‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. 2e sectionChapitre 120 sur 166 · SOIS-SÉLÉNIÜRE DE PHOSPHORE · texte numérisé non relu

SOIS-SÉLÉNIÜRE DE PHOSPHORE

Ph^Se soit P‘gc en notation atomique.

Propriétés. — Le sous-séléniure de phosphore est un liquide huileux qui ne mouille pas le verre; bien purifié, il est d’un jaune foncé. Il se prend à — 12“ en une masse cristalline. Par la chaleur, il se volatilise en donnant une vapeur incolore.

Il est facilement soluble dans le sulfure de cai'bone. L’alcool et l’éther s’altèrent à son contact, mais sans le dissoudre.

Au contact de l’air, il s’enflamme immédiatement et -donne des fumées blanches.

Il se conserve quelque temps sous l’eau bien privée d’air, mais il s’oxyde rapidement dans l’eau aérée. Il s’enflamme immédiatement au contact del’acide azotique fumant.

La potasse et la soucie ne l’altèrent pas à froid, mais à la température de lébul- . lition, elles le décomposent en produisant de l’hydrogène phosphoré, un phosphate un sélénite et un séléniure.

rUÜSPlIORE ET SES COMPOSÉS.

En présence des dissolutions métalliques il se recouvre promptement d’une couche de séléniure et de phosphure métalliques.

Préparation. — On obtient le sous-séléniure en chauffant dans un gaz inerte 4 équivalents de phosphore et 1 équivalent de sélénium. On le purifie par la distillation ou simplement en le filtrant sous l’eau dans un linge : on sépare ainsi un peu de phosphore rouge *.

MONOSÉLÉNIÜRE.

ou séléniure hypophosphoreux.

Eh Se, soit P®Se en notation atomique.

Propriétés. — Corps solide, rouge clair, qui lorsqu’il est pulvérisé rappelle par sa couleur le sulfure d’antimoine précipité. Il se sublime lorsqu’on le chauffe.

Le sulfure de carbone lui enlève des quantités variables de phosphore. L’alcool et l’éther ne le dissolvent pas.

Il ne s’altère pas à l’air sec ; à l’air humide, il prend une odeur d’hydrogène sélénié, et le phosphore s’oxyde peu à peu. 11 brûle avec une flamme éclairante.

La potasse bouillante le décompose ; il se dégage de l’hydrogène phosphore, et il reste une masse rouge renfermant du phosphore et du sélénium.

En présence des dissolutions métalliques, il noircit et donne soit un mélange de phosphure et de séléniure, soit une combinaison de mpnoséléniure et de séléniure métallique.

Combinaisons an.-s séléninrcs niétatlique.s. — Les combinaisons avec les métaux alcalins s’obliennent en mélangeant rapidement les deux corps en proportions convenables et en chauffant ce mélange dans un courant d’hydrogène; la combinaison se fait avec une légère explosion, et la masse, au lieu d’être rouge comme le mélange, est blanche ou légèrement rougeâtre. Cette combinaison se décompose lorsqu’on la chauffe à une température plus élevée : le séléniure de phosphore se sublime et le séléniure de potassium rouge apparaît de nouveau. L’eau récemment bouillie la dissout, mais peu à peu il y a décomposition : du sélénium se sépare avec formation d’hydrogène sélénié et de phosphate de potasse. La même combinaison est dissoute par l’alcool, mais il y a une certaine décomposition.

Les combinaisons du sous-séléniure de phosphore avec les séléniures métalliques proprement dits peuvent être obtenus directement par voie sèche, mais il faut

M. Hittorf a remarqué que le sélénium a une tendance à transformer le phosphore ordinaire en phosphore rouge, comme le fait Tiode, mais moins facilement.

opérer sur de très petites quantités à la fois ; si l’on broie les deux corps trop lona temps, il y a inflammation et projection d’une partie de la matière. Ces diverse combinaisons sont colorées. L’acide azotique les dissout ; l’acide cblorbydrique ne dissout que la combinaison du manganèse.

Préparation. — On chauffe légèrement le sélénium et le phosphore à équivalents égaux dans une ampoule de verre, au milieu d’un courant d’hydrogène. Les deux corps se combinent avec incandescence ; une partie de la combinaison se sublime; l’autre partie se prend en masse et peut aussi être sublimée par une élévation de température.

Dans l’eau bouillante, un mélange de sélénium et de phosphore ne produit pas de combinaison, mais l’eau est décomposée; il y a un abondant dégagement d’hydrogène sélénié et d’hydrogène phosphoré.

TRISÉLÉNIÜRE DE PHOSPHORE

ou séléniure phosphoreux.

PhSe^, soit P^Sê’ en notation atomique.

Propriétés. — Le triséléniure de phosphore est un corps d’un rouge-rübis foncé, ressemblant au phosphore rouge quand il est pulvérisé. On peut le distiller dans un gaz inerte. Il donne alors des vapeurs jaunes. 11 est insoluble dans le sulfure de carbone, l’alcool et l’éther.

Chauffé à l’air, il brûle en donnant une faible flamme et des fumées rouges. 11 ne s’altère point à l’air sec et ne s’altère que lentement à Pair humide. L’eau bouillante en dégage un peu d’hydrogène sélénié.

La potasse caustique le dissout même à froid. Si l’on acidifie cette solution, elle dégage un peu d’hydrogène sélénié, mais elle reste claire; si l’on y ajoute de l’acide sulfureux, il se forme un précipité rouge qui est un mélange de phosphore et de sélénium.

Combinaisons aux séléniures métalliques. — Ces corps correspondent a

la formule PhSe®,2MS.

La combinaison avec le séléniure de potassium s’obtient en opérant dans un courant d’hydrogène. L’eau décompose cette combinaison en dégageant des torrents d’hydrogène sélénié. Un mélange d’alcool absolu et d’éther la dissout sans altération à l’abri de l’air. Cette dissolution donne avec les sels métalliques des précipites analogues à ceux que donne la combinaison du monoséléniure de phosphore au séléniure de potassium.

Ces mêmes combinaisons aux séléniures métalliques proprement dits peuvent

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s’obtenir par voie sèche. M. Hahn a décrit les combinaisons renfermant du plomb, de l’argent, du cuivre, du manganèse.

Préparation. — On chauffe dans un gaz inerte 1 équivalent de phosphore et 5 équivalents de sélénium : la combinaison se fait avec un grand dégagement de chaleur.

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