‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. Complément 1ère partieChapitre 159 sur 184 · Geological Magazine, t. IV, p · texte numérisé non relu

Geological Magazine, t. IV, p

2. Bulletin de la Société géologique de France, 2' série, p. 570.

Dans certaines localités, au lieu de brûler le pétrole en nature, on le fait senir à la fabrication du gaz d’éclairage. Les premiers essais furent tentés en 1862, au Canada par MM. Youle-Hind et Thomson; ils consistaient à faire i’éa"ir à haute température la vapeur d’eau sur la vapeur de pétrole. Les résultats furent satisfaisants et donnent le moyen d’éclairer au gaz, non seulement des petites villes mais même des villages de très peu d’importance. D’ailleurs il n’est pas impossible que le gaz de pétrole ne joue tôt ou tard un rôle important, car il est obtenu dans des conditions très supérieures à celles que présente la distillation de la houille.

Ainsi, ear des chiffres seuls peuvent rendre ces faits faciles à comprendre, une charge de houille de 70 kilogrammes, placée dans une cornue servant à la fahrication du gaz de houille, demande cinq heures avant de donner tout son gaz et rend 20 mètres cubes de gaz d’éclairage ordinaire, tandis qu’en employant le pétrole, une cornue horizontale produit dans une heure 16““', 550 qui équivalent au moins à 50 mètres cubes de l’autre gaz. La fabrication au moyen du pétrole rendra donc en cinq heures 83 mètres cubes de gaz équivalant à 250 mètres de gaz ordinaire; il n’y aurait eu dans le même temps que 20 mètres extraits du charbon, ce qui montre en faveur du pétrole, pour la rapidité de la production, un avantage dans le rapport de plus de 12 à 1.

11 faut remarquer que i;e ne sont pas là les seuls avantages tirés de cette fabrication. Elle donne comme résultats accessoires, une foule de produits des plus utiles connus sous les noms d’huiles légères et d'essences de pétrole, que l’on peut transformer en benzine ; d'huiles lourdes bonnes pour le graissage ; de paraffine ; de goudron, etc.

Le pétrole peut aussi être employé pour le chauffage et par conséquent pour la mise en mouvement des machines à vapeur. Nous ne pouvons entrer à ce sujet dans des détails, mais nous rappellerons que déjà beaucoup de machines motrices, surtout à bord des navires, sont alimentées de pétrole. On sait qu’Henri Sainte-Claire Deville a fait sur ce sujet des études très intéressantes.

Nous devons mentionner, parmi les propriétés industrielles du pétrole, son emploi pour la conservation du bois. 11 résulte d’expériences faites à cet égard, que les traverses injectées d’huile minérale brute se conservent intactes pendant plusieurs années.

Enfin on a constaté certaines propriétés médicales dans le pétrole ; on a essayé d’en faire un agent anesthésique ; c’est un désinfectant puissant. On fabrique avec lui la vaseline, maintenant si employée. Les chimistes se servent d’huile de naphte pour conserver le potassium et d’autres métaux très oxydables.

Comme le rappellent MM. Soulié etHardouin S les peuples anciens faisaient usage de la substance qui nous occupe. On prétend que le pétrole fourni par l’île de Is, près de l’Euphrate, servit, en raison de sa consistance visqueuse, à remplacer le mortier dans la construction des murs de Babylonc.

Les Egyptiens se servaient également, dit-on, de l’huile minérale naturelle pour embaumer leurs morts, et l’on a retrouvé des traces de sa présence dans les linges qui enveloppaient certaines de leurs momies ; cette pratique paraît, du reste, en

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