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PHOSPHORE A L’ÉTAT HE LIBERTÉ

Ph = 51 = 1 vol.

Éqiiiv.ilcnl par rapporta l'iiy drogène == 3 1 .

Densité de vapeur rapportée à l'hydrogène = 02. Densité de vapeur iMpportce à l’air = 4,5.

Poids du litre do vapeur r.aineaé à 0“ et 700'""'-,= 5*', 83.

HISTORIQUE

Le phosphore fut isolé, d’abord par llrand en 1609, ensuite presque eu même temps par Kunckel et par Boyle. Tous deux retiraient ce corps des pliosphates contenus dans l’urine. En 1769, Gahn et Schcelc signalèrent l’existence d’une proportion considérable de phosphate de chaux dans les os, et donnèrent un procédé facile pour en extraire le phosphore.

Nous empruntons à la Chimie de M. Girardin le résumé suivant des faits relatifs à la découverte du phosphore : ou en trouvera tous les détails dans l'histoire delà chimie de M. Iloefer. Il n’a pas fallu moins d’un siècle pour que sa préparation devînt tout à fait courante et publique.

« En 1669, un marchand de Hambourg, du nom de Brand, adonné à Talchimie et poursuivant la recherche de la pierre philosophale afin de réparer les désastres de sa fortune, fut Thcurcax auteur de cette découverte capitale qui* si elle ne

l’enrichit pas, le sauva de l’oubli. Kunckel, chimiste très distingué de Wittemberg, se trouvant par hasard à Hambourg, et ayant appris la découverte de Brand, se mit en rapport avec lui, et fit tous ses efforts pour lui arracher le secret de la préparation de ce corps extraordinaire, luisant constamment dans l’obscurité; mais il ne put rien obtenir. Dans cet intervalle, ayant écrit à l’un de ses amis, Krafft, conseiller de l’électeur de Saxe, s’occupant de sciences et notamment de chimie, pour lui faire part de toutes ces nouvelles, celui-ci, sans lui répondre, accourt immédiatement à Hambourg et achète le secret pour 200 thalers (environ 800 fr.), avec la condition expresse que Brand ne le communiquera jamais à Kunckel. Betourné à Wittemberg, Kunckel fait de nouvelles instances auprès de Brand, qui lui apprend à la fin qu’il a traité avec Krafft, moyennant le plus profond silence. Kunckel, indigné de la conduite perfide de son ami, résolut alors de chercher le singulier corps dont les propriétés merveilleuses excitaient si vivement sa curiosité. Quoiqu'il ne sût rien autre chose du procédé de Brand, sinon qu’il y employait de l’urine, il parvint enfin à en retirer le phosphore, dont il communiqua gratuitement le mode d’extraction à plusieurs personnes, et entre autres à Homberg*, en présence duquel il fit l'opération en l’année 1679.

(( On peut donc regarder ce chimiste laborieux comme le véritable auteur de la découverte de cet élément, car ce n’est point par hasard, comme Brand, qu’il le trouva, mais à la suite d’un travail direct de plusieurs semaines. Le nom de phosphore de Kunckel, qui a été conservé presque jusqu’à nos jours à cette substance, prouve, ainsi que l’observe Lavoisier, que la reconnaissance publique se porte sur celui qui publie, plutôt que sur celui qui découvre, quand celui-ci fait mystère de sa découverte.

« 11 parait qu’à la même époque, l’illustre Boyle retira, comme Kunckel, le phosphore de l’urine, après en avoir vu un petit morceau que Krafft avait apporté à Londres pour le faire voir au roi (Charles 11) et à la reine d’Angleterre. Krafft lui ayant dit que la principale matière de son phosphore était quelque chose appartenant au corps humain, Boyle se mit aussitôt à l’œuvre et, après bien des tentatives inutiles, accompagnées d’une foule d’accidents malheureux, il parvint à avoir de petits morceaux de phosphore de la grosseur d’un pois, auxquels il donna le nom

1. Homber»; publia le procédé de Kunckel dans \cs Mémoires de V Académie des sciences pour •1692. 11 consistait à évai)oror à siccité do l’urine putréfiée, et à calciner fortement le résidu mélangé de sable dans une cornue dont le col était muni d'une allonge plongeant dans l’eau.

