SOUFRE ET PYRITES
L'acide sulfurique au soufre, par suite de sa pureté plus grande, est préférable pour la fabrication de l’acide concentré, au moins quand il est destiné à certains usages. Celui qu’on obtient avec les pyrites est bien inférieur au point de vue de la pureté, mais convient parfaitement cependant pour la préparation des principaux produits formant la base de la grande industrie chimique, tels que le sulfate de soude, les superphosphates, etc.
Soufre brut. — Lorsqu’on fait usage du soufre, on emploie généralement celui de Sicile : en Autriche on fait usage de soufre venant des environs de Cracovic. Il est probable qu’aux États-Unis d’Amérique on utilise en partie celui qui provient des grands gisements situés dans le district de Huraboldt.
Le soufre brut de Sicile est livré au commerce sous trois qualités diiïérentes. On emploie généralement pour la fabrication de l’acide sulfurique la troisième qualité, la moins pure, présentant une coloration brunâtre et renfermant une quantité sensible de poussières.
La seule épreuve à faire subir au soufre dans les usines consiste à brûler un échantillon de quelques grammes, et à déterminer le taux des cendres qui ne dépasse généralement pas 2 pour 100.
Soufre provenant de. l’épuration du gaz. — Après avoir servi 50 ou 40 fois, le mélange de Laming, qui sert à enlever l’hydrogène sulfuré au gaz d’éclairage, arrive à contenir de 40 à 05 pour 100 de soufre et devient impropre à l’épuration du gaz, mais, par contre, constitue un bon minerai de soufre. Avant de l’utiliser à la fabrication de l’acide sulfurique, on commence par l’épuiser par l’eau pour en extraire les produits ammoniacaux et les sulfocyanures qui ont une assez grande valeur, puis la matière desséchée est brûlée dans des fours à étages.
La houille contenant environ 1 pour 100 de soufre, on conçoit que les usines à gaz d’une grande ville comme Paris ou Londres pourraient livrer à la fabrication de l’acide sulfurique une quantité de soufre très importante.
Pyrites. — La pyrite dont on se sert dans l’industrie est un bisulfure de fer FeSS mélangé d’une proportion plus ou moins grande d’autres sulfures, pyrite de cuivre, cuivre panaché, blende, galène, etc., et de quelques autres minéraux comme le quartz.
La pyrite de fer se présente sous deux formes principales ; la pyrite cubique ou pyrite jaune se trouve généralement en filons dans les roches ignées. Elle ne s’eflleurit pas à l’air; sa densité varie de 4,9 à 5,1, elle est ordinairement arsenicale.
La pyrite prismatique ou pyrite blanche existe le plus souvent à l'état de dépôts
ACIUE SUU'URIQUE MOJiOllYDIUTÉ. (B
dans les terrains sédimentaires. Elle est d'une teinte blanchâtre tirant sur le gris : sa densité est un peu plus faible que celle de la pyrite jaune (4,65 à 4,9) ; elle se. recouvre à l’air d’efflorescences blanchâtres constituées par de petits cristaux de sulfete ferreux, imprégnés d’acide sulfurique.
A côté de ces deux combinaisons du soufre avec le fer, on rencontre encore la pyrite magnétique Fe’S®.
La pyrite cuivreuse ou chalkopyrite FeCuS^ se rencontre assez rarement à l’état pur; sous cette forme elle contient:
Fer . o0,55
Cuivre . 54,58
Soufre . 34,88
Le plus souvent elle est mélangée à la pyrite ordinaire dont elle rehausse l’éclat. Elle se trouve généralement en masses cristallines contenant rarement plus de 4 pour 100 de cuivre.
Chauffé au contact de l’air, le bisulfure de fer se transforme en sulfate basique si la température est peu élevée, en oxyde rouge si elle atteint un degré convenable (Berzélius),et, dans les deux cas, dégage abondamment de l’acide sulfureux. En outre on observe, pendant toute la durée de la réaction, des fumées blanches qui indiquent la présence d’acide sulfurique anhydre. Cet acide provient de la combinaison de l’acide sulfureux et de l’oxygène atmosphérique déterminée par le contact de ces gaz avec l’oxyde de fer chauffé (Scheurer-Kestner).