OOU"— 440“ . M
Un peut remarquer que le point de solidification du soufre octaédiique porté à 170 degrés, est inférieur de plus de 5 degrés au point de solidification du soufre porté seulement à 121 degrés, et de plus de 2 degrés à celui du soufre insoluble. Mais, à 1 70 degrés, on a affaire, d’après M. Berthelot, à un mélange de ces deux variétés. On peut se rendre compte de cette particularité, si on assimile un tel mélange aux alliages qui sont plus fusibles que chacun des métaux qui entrent dans leur constitution.
Soufre prismatique. — Sa température de solidification dépend de son ét; l antéiicur.
T. U. - MÊrAi.L0ÏDKS. - 2“ seclion, laiciculc. 2
18 ICJiüVOLOl’ÉDlE CHIMIQUE.
1“ S'il jH'ovlcjil <hi souCro insoluble, il se solklilio eoiiinic lui à 1 1 '('',0 ;
12" S'il provient du soufre octaédrique, son point de solidilication dépend de la leinpcratnre à laquelle on l’a porté. Donnons un exemple : on sait que le soufre octaédrique, chauffé à 170" cristallise à 112", 2; si on porte ensuite à 120" seulement le soufre prismatique qui en résidtc, celui-ci se solidifiera à une température un peu supérieure à 112", 2; mais après qu’on l’aura porté plusieurs fois à 120", en le faisant cristalliser chaque fois, son point de solidification, qui s’est élevé progressivement, atteindra 11 7", 4.
Il en n'sulte que les cristaux primatlqucs de soufre ne peuvent être considérés comme ayant des propriétés identiques, puisque leur point de solidification dépend de la température à laquelle ils ont portés antérieurement.
(( Il laut sans doute, dit M. Gernez (Journal de physique, tome V, p. 21.‘i). attribuer les différences observées à l’existence d’une certaine quantité de so d'rc insoluble! melangoe au soufre soUible, en proportions qui dépendent de la température à laquelle on a chauffé le corps soumis à l’expérience, et qui diminuent à mesure qu’on l’expose à un plus grand nombre de fusions et solidifications successives, aux plus basses températures possibles, n
Ces expériences montrent aussi combien sont tenaces les modifications qui résultent de la trempe ou des conditions de refroidissement du soufre, car il faut une série de fusions et de cristallisations pour les faire disparaître.
Le soufre mou, le soufi-e en Seurs et le soufre en canon conduisent à des résultats intermédiaires entre ceux que présentent le soufre insoluble et le soufre octaédriqui! qui entrent tous deux dans leur constitution.
On comprend maintenant la diversité des nombres obtenus par les diflérents expérimentateurs qui ont essayé de déterminer le point de fusion du soufre.
PROPRIÉTÉS CHIMIQUES DU SOUFRE
Le soufre se combine directement à la plupart des corps simples, il brûle dans l'oxygène sec en donnant de l’acide sulfureux, S -+- 20 = SOL En réalité, la réaction est plus complexe que ne l’indique cette formule; il se forme, en même temps (pie l’acide sulfureux, de l’acide sulfurique anhydre et même de l’acide persulfurique, ainsi que l’a signalé M. Schützcnbcrger. Pour le montrer, il suffit d’introduire dans un flacon plein d’oxygène sec un creuset contenant du soufre enflammé; ou voit se développer, tout autour du creuset, des fumées blanches d’acide sulfurupie anhydre qui se condensent sur les parois du flacon lorsque la combustion est terminée. Si l’oxygène n’est pas sec, l’acide sulfurique anhydre se change en acide sulfurique ordinaire SO^' -f- 110 = SO"HO.
Les nombres Irouvés |)our la chaleur de formation de l’acide sulfureux sont tirs difli'ia'nts :
S (octaédrique) -f- 20= S0% dégage 41,6 Didong.
41,1 Hess.
•"'5,6 Fabre et Silbermaim.
.■)6,9 Andrews.
35,54 Thomsen.
34,65 Berthelot.
SODI'RK.
Ces éciu'ts proviennent de ce que, dans la eoinbustion du soufre, on n a pas tenu compte de tout l’acide sulfurique formé (Berthelot, BuUelin de la Société chimique, tome XXXV, page o45).
Ainsi, dans un essai lait en brûlant 08',800, M. Berthelot a trouvé que 0^019 de soufre étaient changé en acide sulfurique réparti comme il suit :
Acide gazeux condensé dans la liqueur . 0,0153
Acide gazeux entraîné par les fumées.. . 0,0010
Acide condensé dans la chambre à combustion . 0,0027
En tenant compte de tout l’acide sulfurique formé, M. Berthelot a trouve 34,00 pour le soufre octaédrique et insolulde, et 34,63 -f- 0,0 i pour le soufre prisinalii|ue; 0,04 étant la chaleur de transformation du soufre prismatique en soufre octaédrique iMitscherlich).
