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Uineralogy and Chemistry, p

ENCYCLOPÉDIE CIIIMIQDE.

KABÀiTE.

Sous ce nom, Wœhler désigne une matière organique extraite des météorites charbonneuses et qui consiste en un carbure d’hydrogène analogue à l’ozokérite et à la schérérite. On n'en connaît d’ ailleurs pais jusqu’ici 'la composition exacte’*. ■'

t. V. le mémoire de Cloez; Comptes rendus, t. LLX, p. 152.

POINT DE VUE LITHOLOGiaUE

On a admis pendant fort longtemps entre les météorites des diverses chutes une identité presque complète sous tous les rapports, ou tout au moins des ressemblances très intimes. Cette opinion, toute fausse qu’elle soit,, a été d’abord fort utile à la science en portant les savants à reconnaître la réalité du phénomène de la chute des pierres : de ce que les pierres étaient toutes semblables entre elles on concluait plus aisément que leur origine était commune.

Aujourd’hui, au contraire, il est constaté qu’il existe autant de variétés entre les météorites qu’entre les roches terrestres, et l’on en est même arrivé à ce point que leurs caractères généraux se bornent à fort peu de chose. En les examinant de près on voit surgir entre elles de profondes différences.

Les météorites composées de fer métallique compact sont celles qui frappent tout d’abord l’attention. On les désigne depuis bien longtemps sous le nom de fers nie'te'oriques et, par opposition, d’autres sont appelées pmrres météoriques. Entre ces deux termes extrêmes on trouve des masses qui établissent de l’un à l’autre des transitions très ménagées.

Le fait de la présence ou de l’absence du fer métallique a paru à tout le mondé être le meilleur caractère pratique pour établir de grandes divisions parmi les météorites.

La plupart des météorites contiennent à la fois, et même quand la première apparence ne le ferait pas croire, du fer et de la pierre en proportion d’ailleurs extrêmement variables.

La situation relative de ces minéraux est loin d’être toujours la même. Tantôt la pierre est à l’état de grains englobés dans le fer, tantôt, au contraire, le métal est en grenailles disséminées dans la pierre.

Dans de pareilles conditions, la première chose que nous ayons à faire est de chercher à établir parmi les météorites une classification.

Or, à notre sens, dans aucune branche des sciences naturelles, une classification üaUrelle n’est possible.

Exprimer à la fois tous les rapports et toutes les différences existant entre divers êtres, dépasse absolument les facultés humaines, et l’on est réduit à donner la préférence à celle des classifications qui exprime simplement le plus grand nombre de ces rapports et de ces différences.

Si r«n admet cette manière de voir, on devra reconnaître qu’elle est particu-

lièrement applicable aux classifications géologiques qui offrent des difficultés spèciales.

En minéralogie, une classification est relativement facile.

Les individus sont définis par leur composition d’abord et ensuite par leur forme cristalline. Cela, bien entendu, sous réserve des perturbations apportées par l’isomorphisme, le polymorphisme, etc.

En lithologie, au contraire, l’individu, qui est un simple mélange, n’étant pas définissable, la classification même artificielle est par cela même extrêmement difficile.

Par exemple, on admet que le granit et le gneiss constituent deux espèces distinctes ; ces roches ont cependant la même composition immédiate, c’est-à-dire résultent du mélange en proposition semblable des mêmes minéraux : quartz, orthose et mica. La différence, qui suffit pour les caractériser, est celle de leur structure ; le gneiss est feuilleté, le granit est massif; mais le caractère est loin d’être absolu. Certains gneiss sont très peu schistoïdes, et tous les lithologisles admettent chez le granit une variété feuilletée. Les deux espèces sont donc liées par des intermédiaires insensibles et il est dès lors impossible de les définir.

Mais ce n’est pas tout. La proportion des minéraux constituants est variable à l’infini. Dans le granit, le mica peut devenir progressivement très peu abondant: la roche passe alors à la pegmatite sans que l’on puisse dire à quel moment une des espèces fait place à l’autre. Le mica peut changer un peu de composition et devenir plus riche en fer; on ne sait alors si l’on a affaire à un granit ou à une protogine. Si le feldspath devient rare, on passe peu à peu à l’espèce greisen; si c’est le quartz dont la proportion diminue, c’est l’espèce minette ou bien l’espèce kersanton qui prennent naissance.

De plus, quand on définit le granit : un assemblage cristallin et grenu, de quartz, de mica et de feldspath, on donne là une définition idéale. En général, outre ces minéraux, la roche en contient d’autres, en proportion ordinairement faible, mais essentiellement variable. De la tourmaline, du grenat, de l’amphibole, se rencontrent souvent dans le granit; en certains cas leur proportion peut devenir considérable, et alors ce n’est plus du granit qu’on a, mais des roches de passage conduisant à l’hyalo-tourmalite, à la greiiatite ou au diorite.

Il résulte encore de là, comme on voit, une augmentation d’incertitude dans la définition des individus, c’est-à-dire uue augmentation de difficulté pour les classer.

Toutefois il est indispensable de présenter à ceux qui étudient les types de roches suivant un ordre méthodique. Si on les mettait dès le début en présence d’échantillons disposés au hasard, ils ne se tireraient jamais de ce dédale. Il faut donc recourir à un arrangement, mais il faut savoir ne prétendre qu’à un arrîuigement essentiellement artificiel.

Ces considérations s’appliquent toutes aux météorites, et c’est pour cela que nous les avons indiquées. Elles suffisent pour nous faire prévoir qu’une classification naturelle des météorites est impossible.

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