fer terrestre, et font voir en même temps l’orientation tout à fait uniforme de ses joints. La dernière circonstance prouve même que, non seulement la partie qui offre cette disposition est cristallisée, mais qu’elle représente un fragment d’un cristal unique' et de dimensions gigantesques . Cet exemple est loin d’être unique parmi les fers météoriques, mais on ne lui trouve rien d’analogue parmi les roches terrestres ; on ne saurait trop insister sur ce point qui fait des masses qui nous occupent une sorte d’intermédiaire entre les minéraux et les roches. Elles ont des premiers les caractères géométriques, et des autres la composition complexe.

La matière métallique dont je viens d’indiquer les propriétés les plus générales n’est pas homogène ; elle consiste dans le mélange en proportions diverses d’alliages parfaitement définis de fer et de nickel dont les principaux ont reçu les noms de kamacite, de tænite, de plessite, de lamprite, d’octibbehite, etc.

Reichenbach^ a étudié comparativement les divers fers nickelés ; mais les distinctions qu’il a proposées de faire enire son balkeneisen, son bandeisen, son fulleisen, son wuhteisen, son glanzeisen, ne paraissent pas toutes très nettes.

Il sera très intéressant néanmoins de résumer ici, à l’égard des divers fers nickelés, les observations du célèbre chimiste. J’ai même cru utile, bien qu’ayant fort souvent des opinions différentes, de faire de ses conclusions une traduction littérale.

« Nous pouvons, dit-il, résumer ce qui précède par les propositions suivantes :

« 1. Le fer météorique se désagrège en plusieurs combinaisons métalliques à base de fer, l’enfermant du nickel, du cobalt et d’autres métaux.

« 2. Mis en séjour avec les acides, ces alliages deviennent visibles sur une surface de section préalablement polie.

« 3. Trois surtout de ces combinaisons sautent aux yeux et forment une sorte de trias.

« Kamacite. — 4. Le membre le plus important de ce trias est un fer gris clair, développé en formes cristallines bacillaires, nomrné balkeneisen ou kamacite. Sur celui-ci est placée la série des couches d’un fer lamellaire couleur vert Isabelle, et sur ce dernier apparaît la masse du fer qui remplit les intervalles : c’est de ces trois membres que se compose le trias.

« 5. Le balkeneisen considéré seul montre, quand il est corrodé par les acides, des lignes droites parallèles comme séparant des feuilles ; c’est la conséquence de sa structure cristalline.

« 6. Les surfaces métalliques corrodées prennent l’apparence des rainures d’une fine lime à acier ou d’une plaque métallique guillochée.

(( 7 . Elles apparaissent se croisant en plusieurs systèmes et miroitent avec un aspect changeant, dans plusieurs directions à la lumière.

forgeron devait être bien tenté d’utiliser cette masse sans propriétaire et on peut croire qu’elle eût disparu si son extraction eût été plus facile et si sa malléabilité et sa forgeabilité eussent été plus grandes.

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