I II III IV V
Densité . 1.281 1.279 1.338 1.355 1.260
Coke . 57.50 61.02 » 60.90 00.55
Humidité . 5.20 2.95 H. 55 0.54 1.32
Cnrbone . 72.98 77.04 62.15 69.28 78.63
Hydrogène . 5.50 5.99 3.56 5.52 5.82
Oxygène et azote. . . 13.84 11.01 16.39 4.89 8.72
Soufre . 0.35 0 54 2.11 3.49 0.66
Cendres . 2.55 2.79 1.64 16.28 4.85
Totaux . 100.00 100. Oo' 100.00 100.00 100.00
I. Noir, à poussière noirâtre, donnant un coke tendre et friable ; d’IIorumui (Yesso).
II. Noir, dur, solide, brillant; brûle facilement, donne un coke solide et éclatant, de même volume que le charbon; de Sorachi (Yesso).
III. Noir, tendre, à structure montrant encore les fibres du bois ; brûle facilement, en donnant une courte flamme ; de Kadsimo, côte nord-est de Nippon.
IV. Noir, à poussière brun foncé; brûlant avec quelque difficulté ; donne un coke dur, brillant, solide et poreux, qui gonfle à peu près de 40 pour 100; de Müke, au sud de Nippon.
V. Noir, brillant, dur, ressemblant au précédent; de Takeshima, province de Hizeii.
Ces charbons du Japon diffèrent beaucoup, par leurs compositions chimiques et par leurs autres propriétés, des lignites ainsi que des charbons ayant le même âge ;
1. hullelin de la Société géologique de France, 5“ série, t. Il, p. 408.
2. Description of fossil plants from the Chinese coal-bearing rocks (appendice n” 1 aux Geological researches in China, Mongolia and Japan de 51. Puiiipelly (Philadelphie, 1866).
3. Ppiamliche versteinerungen dans le China de M. de Richtofen.
Geological Stirveij of llokkaido.
130 ENCYCLOPÉDIE CIIIMIO.DE.
ils donnent du coke et peuvent quelquefois servir à la fabrication du gaz ; ce sont de véritables chai'bons bitumineux qui se rapprochent des meilleures houilles carbonifères. Aussi sont-ils exploités dès à présent pour la navigation à vapeur et pour différents usages industriels,
Élats-Vnis. — Les marais voisins du cap May sont remplis d’une vase noire où sont enfouis, à des profondeurs de 1 à 5 mètres, des troncs immenses de cèdres. Ces troncs, entassés les uns sur les autres, proviennent de forêts qui existaient autrefois sur cet emplacement. Aujourd’hui encore, on voit croître au bord de ces marais des arbres semblables à ceux qu’on trouve embourbés dans la vase.
La conservation sous l’eau de ces énormes troncs est due aux matières goudronneuses antiseptiques dont est chargée l’eau de ces marais.
Les vieux troncs de cèdres noyés dans la vase constituent des richesses pour les Américains.
Le terrain crétacé supérieur des montagnes rocheuses renferme d’épaisses couches de lignite.
Colombie. — - Dans l’Amérique du Sud on peut citer le gisement liouiller de Santa-Fé de Bogota, dans la Nouvelle-Grenade; les fossiles qu’on y trouve démontrent qu’il appartient à la formation crétacée. D’un autre côté, M. David Forbes a constaté la présence du terrain carbonifère près du lac de Titicaca, à une altitude de 3780 mètres au-dessus du niveau de la mer.
Brésil. — On a annoncé des découvertes importantes de véritables houilles dans l’empire du Brésil.
Chili. — L’opinion généralement admise est que le terrain houiller fait défaut dans les régions tropicales. On a bien trouvé çà et là quelques lignites, mais leur présence ne prouve qu’une chose, c’est qu’ils sont, dans ces latitudes, contemporains de formations récentes, tandis que l’existence du vrai terrain carbonifère n’a encore été constatée nulle part sous l'équateur. Ces lignites sont d’une grande valeur pour la navigation lorsqu’on peut les exploiter dans des régions accessibles aux bâtiments à vapeur, comme à Labuan, à Bornéo ‘ et même sur les rives du Zambèze africain.
Depuis l’année 1825, on connaissait d’importants dépôts de charbons dans les provinces du sud du Chili, Conception et Arauco^. Examinées en 1835 par le superintendant de la Compagnie des vapeurs du Pacifique, ces couches furent en 1841 l’objet d’une étude plus complète. Toutefois, ce ne fut qu’en 1853 que se forma, à 12 kilomètres environ au sud de Conception, au pied d’un promontoire appelé Pointe de Puchoco, au fond de la baie de Goronel, la petite» ville de Coronel, qui devait prendre bientôt, grâce à la richesse des gisements reconnus et à la bonne qualité du combustible, un développement considérable. Deux ans plus tard, en 1855, dom Mathias Cousine établissait une exploitation à Lola, à
1, Voyez le Quarlerhj Journal of Geological Society, vol. IV, p. 96. et vol. IX, p. 54. 3. Douvart. La Nature, 5” année, 1877, 2' semestre, p. 175.
M kilomètres au sud de Coroiiel. Peu après, de hardis pionniers shavançant davantage encore sur un territoire à peine conquis par les Araueans, commençaient des travaux de recherches, bientôt couronnés de succès, à Lehu (fig. 33), à l’cmbouchure de la rivière du même nom, distante de 13 lieues de Lota.
Fig. 33. — Coupe de terrain lignîlifère de Lebu (Chili), d’après M. A. Bouvard.
