Comptes rendus, t. LXXXY, p. 1256, 31 déc
au bout de quelques minutes, de fines bulles de gaz parfaitement perceptibles à la loupe. On a eu soin de faire l’expérience aussi loin que possible des veinules de sulfure et il n’a pas paru que le gaz dégagé noircit le papier d’acétate de plomb.
Fig. 23. — Calarinite découverte en 1 876 à Sainte-Catherine (Brésil). (2° sous-type.)
Section polie. Demi-grandeur.
La matière qui relie les fragments métalliques de cette seconde brèche est beaucoup plus compliquée que dans le premier cas. On n’y voit plus que des traces plus ou moins douteuses du sulfure bronzé, mais, au contraire, la substance jaune de laiton, signalée plus haut comme accidentelle dans le premier sous-type, est ici extrêmement abondante. Je me suis naturellement préoccupé d’en déterminer la nature et, quoique les essais n’aient pu être faits que sur des traces de cette substance, il paraît légitime de dire qu’elle n’est pas autre chose que de la pyrrhotine teinte par une faible proportion de millérite ou sulfure de nickel. Celui-ci, beaucoup plus soluble que la pyrrhotine, est enlevé par une goutte d’acide et le sulfure reprend sa teinte de bronze; le liquide est très chargé de nickel. La millérite n’avait point encore été signalée, que je sache, chez les météorites, et l’on ne peut citer comme substance analogue que le sulfure double de fer et de nickel, signalé par Wœhlcr et Harris dans les météorites charbonneuses de Cold Bokkeweldt.
Dans le ciment de la brèche qui nous occupe, le mélange des sulfures n’est pas seul ; il est accompagné d’une quantité très considérable d’une substance noire, très riche en graphite, et dont les rapports de situation avec les sulfures sont très intéressants. Certains interstices, laissés entre les blocs de fer, sont exclusivement
remplis parles sulfures, certains autres par le graphite, et il y en beaucoup où les deux matières se partagent la place, de façon à offiâr, suivant les points, les proportions relatives les plus variées. Ainsi, dans plusieurs endroits, on observe une vraie brèche de sulfure cimentée par la matière noire ; ailleurs on voit le sulfure occuper l’axe de l’interstice et être bordé de graphite avec schreibersite, etc.
Les craquelures sont très abondantes dans le second sous-type. Il semble qu’on puisse en distinguer de deux espèces et sans doute de deux âges. Les plus frappantes sont de très grosses crevasses qui traversent les échantillons et sont postérieures à l’acquisition par la roche cosmique de son état. Quelques-unes sont vides, mais peutêtre par accident survenu pendant l’opération du sciage; les autres sont remplies de la substance noire. Elles sont remarquables par leurs anastomoses variées et par les sinuosités très complexes qu’elles présentent quelquefois.
Les fissures de la seconde sorte sont localisées dans une région moins craquelée que les autres ; elles sont beaucoup plus fines et peut-être seraient-elles difficilement visibles si sur leurs deux parois le fer ne présentait une modification dans sa nuance, qui fait une sorte d’encadrement interne à chacun des fragments métalliques. Jamais nous n’avons remarqué ce phénomène dans aucun fer; il est accompagné ici de la présence de petits grains presque microscopiques qui parsèm.ent le métal et lui donnent un aspect pointillé, qu’on a signalé, par exemple, dans le fer météorique de Tuczon (Mexique). Ces particularités sont exclusivement propres à certains fragments de la brèche, ce qui nous confirme dans l’idée que le fer nickelé est bien loin d’être partout identique à lui-même, et ce qui retire tout intérêt à l’analyse quantitative d’une substance aussi variable.
TAZEWELLITE. (Stax. Meun.)
Fig. 24. — Tazewellite découverte à Tazewell (Tennessee) -en 1855. Surface polie traitée par un acide. Grandeur naturelle.
Roche métallique, subcristalline, prenant bien le poli, mais paraissant pointillée à cause de très petits grains pierreux disséminés. — Densité'; 7,88 à 7,91 (Smith).
— Composition minéralogique : Formée surtout de l’alliage de fer et de nickel, désigné sous le nom de tænite et répondant à la formule de Fe'Ni. On distingue dans la masse de la schreibersite, de la troïlite, et plus difficilement de très petits grains de péridot. Les acides donnent la figure de Widmanstætten (fîg. 24).
Chute principale :
1853. Tazewell, Claiborne G°, Tennessee, États-Üiiis.
Tazewell. — Dans le fer trouvé à Tazewell (Claiborne C", Tennessee) en 1854, la proportion de matière silicatée est notable, ainsi que le prouve l’analyse suivante.
due à M. Lawrence Smith (1) :
Fer . 83,02
Nickel . 14,62
Cobalt . 0,50
Cuivre . 0,06
Phosphore ... 0,19
Chlore . 0,02
Soufre . 0,08
Silice . 0,84
Magnésie. ... 0,24 99,57
NELSONITE. (Stas. Meo.v.)
Fig. 23. — Nelsonite trouvée à Nelson (Kentucky) en 1850.
Surface polie traitée par un acide. Grandeur naturelle.
Roche métallique, très cristalline, prenant très bien le poli. — Densité; 7,14 1. Süliman’s American Journal of science, 2= série, t. XIX, p. 153.
à 7,71. — Composition minéralogique: Formée surtout par un alliage de fer et de nickel, désigné sous le nom de kamacite et répondant à la formule Fe“Ni. On distingue dans la masse des rognons cylindriques de troïlite, des amas plus ou moins irréguliers de schreibersite. Les acides donnent des figures de Widmanstætten, très remarquables (fig. 25).
Chutes principales :
1818. Lockport, Cambria, New-York, États-Unis.
1823. Rasgata, Santa Rosa, Tocavita, Nouvelle-Grenade, Amérique méridionale. 1847. Seelasgen, Prusse.
1854. Union County, Géorgie, États-Unis.
1856. Nelson G", Kentucky, PÎtats-Unis.
1866. Franklyn G», Kentucky, États-Unis.
Lockport. — Remarquable par la netteté et la beauté des figures qu’il donne par les acides, le fer de Lockport a donné à Silliman et Hunt * les résultats suivants :
Fer .... : . 92,583
Nickel . 5,708
Guivre, arsenic . traces
Résidu insoluble . 1 ,400
Rasgata. — On doit à Wœbler l’analyse suivante du fer de Rasgata^ :
Nickel . 6,71
Cobalt . 0,25
Scbreibersite . 0,37
Pbospborc . 0,35
Péridot et autres minéraux. . . . 0,08
Guivre . . )
Étain. . . > . traces
Soufre . . ) 100,21
La présence du péridot dans de pareilles conditions est digne d’être signalée ; nous reviendrons sur des faits de ce genre. Les minéraux qui lui sont associés présentent des nuances rouges et bleues rappelant celles du rubis et du sapbir. Seelasgen. — D’après Rammelsberg^, le fer contient :
Fer . 92,937
Nickel . 6,228
Cobalt . 0,667
Cuivre avec traces d’étain. . . . 0,049
Silicium . 0,026
Carbone . 0,520
Résidu . 0,183