CARACTÈRES PHYSIQUES DU GRAPHITE
Le trait commun du graphite et du diamant est de consister en carbone à peu près pur. Au point de vue physique ils contrastent profondément.
Le graphite et le diamant diffèrent l'un de l’autre par leur texture, leur couleur, leur densité et le système cristallin auquel ils appartiennent. Ils diffèrent encore par leur composition ; car le diamant est du carbone pur, tandis que le graphite renferme constamment des petites quantités de matières volatiles.
Le graphite cristallise dans le système hexagonal, ce qui le distingue du diamant qui est cubique.
Le graphite diffère complètement de l’anthracite par son aspect et par scs propriétés, et ne peut jamais être employé comme combustible. 11 est gris métallique, doux au toucher, ne s’écrase pas facilement sous le pilon ; il brûle difficilement et sans aucune flamme, et contient à peine deux ou trois centièmes d’eau hygrométrique et de matières volatiles. 11 est presque toujours intimement mélangé avec de l’argile et avec du peroxyde de fer, presque jamais il ne contient de pyrites.
On produit artificiellement du graphite par le refroidissement des fontes de fer très carburées ou en décomposant le gaz d’éclairage par la chaleur; c’est alors le charbon de cornue. On a obtenu un produit analogue en carbonisant le diamant.
C’est ainsi qu’en 1870, MM. Laurier, joailliers de Marseille, ayant à émaillcr le support en or de deux diamants d’un grand prix servant de boutons de chemise, crurent que le diamant soustrait à l’influence de l’air et chauffé dans un moufle ne serait point attaqué à la température relativement assez basse, suffisante pour exécuter l’opération de l’émaillage. Quelle ne fut pas leur surprise en s’apercevant que la surface du diamant s’était couverte de taches noirâtres, semblant provenir de ce que le charbon dans lequel il avait été enfermé s’était soudé à la surface 1 Passé à la meule, le diamant reprit son éclat primitif. L’altération n’avait été que superficielle.
M. Morren, consulté, choisit des diamants de belle eau et de taille régulière, qu’il fit chauffer et qu’il soumit à l’action de l’air pendant un temps très court. Puis il examina le diamant qui avait subi cette opération avec un microscope grossissant 360 fois.
Le physicien de Marseille aperçut sur les faces polies de la pierre de nombreuses petites facettes produites par l’apparition de triangles e'quilatéraux. Ces triansk appartiennent à des octaèdres juxtapose's et orientés avec précision, de manière à envoyer à l’œil le reflet de toutes les faces triangulaires homologues. Lorsque l’action est exercée sur des diamants à facettes courbes, propres à couper le verre les facettes se réunissent de manière à former de longs filaments affectant la formé de véritables arabesques. En examinant ces fdaments avec un pouvoir grossissant considérable, on voit qu’ils sont formés de facettes triangulaires semblables à celles qui se montrent isolées dans les autres parties de la surface. La seule différence est que ces prismes sont fortement serrés les uns contre les autres. Même avec le grossissement ordinaire, il est déjà facile de voir que ces longs prismes sont terminés par des facettes triangulaires équilatérales. On peut comparer cette étonnante propriété à celle qui distingue certaines substances recevant des cicatrices cristallisées quand on les dissout lentement dans les acides.