‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. Complément 1ère partieChapitre 68 sur 184 · V. GISEMENT DE LA HOUILLE · texte numérisé non relu

V. GISEMENT DE LA HOUILLE

Le terrain houiller ne forme à la surface des assises préexistantes, de transition, schisteuses ou granitiques, que des bassins isolés ou sporadiques.

Les premiers bassins houillers importants qui se présentent dans l’ancien monde, lorsqu’on se dirige de l’équateur vers les pôles, sont ceux de l’Andalousie, qui offrent d’ailleurs peu d’importance. On peut donc placer la limite méridionale de la zone des gisements de houille vers le 37® degré de latitude. A mesure que l’on se dirige vers le nord, les bassins houillers se montrent de plus en plus nombreux et étendus ; ils atteignent leur maximum d’extension entre le 49® et le 54® degré de latitude. On n’en rencontre plus en Europe au delà du 56® degré de latitude. L’Amérique septentrionale est la région la plus riche en gisements de houille ; la zone où ces gisements existent est comprise entre le 32® et le 50® degré de latitude; on voit qu’elle offre à peu près la même largeur qu’en Europe, mais elle est plus rapprochée de l’équateur de 8 degrés environ. Il est remarquable que cette zone subisse en Amérique une inflexion semblable à celle que les lignes isothermes y présentent de nos jours. L’Amérique méridionale ne possède pas de gisements houillers; les combustibles qu’on y rencontre sont des lignites d’une époque relativement moderne. L’Australie, la Nouvelle-Zélande et la Chine possèdent de riches gisements.

La zone qui a été exclusivement le siège de la formation de la houille occupe à peu près le cinquième de la surface totale du globe; mais la houille n’a pu se constituer sur toute l’étendue de cette zone, qui devait être en partie recouverte par les eaux de la mer. En supposant que les deux tiers de celte zone fussent émergés, il en résulte que l’espace où la houille a pu se produire égalait à peine les 2/15 de la surface du globe. Mais cet espace n’a pas été en totalité envahi par la houille. Le terrain houiller occupe 1/10 du territoire de l’Angleterre, 1/12 de celui de la Belgique et 1/100 de celui de la France. Son extension est encore plus faible en Espagne, et nulle dans quelques pays qui, tels que l’Italie, se trouvent pourtant dans la zone des houillères. Prenons, pour représenter l’étendue moyenne des bassins houillers dans cette zone, le nombre qui correspond à la France, en d’autres termes, supposons que la houille occupe un centième de la zone où sa formation était possible, nous arriverons à cette conclusion que la houille recouvre les 2/1500 de la superficie de notre planète. Si l’on admet ensuite que, dans chaque bassin houiller, l’épaisseur moyenne du combustible est de 40 mètres, il en résulte que toute la houille appartenant à notre planète formerait, si elle était uniformément répartie sa surface, une couche de 0“,05.

« Cette évaluation, dit M. Vezian, qui a fait ces calcnls- est un maximum, puisque dans toutes les données qui ont servi de base à nos calculs nous avons employé les appréciations les plus fortes. »

Page 1