‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. 2e appendiceChapitre 207 sur 280 · Comptes rendus, t. XLIX, p · texte numérisé non relu

Comptes rendus, t. XLIX, p

5. M. Damour considère ces silicates comme formés de pyroxène et d’albite, M. Abich comme formés de carysolithe et de labrador. La différence, assez faible d’ailleurs, quant aux résultats de l'analyse chimique, s’explique par l’imperfection des méthodes dont on se sert pour séparer les minéraux mélangés dans les roches.

Tout cela posé, rien n’est plus facile que de passer de la moutréjite à la strawropolite, c’est-à-dire de lui imprimer les caractères de couleur et de cohésion que présente cette dernière. 11 suffit pour cela de lui faire subir exactement la manipulation qui permet d’obtenir artificiellement la tadjérite au moyen de l’aumalite; en d’autres termes, on n’a qu’à soumettre pendant quelques minutes et à l’abn de l’air un fragment de montréjite à la température d’un creuset chauffé par un bon feu de coke : l’identité du produit avec la météorite russe est absolue (Cours de géologie comparée).

LA BÜTSURITE ET LA BÉLAJITE.

Les expériences que j’ai exécutées à ce sujet m’ont prouvé qu’on ne réalise la synthèse complète des météorites noires qu’en opérant au grand rouge, tel que le fournit un bon feu de coke. A une température moins élevée, on obtient un produit qui diffère d’autant plus des pierres de Tadjéra et de Stawropol qu’on s’est plus éloigné du terme qui vient d’être indiqué. Mais, si l’expérience est manquée alors, quant au but spécial qu’il s’agissait d’atteindre, le produit présente néanmoins, dans certains cas, des caractères dont l’étude offre de l’intérêt.

Les résultats les plus nets dans cette nouvelle direction m’ont été fournis par la montréjite. C’est d’eux seuls que je m’occuperai en ce moment.

Si l’on chauffe de la montréjite, non plus au moyen d’un feu de coke, mais dans un creuset soumis à la flamme d’une simple lampe à gaz, on obtient un produit qui diffère complètement pour l’aspect de la stawropolite L

Après refroidissement, le ciment de la roche soumis à la calcination est encore gris, et il est resté friable ; mais les globules sont devenus parfaitement noirs.

Or, il se trouve que le résultat d’une calcination incomplète de la montréjite reproduit dans tous ses caractères la pierre décrite sous, le nom de trélajite. Les chutes qui l'ont fournie ont eu lieu à Belaja Zerakvv (Ukraine), le 4 janvier 1797, à Slobodka (Russie), le 10 août 1818, et à Macao (Brésil), le 11 novembre 1836. On doit rapprocher cette pierre de la roche désignée sous le nom de butsurite qui n’en diffère que par la moindre grosseur de ses globules. La butsurite est représentée au Muséum par les chutes de Gross-Divina (Hongrie), 24 juillet 1737, et de Butsore (Indes anglaises), 12 mai 1861.

11 résulte de là, d’après les considérations exposées plus haut, que la bilajite et la butsurite constituent deux nouveaux types métamorphiques, dérivant de la montréjite, comme la stawropolite et représentant au point de vue de la chaleur subie, un degré intermédiaire entre ces deux dernières roches (Cours de géologie comparée).

La chantonnite.

Oh sait que ce qui caractérise la chantonnite est de constituer une roche grise, marbrée de bandes noires contournées et irrégulières. Beaucoup de chimistes en tête desquels il faut citer Vauquelin ^ ont cherché à déterminer la nature de ces

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