CHUTE DE LOUANS (ALGÉRIE
Le 25 janvier 1843, à 3 heures après midi, par un temps clair et très calme, un bruit très fort a effrayé plusieurs personnes qui se trouvaient dans les champs, près du hameau le Pressoir, commune de Louans. Il fut suivi d’un sifflement comparable à celui d’un boulet de canon et du choc d’une masse sur le sol.
Le lendemain, un habitant s’étant rendu sur le point qui lui avait été signalé, il trouva un trou de 0“‘,40 à 0“,50, rempli de l’eau tombée pendant la nuit, et en retira une pierre noire et très dure et pouvant peser 3 kilogrammes.
Le principal échantillon, du poids de l‘8'',53, a grossièrement la forme d’un prisme pentagonal.
La chute de la météorite de Louans resta inédite jusqu’en 1881 L CHUTE DE TADJÉRA (ALGÉRIE).
Le dimanche 9 juin 1867, vers 10 h. 50 du soir, une lueur éclaira le ciel pendant quelques secondes ; elle était accompagnée de bruits comparables au grondement du tonnerre, ou à celui de voitures pesamment chargées et roulant sur le pavé ; ces bruits se terminèrent par trois détonations aussi fortes que des coups de canon.
l. Compter rendus, t. XCII, p. 084,
Ce phénomène fut visible des points les plus opposés. Voici les l'enseignemenls qu’a recueillis M. Augerand*.
A Sétif, à 15 kilomètres nord-ouest du point de la chute, on a vu cette lumière éclatante, et tous ont entendu le bruit qui l’accompagnait, ainsi que les détonations. Quelques habitants crurent que l’explosion devait avoir eu lieu au-dessus de la ville et furent le lendemain visiter les environs de la maison occupée par les Ponts et chaussées, espérant y trouver des aérolithes. Les recherches n’eurent aucun résultat.
A Ouled-Sahah (60 kilomètres du point de la chute), les indigènes entendirent les détonations, crurent que des coups de canon étaient tirés du côté de Sétif et demandèrent le lendemain, 10 juin, au chef de l’Annexe, s’il savait pourquoi des coups de canon avaient été thés. Plus tard ces indigènes lui dirent avoir appris que trois boules d’or étaient tombées du ciel, et qu’on les avait remises au commandant.
A 20 kilomètres du point de la chute, à Eulma, les indigènes en grand nombre virent la lumière, comparable, dirent-ils, à celle du jour, entendirent le bruit, puis les détonations, après lesquelles le globe de feu se divisa en douze ou treize parties. Le phénomène leur parut durer une minute environ.
A Bou-Saâda, à 160 kilomètres nord-est du point de la chute, des observations plus précises furent faites par M. Corréard, du 3® tirailleurs.
Le bolide fit son apparition dans le ciel, à environ 60 degrés au-dessus de l'horizon, parcourut 20 à 23 degrés célestes pendant cinq à huit secondes en suivant une direction sud-est nord-est, et cessa d’être apparent à 400 degrés au-dessus de l’horizon. Le météore avait, en son point le plus lumineux, environ trois fois le volume apparent de Vénus ; il était accompagné d’une traînée lumineuse apparente de 5 à 10 degrés, dont le diamètre variait entre deux fois et deux fois et demie le diamètre de Vénus. La lumière qu’il projetait était blanche, irradiée au noyau, légèrement jaune en s’éloignant du centre ; elle était assez intense pour éclairer et rendre distincts à quelques mètres de distance des objets de la grosseur du poing. La traînée blanche diminuait d’intensité du noyau à la queue; du centre de la la traînée à ses extrémités latérales, des étincelles blanches, bleuissant en s’éloignant du foyer de la traînée, s’échappaient en forme de larmes.
Le météore éclata avant de disparaître, et on entendit des détonations faibles et courtes. Quelques personnes pensaient pouvoir affirmer que, à cet instant, le bolide avait dû tomber à peu de distance de S’Mila, entre 70 et 80 kilomètres ; il tombait à 160 kilomètres, ce qui expliquerait pourquoi les détonations ont paru faibles.
A Tadjera, près Guidjell, les indigènes aperçurent vers le sud-ouest une lumière partageant le ciel et assez éclatante pour que tous les objets fussent éclairés comme en plein jour ; en même temps des détonations se firent entendre, semblables à des roulements de tonnerre ou à des coups de canon extrêmement rapprochés. Un corps lumineux semblait tomber du ciel vers le sol ; mais, arrivé à une certaine hauteur, il se brisa en fragments étincelants; c’est là qu’eurent lieu les détonations.
Le phénomène semble aux Arabes avoir duré deux minutes. Tous se sont crus menacés par la chute du bolide. Aux environs de Guidjell les indigènes, qm