Annales des
d'où s’échappe une source bitumineuse, renfermant du chlorure de sodium et de l’hydrogène sulfuré.
La quantité de bitume est assez considérable et elle est plus forte en été qu’en hiver : d’après Lecoq*, elle atteindrait de 500 à 750 grammes par jour pendant les fortes chaleurs.
Actuellement on recueille le bitume, mais autrefois il coulait sur les flancs des monticules à l’état semi-liquide de pissasphalte et il durcissait au soleil pour se transformer en asphalte. La quantité ainsi répandue devait s’élever au moins à 150 kilogrammes et l’on conçoit que ce bitume accumulé ait pu former ou du moins recouvrir tout un monticule.
Guettard, en 1759, en a donné dans les mémoires de l’Académie des sciences une description intéressante :
« Les monticules de cette province les plus connus pour donner dû bitume sont, dit-il, ceux de Crouelle et de Puy de la Poix.
« Celui-ci est séparé en deux têtes dont la plus haute peut avoir douze ou quinze pieds et l’autre un peu moins ; le plus petit fournit plus de hitume que l’autre ; deux ou trois endroits le donnent en liquide ; ce monticule regarde le nord ; il est composé d’une pierre plus ou moins tendre, bleuâtre, parsemée de taches noires, qui sont de hitume ; le tour de ces taches est blanc ou jaunâtre ; quelques-unes de ces pierres .sont noirâtres sans taches ; d’autres ne sont qu’en partie tavelées et en partie noirâtres ; il y a des morceaux d’un brun roussâtre avec des taches circulaires gris de fer foncé ; des morceaux sont incrustés de bitume dur et brillant ; d’autres le sont d’une matière jaunâtre, spatheuse et presque cristallisée ; plusieurs sont parsemés de points pyriteux, d’un jaune particulier aux pyrites. A côté de ce monticule il y a une petite élévation d’environ trois pieds de hauteur sur 15 de diamètre ; il paraît, selon M. Ozy, que cette élévation n’est formée que du bitume qui se dessèche à mesure qu’il sort de terre ; la source est au milieu de cette élévation ; si l’on creuse en différents endroits autour et en dessous de cette masse de bitume, autant qu’il est possible, on ne trouve aucune apparence de rocher. »
De nos jours on voit le bitume sortir avec l’eau des fentes de la wackite ; il est chassé surtout par le gaz hydrogène sulfuré qui s’accumule dans le bitume et forme des bulles qui, après être restées longtemps captives, s’échappent en brisant les parois amincies du pissasphalte. « Le bitume qui produit de pareils effets, dit Jean Banc, produit une horrible puanteur. »
11 résulte de là que l’eau est constamment recouverte, en grande partie du moins, d’une couche de bitume et d’une croûte blanche, consistant, d’après M. Nivet, en carbonate de chaux mélangé de sel marin. « Lorsqu’il n’existait pas encore de bassin, dit M. Nivet, on pouvait suivre de l’œil la sortie de l’eau, du gaz et du pissasphalte. On voyait alors s’échapper de temps en temps des séries de huiles d’hydrogène sulfuré, mêlé d’acide carbonique, chassant devant elles de petits amas de bitume qui s’étalaient en s’entourant d’une auréole irisée. Parfois, cette matière gluante obstruait la fente du rocher : l’eau et les gaz s’accumulaient au-dessous
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d'elle et, après quelques instants, ils projetaient au loin l’obstacle qui les avait un moment arrêtés. »
La pellicule irisée que l’on remarque assez souvent sur l’eau n’est autre chose qu’un peu de pétrole qui se sépare du pissasphalte.
C’est dans un terrain tout à fait semblable à celui du Puy de la Poix que l’on rencontre au Pont-du-Ghàteau des. demi-globes de calcédoine, collés sur la wackite par du bitume.
Du reste, la présence du bitume dans les wackes, est un fait très commun en Auvergne.
« Il semble, dit Lecoq, que ces wackites, en brisant la croûte de la Limagne, aient amené avec elles les sources bitumineuses. Ces sources, il est vrai, sont depuis longtemps taries, mais le bitume est resté. On peut se convaincre de la présence de ce combustible au Puy-de-Crouelle, eu face du Puy de la Poix, au calvaire de Clermont, au Puy d’Auzel, au Puy de Cornonet, à Malintrat, à Cœur, à Lussat, etc. » •
Autres points de la France. — Des gisements de bitume existent encore dans d’autres parties de la France, telles que le département des Basses-Alpes aux environs de Manosque; le département du Gard, aux environs d’Alais; les Landes, près de Bastennes; les Basses-Pyrénées; la Savoie, près de Lovagny. Ces divers gisements, quoique non exploités, présentent un intérêt théorique, par leur analogie avec d’autres gisements plus considérables.