Langlois, Ann. Chim. Phys. (3), t. I, p. lit
CYANOGÈNE. ' 525
le cyanure de mereiirè et le cyanure de cadmium qui soient solubles ; encore ce dernier l’est-il très peu. Un certain nombre de ces cyanures insolubles peuvent se dissoudre en petite quantité dans de l’eau contenant des sels ammoniacaux. Le cyanure de zinc se dissout un peu dans les solutions d’acétate et de sulfate de zinc.
Le cyanhydratc d'ammoniaque peut se volatiliser sans se décomposer.
La réaction des cyanures solubles est alcaline. La couleur des cyanures est très variée ; les cyanures alcalins et alcalino-terreux sont incolores, les cyanures de cuivre d’un beau vert ou bruns, etc. C’est surtout dans les cyanures doubles que l’on trouve des couleurs variées et présentant des effets de lumière remarquables (platinocyanures).
Propriétés ciiiniifiues. — 1. Les cyanures alcalins anhydres ne sont pas décomposés par la chaleur; on peut fondre le cyanure de potassium et le cyanure de sodium anhydre sans qu’ils se décomposent. Le cyanure de sodium hydraté se décompose en partie quand on le chauffe, par suite de l’action de l’eau ; nous reviendrons plus loin sur cette action. Le cyanure de baryum anhydre peut aussi être chauffé au rouge sans qu’il se décompose. Parmi les autres cyanures il y a lieu de distinguer ceux que la chaleur décompose complètement comme le cyanure de zinc, de cuivre, etc., et ceux qui sont décomposés en métal et cyanogène comme le cyanure de mercure et le cyanure d’argent. Les premiers mettent de l’azote en liberté et se transforment en mélange de carbone et de métal ou en carbures.
2. Kn contact de l’oxygène de l’air, le cyanure de potassium s’oxyde et passe à l’état de cyanate de potasse. Cette réaction se foit encore mieux avec des oxydes comme le bioxyde de manganèse. Si l’on chaulfe trop, le cyanate lui-même se décompose en azote et il reste du carbonate de potasse. Avec les autres cyanures, il se dégage de l’acide carbonique et de l’azote et le métal reste à l’état d’oxyde. Au contact de certains corps oxydants, comme les azotates ou les chlorates, les cyanures détonent.
5. L’action du chlore sur les cyanures est différente avec les divers cyanures et avec les conditions de lumière dans lesquelles on se place ; nous en avons parlé à propos du chlorure de cyanogène. En général, le clilore décompose les cyanures en donnant un chlorure avec le métal et mettant en liberté du cyanogène qui s’unit en totalité ou en partie avec le chlore pour former, soit le chlorure de cyanogène, soit des huiles chlorocyaniques, plus ou moins connues. Avec le cyanure d’argent, on n’obtient pas de chlorure de cyanogène, tant qu’il reste du cyanure d’argent non décomposé ; le cyanogène est mis en liberté. Le brome et l’iode agissent de même. Le chlorure de chaux décompose le cyanure d’argent; il se dégage de l’acide carbonique et de l’azote avec une vive effervescence.
4. L’eau décompose tous les cyanures à une température plus ou moins élevée, en général à 100". Les dissolutions de cyanures alcalins portées à l’ébullition se transforment en formiates alcalins et elles dégagent de l’ammoniaque. Les cyanures des métaux lourds, chauffés en présence de l’eau, se décomposent en donnant de l’acide carbonique, de l’oxyde de carbone, de l’acide cyanhydrique, de l’ammo-
niaque ; le métal reste à l’état d’oxyde ou à l’état libre, mélangé d’un peu de charbon.
D’après Reynoso*, les cyanures de mercure et d’argent chauffés en tubes scellés vers 280° donnent du carbonate d’ammoniaque et le métal libre ; les autres cyanures donnent du carbonate et du formiate d’ammoniaque, le métal restant à l’état d’oxyde.
5. Les acides étendus décomposent la plupart des cyanures métalliques en mettant en liberté de l’acide cyanhydrique. Les hydracides déplacent en général l’acide cyanhydrique de ses combinaisons : cependant le cyanure de mercure n’est pas décomposé par l’acide chlorhydi ique étendu ; le cyanure de palladium non plus, et même l’acide cyanhydrique déplace l’acide chloibydrique du chlorure d’argent et du chlorure de mercure et les acides chlorhydrique, hromhydrique et même iodhydrique des composés correspondants du palladium. L’acide azotique décompose les cyanures avec mise en liberté d’azote et d’acide carbonique. 11 se forme en même temps de l’acide oxalique. L’acide sulfurique, en excès, décompose les cyanures en donntfht un sulfate, du sulfate d’ammoniaque et de l’oxyde de carbone. Les acides faibles, tels que l’acide carbonique, décomposent seulement les cyanures des métaux alcalins ou alcalino-terreux.
6. L’oxyde de mercure décompose la plupart des cyanures en donnant du cyanure de mercure et l’oxyde correspondant ; cela tient à la chaleur dégagée dans l’union de l’oxyde de mercure et de l’acide cyanhydrique qui est beaucoup plus considérable que la quantité analogue relative aux autres composés ; nous reviendrons un peu plus loin sur ce sujet.
7. Les cyanures ont une grande tendance à s’unir avec d’autres corps pour former des sels doubles d’une nature plus ou moins compliquée; le cyanure de mercure présente à cet égard un curieux exemple ; on connaît plus de cinquante combinaisons du cyanure de mercure avec divers sels tels que chlorures, bromures, iodures, sulfates, sulfocyanates, chromâtes, acétates, etc. Outre ces combinaisons, les cyanures s’unissent facilement entre eux en donnant un grand nombre de composés. Les formules des différents cyanures doubles sont comprises dans l’une des suivantes : nMCy et M“Cy'. Dans la première, nest égalà 1, 2, 5 ou 11 ; c’est à cellelà qu’appartiennent les corps KCy,ZuKCy^ KTeCy= et K°Pt®Cy“. A l’autre appartiennent les ferricyanures K°Fe*Gy®. On a été amené à diviser les cyanures doubles en deux grands groupes qui jouissent de propriétés bien distinctes.
Dans le premier de ces groupes, on doit ranger les cyanures doubles tels que le cyanure de zinc et de potassium, le cyanure d’argent et de potassium, etc. Ces composés ont, en général, une réaction alcaline ; ils sont décomposés par les acides faibles qui décomposent le cyanure de potassium. Ils se comportent, eu gënéral, à peu près comme les cyanures qui les ont formés. Ils sont extrêmement vénéneux.
L’autre groupe de cyanures doubles dont le cyanure jaune peut être considéré comme