‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. Complément 1ère partieChapitre 122 sur 184 · ANALYSE MICROSCOPIQUE DU NAPHTOSCHISTE · texte numérisé non relu

ANALYSE MICROSCOPIQUE DU NAPHTOSCHISTE

Les schistes bitumineux se rattachent aux houilles mates auxquelles ils sont liés par des passages insensibles. 11 semble qu’on doive les diviser en deux groupes, l'un renfermant surtout des particules végétales, l’autre contenant plutôt, comme éléments combustibles, des débris animaux; le scbisie bitumineux du bassin de Zwickau appartient au premier de ces deux groupes et renferme de très fines particules végétales, des débris foliaires, des membranes épidermiques, des spores et des cellules fibreuses mélangées à une forte proportion de schistes argileux.

M. Gümbel a examiné des schistes houillers en les traitant par l’acide fluorbydrique étendu, qui met en liberté une quantité extraordinaire des particules végétales, à structure souvent très bien conservée. Comme ces schistes sont évidemment formés par sédimentation, et qu’on trouve tous les passages entre les schistes charbonneux et la houille schisteuse, il est impossible de contester que l’accumulation des débi'is végétaux par flottage ait pu jouer un rôle dans la formation de certaines couches de houille. On peut, par le procédé qui vient d’être indiqué, reconnaître quelques détails de la structure anatomique de divers organes foliaires conservés dans les schistes houillers. Le charbon dans lequel sont transformées ces feuilles est presque toujours de la houille brillante qui se brise en petits fragments anguleux. Ce fait prouve que les débris foliaires ont pu contribuer pour une part à la formation du charbon brillant qui constitue certains lits des couches houillères.

Les épaisseurs des lamelles de charbon qui représentent les feuilles sont telles qu’on ne saurait admettre qu’elles aient subi une forte réduction de volume, et l’on peut, ainsi que l’indiquaient déjà les observations faites sur les lignites, évaluer la diminution de l’épaisseur primitive au plus à 50 p. 100. L’examen des écorces transformées en houille conduit aussi à ce résultat, que la compression n’a certainement pas joué un rôle essentiel dans la transformation en houille : aussi les mesures faites sur les tiges de calamites, de sigillaires, de lépidodendrées, les unes couchées à plat, les autres debout, ont donné, à égalité de diamètre, pour une même espèce, les mêmes résultats pour l’épaisseur de l’écorce charbonneuse, et il est clair que la pression subie par les tiges debout n’a pu être aussi forte que poulies tiges couchées. En faisant réagir sur la houille brillante de ces écorces l’acide azotique et le chlorate de potasse, et traitant ensuite le résidu par l’alcool, on s’assure en outre qne les tissus ne sont pas plus déformés dans les tiges couchées que dans les autres.

§ 4. GISEMENT DU NAPHTOSCHISTE

On exploite, pour la fabrication d'huiles dites minérales, des roches argileuses ou schistes qu’on nomme improprement schistes bitumineux. En général, le bitume n’y est pas tout formé ; mais la matière charbonneuse dont ces schistes sont imprégnés, soumise à l’action de la chaleur, produit en se décomposant des huiles,

à peu près comme le goudron se produit aux dépens du bois, sans y préexister. Pour ne pas employer le nom inexact de schiste bitumineux, on a proposé les no.ais de pyroschiste, schiste à kérosène, et, plus récemment, celui de naphtoschisle, c’est-à-dire schiste produisant des matières analogues au bitume.

La distillation des schistes qui, dès 1833, avait déjà donné lieu, en France, à des procédés d’extraction, s’est beaucoup développée jusqu’en 1865. Depuis lors la découverte des gisements de pétrole américain lui a imprimé une marche inverse.

l'RAKCE

Saône-et-Loire et Allier. — A part les premières exploitations de naphtoschisle du département de Saône-et-Loire, aux environs d’Autun, on en a ouvert d’autres dans le département de l’AlIier, près de Buxières-la-Grue. Les schistes de cette dernière localité présentent, dans leur aspect, une grande ressemblance avec ceux d’Autun, et renferment comme eux des empreintes de poissons.

Puy-de-Dôme. — 11 existe à Ménat dans le terrain tertiaire un gisement important de schistes bitumineux. 11 est entièrement enclavé dans le gneiss; le schiste n’est pas distillé ; on en fabrique du noir minéral par calcination en vase clos et du tripoli par incinération à l’air.

Var. — Le terrain houiller des environs de Fréjus (Var) renferme à Boson des couches de naphtosehiste, ressemblant ainsi au boghead d’Écosse et à certains cannel-coal.

Vendée. — Le bassin houiller de Vouvant (Vendée) renferme aussi des naphtoschistes.

Ardèche. — 11 en est de même dans l’Ardèche, à Vaguas, mais pour des couches tertiaires.

Haute-Saône. — Le schiste bitumineux du lias supérieur des environs de Vesoul, qui est exploité comme engrais, a été analysé par M. L. Durand-Glaye. Il renferme :

CaO

MgO

Fe'O»

insoluble

Perte au feu

Somme

Ce schiste, qui est gris, devient brunâtre par altération à l’air ; il renferme une proportion de bitume assez grande pour brûler avec flamme, lorqu’il est chauffé au rouge ; il y a une trentaine d’années on avait même songé à l’utiliser pour la fabrication du gaz de l’éclairage. Comme ce schiste est très calcaire, il fond à la température du rouge. Son essai, fait spécialement au point de vue agricole et en l’attaquant par l’acide chlorhydrique, montre qu’il contient, indépendamment de la chaux, plus de 2 pour 100 de potasse soluble dans cet acide ainsi que de l’acide phosphorique. On y a trouvé aussi 8 de carbone, 1 de soufre et 0,58 d’azote

ORAKDE-BRETAGXE

La couche charbonneuse connue en Écosse sous le nom de boghead forme le type le plus riche des schistes bitumineux. Des variétés de combustibles connues sous le nom cannel et provenant des terrains houillers de l’Écosse, du Lancashire, du Yorkshire et du Flintshire, servent à peu près aux mêmes usages.

-AÜTRICHR

En Autriche, à Steyerdorf, ce sont les schistes avoisinant la houille qui sont utilisés pour la fabrication d’huiles et de paraffine.

En Italie on a tenté d’exploiter les naphthoschistes qui accompagnent le lignite dans le Véronais et le Vicentin. On les désigne sous le nom de liberone.

RUSSIE

On connaît aussi des naphtoschistes dans le nord de la Russie. Ils proviennent du bassin de la Petchora, et des bords de l’Ouchta.

D’après M. Barbot de Marni,. le boghead existe à Murajewinsk, dans le gouvernement de Rjâsan. Sa densité est seulement 1,114 tandis que celle du boghead d’Ecosse est 1,162 et que celle du boghead de Bohème varie de 1,237 à 1,259. Le fait tient sans doute à ce que le combustible russe est mélangé d’une proportion beaucoup moindre de matières terreuses. Son analyse a donné en effet :

Carbone . 69,94

Hydrogène . 7,87

Oxygène et Azote . 11,55

Soufre . 2,46

Fer. . . . 2,15

Matières terreuses . 6,25

Total . 100,20

Ce boghead propre à la fabrication du gaz forme une couche de 1 mètre à 2“, 50 intercalée entre des bancs calcaires dont l’âge n’est pas déterminé.

Page 1