« Prenez de l’urine fraîcbe, tant que vous voudrez : faites-la évaporer sur un petit fou jusqu’à ce qu’il reste une matière noire qui soit presque sèche. Mettez cette matière noire putréfier dans une cave durant trois ou quatre mois, et puis prenez-en deux livres et mêlcz-les bien avec le double de menu sable. Mettez ce mélange dans une bonne cornue de grès lutée; et ayant versé une pinte ou deux d’eau commune dans un récipient de verre qui ait le col un peu long, adaptez la cornue à. ce récipient et placez-la au feu nu. Donnez au commencement un petit feu pendant deux heures, puis augmentez le feu peu à pou, jusqu’à ce qu’il soit très violent, et continuez ce feu violent trois heures de suite. Ku bout de ces trois heures, il passera dans le récipient d’abord un peu de phlegme, puis un peu de sel volatil, ensuite beaucoup d’huile noire et puante; et enfin la matière du phosphore viendra en forme de nuées blanches qui s’attacheront aux parois du récipient en forn)e de sable fort menu. Alors il faut laisser éteindre le feu et ne pas ôter le récipient, de peur que le feu ne se mette au phosphore, si on lui donnait de Tair pendant que le récipient qui le contient est encore chaud. Pour réduire ces petits grains en morceaux, on les met dans une petite lingotière de fer-blanc; et ayant vereé de l’eau sur ces grains, on chaulfe la lingotière pour les faire fondie comme de la cire. Alors on verse de l’eau froide dessus, jusqu’à ce que la matière du phosphore soit coagulée en un bâton dur qui ressemble à de la cire jaune. »

2M EKCÏCLOPÉDIK, CHIMIQUE.

de phosphore glacial. 11 publia son procédé en 1680 S et pendant bien longtemps son préparateur, Godfrey Hankwitz, chimistc-apotliicaire de Londres, fit le commerce du phosphore, qu’il préparait très en grand ; anssi ce corps fut-il appelé phosphore d'Angleterre.

«Jusqu’en 1737, la fabrication du phosphore ne cessa d’être regardée comme im mystère. A cette époque vint à Paris un étranger qui s’offrit de donner un procédé qui avait un résultat constant. Le gouvernement lui accorda une récompense, et il l’exécuta avec un plein succès dans le laboratoire du Jardin des Plantes, devant les commissaires de l’Académie des sciences, llellot publia ensuite ce procédé dans les Mémoires de l'Académie pour 1757, et Rouelle l’exécuta publiquement dans son cours de la même année.

« Ce procédé consistait à évaporer à siccité de l’urine putréfiée, à chauffer jusqu’au rouge le résidu, qu’on lavait ensuite pour en isoler les substances salines, à le sécher et à le soumettre dans des cornues de grès à une forte calcination. Ces opérations, longues et pénibles, étaient en outre fort dispendieuses, puisqu’on ne retirait guère plus de 96 grammes do phosphore pour 1000 litres d’urine; aussi ce corps était-il d’un prix très élevé, et no le voyait-on que dans les maisons des gens les plus riches.

« Gahn, chimiste suédois, ayant découvert en 1769 l’acide phospliorique dans les os des animaux, Scheele, son compatriote et son ami, trouva bientôt un moyen facile d’extraire le phosphore, en quantité assez considérable, de la cendre de ces matières. C’est depuis cette époque que le phosphore est très-commun. Le procédé que l’on suit aujourd’hui dans les fabriques de produits chimiques, est celui de Scbeele% modifié et perfectionné par les chimistes français ».

Les modifications de détail apportées au procédé de Scheele, sont dues principalement à Nicolas, puis à Pelletier {Journal de physique, tome XI et tome XXVII).

L’explication des réactions qui se produisent dans les différentes phases de la préparation du phosphore a été donnée par Fourcroy et Vauquelin : ils conseillaient d’employer le phosphate de plomb pour l’extraction du phosphore {Journal de pharmacie, année 1797, tome 1, n" 9).

ÉTAT NATUREL

Le phosphore, étant très-altérable, ne se trouve jamais dans la nature à l’état do liberté. Il y est presque toujours à l’état de phosphate de chaux. On a découvert, dans ces dernières années, des quantités considérables de ces phosphates naturels. Ces gisements sont une véritable richesse pour les pays qui les possèdent, à cause de leur emploi pour les engrais. En France, les départements du Lot et du Lot-et- Garonne contiennent beaucoup de phosphates de chaux. On en trouve également d’une autre origine, dans la bande des terrains crétacés inférieurs qui se suivent en France, du sud-ouest au nord-est, jusque dans les Ardennes.

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