Sclmeidcr, Pogg., t. CXXIX, p
2. Huebnor et 'Wclirhaue, Ami. der Chem, und Pharm., t. CXXVllI, p. 254, et t. CXXXII, p- 277.
sublimé le cyanure de phosphore dans le col de la cornue, en plongeant celle-ci jusqu’à la tubulure dans un bain d’huile qu’on a chauffé jusqu’à 190“, en y laissant passer un courant d’acide carbonique.
Le cyanure de phosphore a cristallisé dans le col j en longues aiguilles d’un blanc de neige ou en tables hexagonales.
Ces cristaux, chauffés doucement à l'air, s’enflamment et bnilent avec une lumière éclatante. L’eau, les acides et les alcalis aqueux les décomposent aussi énergiquement que les chlorures de phosphore; il se produit de l’acide cyanhydrique et de l’acide phosphoreux. Les cristaux fondent et se volatilisent vers lOO". Leur composition a été déterminée en les décomposant par l’eau et en dosant l’acide phosphoreux. On a fait également un dosage d’acide cyanhydrique en traitant une certaine quantité des cristaux dans un tube scellé par l’azotate d’argent et l’acide azotique : formule Ph(C^Az)°.
Le cyanure de phosphore PhCy^ s’enflamme très facilement à l’air et brûle avec une flamme claire. Les cristaux, exposés à l’air humide, se décomposent en donnant de l’acide phosphoreux, du phosphore et en dégageant de l’acide cyanhydrique. Cette décomposition se produit immédiatement par l’action de l’eau. Le cyanure de phosphore^est à peu près insoluble dans le chloroforme, l’éther, le sulfure de carbone et le tritochlorure de phosphore, si ce n’est à SOG", c’est-à-dire vers son point de fusion. 11 se maintient facilement en fusion à une température très inférieure à son point de solidification, mais il suffit alors de le toucher avec une baguette de verre pour qu’il se prenne en masse ; cette fusion doit être faite dans une atmosphère d’acide carbonique.
Il semblait présumable que le cyanure de phosphore agirait à la manière du chlorure sur les matières organiques, c’est-à-dire en leur cédant du cyanogène comme le chlorure leur cède du chlore; mais l’expérience n’a pas confirmé cette supposition.
Les auteurs ont fait réagir une molécule de cyanure de phosphore sur trois molécules d’alcool dans des tubes en verre très résistant. Il se forme de grandes quantités d’acide cyanhydrique et du phosphate d’éthyle d’après l’équation :
PhCy-+5(^‘^jf)0^ = Ph(®^,y»+5HCy.
En employant doux molécules de cyanure de phosphore, les produits ont été les mêmes ; il n’y a pas eu production de cyanure d’éthyle, comme on pouvait s’y attendre ;
2PhCy-^ -+- 5 'j 0^=2PhO^ + 3C*lFGy -1- 3IIGy.
Les expériences faites avec l’alcool amylique ont fourni des résultats analogues. Les auteurs ont ensuite fait agir le cyanure de phosphore sur l’acide acétique cristallisable ; la réaction pouvait se passer suivant les équations :
PhGy^-+-3 5G^H=0%Cy.
2PhCy=-H-3(G"ff02||’j = 2PhO-’-f-3G‘H=Û*Cy-l- 5HCy.
CYANOGÈNE. 525
Dans les deux cas, la réaction est semblable, et est même si énergique que le mélange se charbonne.
Avec l’acide valérique il y a production d’acide cyanhydrique, d’acide phosphoreux et d’un liquide insoluble dans l’eau, décomposable par les alcalis en acide cyanhydrique et en acide valériijue, et présentant, en général, les caractères du cyanure de valéryle que l’on obtient par l’action du cyanure d'argent sur le chlorure de valéryle. II est probable que la réaction se passe suivant la première des équations ci-dessus.
Le cyanure de phosphore n’agit pas d’une manière nette sur le chlorure d’acétyle.
L’ammoniaque sèche ne paraît pas agir sur le cyanure de phosphore. Si l’on chauffe ce dernier en même temps, il se transforme en une masse noire insoluble dans l’eau.
Le cyanure de phosphore ne se produit pas lorsqu’on fait agir le chlorure de cyanogène ou le cyanogène libre sur la vapeur de phosphore. Les auteurs ont aussi essayé vainement de préparer ce corps en substituant au cyanure d’argent les cyanures de mercure, de zinc, de plomb ou de potassium, ou en faisant agir à 170“ l’acide cyanhydrique sur le protochlorure de phosphore.
Action du perchlorure de phosphore sur le cyanure d’argent. — Si l’on chauffe un atome de perchlorure de phosphore dissous dans le sulfure de carbone avec 5 atomes de cyanure d’argent à 150“, la réaction s’établit en donnant naissance à du cyanure de phosphore PhCy“ suivant l'équation :
PhCP -f- 4AgCy=PhCy^-HCyCl -!-4AgCl.
C’est-à-dire que 2 atomes de chlore du perchlorure agissent comme le ferait du chlore libre. Il ne paraît donc pas exister de' cyanure de phosphore correspondant au perchlorure ; il était possible qu’il y en eût un correspondant à l’iodure PhP, mais les auteurs ne sont arrivés qu’à des résultats négatifs par l’action du phosphore sur le cyanure PhCy®. L’oxychlorure de phosphore ne paraît pas agir sur le, cyanure d’argent.
L’acide cyanhydrique anhydre en présence du trichlorure de phosphore, dans une atmosphère humide, donne naissance à une masse cristalline qui est formée de sel ammoniac et de phosphate d’ammoniaque ; il y a en même temps production d’acide formique, mais pas de cyanure de phosphore.
Le trichlorure de phosphore, chauffé en vase clos, avec du sulfocyanate d’argent en présence de l’éther ou du sulfure de carbone, donne naissance à une combinaison cristallisée dont les auteurs n’ont pas encore fait l’étude.
Les chlorures d’antimoine et d’arsenic, chauffés avec du cyanure d’argent, ne donnent pas de cyanures eoiTespondants.
Les auteurs se proposent d’étudier les actions des chlorures de bore et de silicium sur le cyanure d’argent.
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