‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. 3e sectionChapitre 24 sur 68 · ACIDE BORIQUE DE LA TOSCANE · texte numérisé non relu

ACIDE BORIQUE DE LA TOSCANE

La région des Maremmos Toscanes s’étend entre Volterre, Sienne, Massa-Maritima et la mer. G est une contrée volcanique, triste et dénudée, du sol de laquelle, par des fissures ou fumerolles appelées soffioni, s’échappent des gaz mélangés de vapeur d eau ; on trouve également à la surface du sol de petits lacs naturels (lagoni) au fond desquels débouchent des soffioni. L’eau de ces lacs est portée à la température de 90“ environ et les gaz qui se dégagent constamment agitent l’eau noire et limoneuse. En certains points où la température des gaz est moins élevée, il s est produit, à 1 intérieur des canaux souterrains, des condensations partielles et il s’est formé des sources d’une eau rendue laiteuse par la présence de soufre très divisé en suspension.

Les soffioni sont disposés sur une longue ligne, d’une étendue de 3 à 4 milles et les canaux souterrains suivent probablement les parois d’une faille, produite par le soulèvement de la craie des Apennins, appartenant à l’étage crétacé supérieur. Ils traversent ainsi un terrain composé de calcaires bruns compacts en lits minces, interrompus par des silex cornés, des marnes et des argiles schisteuses. La surface du sol est formée presque généralement de carbonate de chaux souvent transformé en gypse et parfois même recouvert de petits cristaux de borate de chaux hydraté. Par suite des réactions des gaz ou vapeurs des fumerolles, il s’est formé indépendamment du gypse et du borate de chaux, du borate de fer hydraté (lagunité), du borax, du borate de magnésie ; il s’est déposé du sulfate d’ammoniaque, de la boussingaidtite (sulfates doubles, de fer, de magnésie ou de soude et d’ammoniaque), enfin du soufre.

D après Payen, la température des vapeurs, prise avec des tliermomètres à déversement placés dans plusieurs bouches de soffioni, n’a varié que de 97“ à 100“ cen.

tigrndes. D’après Lardorel, elle serait de 120", et serait comprise entre d04*> et 115° suivant d’autres observateurs. Ces différences tiennent probablement à ce que ces températures ont été prises à diverses époques de l’éruption des soffîoni, correspondant à des pressions très differentes.

Payen {Annales de Chim. et de Phys. (3), I, p. 247) a recueilli et analysé les gaz. Sur 100 parties de produits non condensés, il a trouvé :

Acide carbonique. 57,30

Azote. 34,81

Oxygène. 6,57

Hydrogène sulfuré. 1,32

Les produits condensables et les substances entraînées par les courants de vapeur sont très divers ; ils comprennent de l’eau, des argiles, des sulfates de chaux, d’ammoniaque, d’alumine, de fer, des acides chlorhydrique et sulfurique libre, des matières organiques à odeur de marée. Il se dépose du soufre dans toutes les étroites fissures qui traversent les corps poreux.

Ch. Sainte-Claire Deville et Leblanc n’ont pas trouvé dans les gaz des soffioni trace d’oxygène) mais ils ont signalé la présence de l’hydrogène protocarboné.

Les émanations de Lardello ont donné à l’analyse les résultats suivants :

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