I. Lit d’argile compacte. — 2. Grès gris tendre de 4 à 5 mètres. — 3. Argile compacte. — 4. Grès blanc demi-dur. — 5. Couche de lignite avec doux lits de pyrite, 0“,60 à I“,Î0. — 6. Argile. — 6 bis. Argile schisteuse, 0™,80 à 1 mètre. — 7. Grès bleu.àtre à grains lins, bigarre, 5 à 7 mètres. — 8. Argile schisteuse. — 9. Charbon impur, 0“,10. — 10. Argile plastique. — 11. Argile schisteuse, O^jTO. — 12. Lignite avec toit de pyrite, 0“,10 à 0“,20. — 13. Argile schisteuse avec feuillets de charbon, 1 mètre. — 14. Lignite, 1“,20 à 5 mètres. — 15. Argile, 0'”,50. — 10. Grès.
Ces établissements ne cessèrent dès lors de prospérer, et bientôt ce n’était plus seulement sur le littoral araucanien, mais à l’extrémité sud de la Patagonie, à l’unta-.4renas, dans le détroit de Magellan, où depuis longtemps déjà on avait trouvé des fragments de lignites roulés par les rivières, que des recherches sérieuses étaient entreprises.
Lorsqu’ en 1873 il se produisit sur les houilles anglaises une hausse si considé- Table, les travaux prirent un nouvel essor ; les anciennes exploitations se développèrent, de nouvelles purent se grouper dans les environs ou former un nouveau éentréj comme à Corampangen, dans la baie d’Aranco. On reconnaissait encore, mais sans y établir d’exploitation, des gisements importants dans l’île de Chiloé, à Pargas; dans le departement de Valdivia, à Augachilla, à Gentinela, à Quinchilea, è Pideï, et dans celui de la Umarii, près de Gatamutun, à 20 kilomètres au nordouest de la capitale du département; Enfin, lès recherches s’étendant de jour en jour, on a reconnu l’existence de gisements de charbon dans les environs mêmes dé Yalparaiso et jusque dans la province d’Atacama, près de Puquios. Il y a donc toüt
lieu de croire que partout où les granits de la Cordillère do la côte disparaissent pour faire place au terrain tertiaire, les recherches ultérieures mettront à jour de nouveaux gisements du précieux combustible.
Les couclies de charbon, actuellement exploitées au Chili, c’est-à-dirc celles qui ont été reconnues sur la côte du Pacifique, depuis Topocatina jusqu’à Magellan, appartiennent toutes en effet à l’espece lignite et datent de la période tertiaire.
Les autres de moindre importance, au point de vue industriel, qu’on a rencontrées plus à l’intérieur, sont des lignites des terrains secondaires des Andes, et dont les couches assez irrégulières sont subordonnées à des porphyres métamorphiques. Cette espèce, très répandue, mais jamais en grandes proportions dans la Cordillère de Raucagua, est toujours fibreuse et a l’apparence du bois. Elle n’est jusqu’à présent l’objet d’aucune exploitalion.
Les lignites tertiaires se rencontrent en gisements de puissance très variable au milieu de couches de grès, de schiste et d’argile parfaitement déterminées.
Les lignites se présentent en couches généralement régulières, peu inclinées et souvent divisées en bancs par des lils de pyrite noire, à aspect métallique, parallèles à la stratification. Ce lignite est de couleur noire très compacte, à cassure conchoïdale, d’aspect résineux. Mêlé aux houilles maigres d’Angleterre, il donne des résultats excellents, soit pour le chauffage des machines, soit pour les fonderies de cuivre et de plomb.
Les chiffres suivants, empruntés au Traité des Essais, du savant doyen de l’Université du Chili, M. Ignacio Domeyko, feront connaître avec exactitude la com¬
position de quelques-uns de ces lignites.
Essai d’un lignite de Coronel :
Hydrogène . 6,44
Azote, oxygène, soiilic, c:,- . 16,93
Cendres . 6,92
A la distillation on a obtenu ;
Eau et huiles volatiles . 18,26
Huiles lourdes, goudron . 19,88
Gaz . 12,52
Coke . 49,34
Lignite de Colchagua :
Eau . 21,5
Huiles . 34,6
Coke . 42,8
Cendres . 1,1
Avec un pouvoir calorifique de 5704 calories.
COMDüSTIBLES MISÉRACX 153
Lignites de Magellan :
Goudi'o.'i . . 7,5 à 15,0
Gaz . 27,0 à 19,0
Coke . 45,0
Cendres . 5,1 à 7,4
Le coke obtenu dans ces diverses distillations a toujours été léger, friable, avec des nuances changeantes bleues et violacées.
En 1870, M. Fuclis a étudié le bassin de combustibles de la Tcrnera dans le désert d’Atacama, près de l’ancienne frontière commune du Chili et de la Bolivie. Il consiste en grès feldspatliiques et en schistes à empreintes végétales avec couches de charbon, le tout plié et redressé et surmonté, en stratification discordante, par les puissantes assises toujours inclinées d’une grande formation de grès et d’argilolithes aux couleurs vives avec intercalation et imprégnation de sel et de minerais cuivreux.
Les empreintes renfermées dans les schistes ont été étudiées par MM. Schimper et Zeiller *, qui n’y ont reconnu que des espèces rhétiennes.
Le lignite de Lota, décrit par MM. Mallard et Fuehs® a été exploré par M. Louis Agassiz®, qui le considère comme incontestablement crétacé. Il est en effet recouvert par des couches contenant des baculites. Il est possible du reste qu’il y ait sur la même côte du Chili des lignites les uns crétacés et les autres tertiaires.
Nouvelle-Zélande. — La Nouvelle-Zélande possède des lignites d’excellente qualité.