Le soufre s’enflamme dans l’air à 250", mais il peut se combiner à l’oxygène à plus basse température, ainsi à 200“ il est phosphorescent, et la phosphorescence dépend, comme pour le phosphore, de la pression de l’oxygène (Joubert).
Le soufre se combine directement à l’hydrogène en donnant de l’acide sull'bydricjue dans différentes circonstances.
1“ En faisant passer de l’hydrogène sec sur de la vapeur de soufre, ou en volatilisant du soufre au moyen de l’étincelle d’induction dans une atmosphère d’hydrogène.
2“ En faisant passer sur de la ponce portée au rouge, de la vapeur de soufre mélangée à l’hydrogène ou à la vapeur d’eau.
3“ L’hydrogène et le sulfure de carbone, au contact de la mousse do platine, donnent du charbon et de l’acide sulfhydrique; à lüU", en vase clos, la vapeur d’eau et le sulfure de carbone donnent de l’acide sulfhydriijue et de l’acidc carboniiiue.
4“ L’hydrogène sulfuré prend encore naissance par l’action de l’hydrogène produit avec l’acide chlorhydrique et l’aluminium, le fer ou le zinc, sur du soufre mis en suspension dans le liquide (Cloëz) ; le soufre insoluble paraît donner plus do gaz (lue le soufre soluble.
5“ Quand on chauffe du soufre avec du suif ou de la paraffine, on produit un abondant dégagement de gaz sulfuré, lequel cesse entièrement quand le mélange revient à la température ordinaire; c’est une réaction qu’on a proposée pour la préparation de l’acide sulfhydrique.
Chaleur de formation de HS = 17 gazeux 2,3. (S solide) dissous 4,6.
Si l'on fait passer nn courant de chlore sec sur du soufre et si l’on distille le ])i'oduit avant que tout le soufre ait disparu, on obtient un liquide jaune, bouillant à 1 36“, dont la formule est S‘C1®.
Si, au contraire, on fait passer du chlore sec sur du soufre jusqu’à refus, le li- (luide prend une teinte rouge, et la quantité de chlore fixé dépend de la température.
A 10 ", la composition du liquide rouge cori espond à S-EI-,
A — 22» — — — STd».
ENCYCLOl-ÉDIli CHIMIQUE.
L’existence de ces deux clilorurcs est d’ailleurs contestée.
Avec le phosphore la coiiibinaison est souvent accompagnée de violentes explosions. Les sulfures de phosphore qui se forment ainsi directement sont :
Le sous-sulfure . l’h^S
Le sulfure hypophosphoreux . Ph^S^
correspondant à l’acide hypophosphoreux encore inconnu.
Le scsquisulfure de phosphore . Ph-S'‘
(|ui ne peut s’obtenir qu’avec le pho.sphore rouge (Lemoine).
Le sulfure phosphoreux . PliS
correspondant à PliO"’ et qui peut se préparer par l’action du soufre sur les sulfures précédents.
Le sulfure phosphoriquo . PhS’
coi-rc.spondant à PhO’c
Le persulfure de phosphore . PhS*^
résultant de l’action du soufre sur PhS’’.
Si l’on fait passer un courant de vapeur de soufre sur du charbon porté au rouge on obtient du sulfure de carbone CS®.
Le sulfure de bore BoS”’ s’obtient également par l’action directe de la vapeur de soufre sur le bore.
Le soufre sec n’agit sur aucun métal à la température ordinaire, mais, à une température plus ou moins élevée, il se combine avec })resquo tous les métaux, souvent avec dégagement de chaleur et de lumière. Si l’on projette de la planure de cuivre dans un ballon contenant du soufre en ébullition, le cuivre devient incandescent par suite de la chaleur dégagée dans la formation du sulfure do cuivre. L’action est encore très énergique avec le mercure et peut être accompagnée d’une explosion duc à la vaporisation instantanée du sulfure de mercure.
Lorsque le soufre est humide, la combinaison avec un métal peut se i'ormer à la température ordinaire. Si dans une fiole, munie d’un tube abducteur, on introduit un mélange, humecté d’eau, de 2 parties de limaille de fer pour 1 partie do fleur de soufre, le mélange s'échauffe et noircit ; il se dégage du tube abducteur des torrents de vapeur d’eau et il reste dans le ballon du sulfure de fer hydraté (volcan de Lémeri).
Les métaux avec lesquels le soufre se combine difficilement sont l’aluminium, l’or, le platine, le rhodium, l’iridium et le ruthénium.
SOÜFUE.