‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. Complément 2ème partieChapitre 37 sur 114 · DISTRICT DE SAJIBALDÜR · texte numérisé non relu

DISTRICT DE SAJIBALDÜR

Ce district, qu’il faut peut-être identifier avec le district du fleuve Adamas, dont parle Pline, et qui ne serait autre que le Mahanadi, a été connu pour la première fois à la fin du siècle dernier par la relation du voyage qu’y fit Motte en 1766. L’objet de ce voyage était d’établir un commerce régulier de diamants avec Sambalpur, lord Clive désirant les employer comme moyen commode d'envoyer de l’argent en Angleterre. Son attention s’était portée sur Sambalpur parce que le Rajah lui avait, quelques mois auparavant, envoyé un messager porteur d’un diamant brut de 16 carats 1/2, à titre d’échantillon, en l’invitant à envoyer une personne sûre pour faire des achats réguliers.

En dépit de sa vie plusieurs fois mise en danger par les attaques des indigènes, de la perte de quelques-uns de ses compagnons par la fièvre et d’autres désagréments. Motte put rassembler d’intéressants renseignements sur la contrée. 11 dit notamment que les diamants étaient recherchés après les pluies dans nne terre rouge qui était entraînée des montagnes voisines dans la rivière Ebe et qui ressemblait à de la poussière de brique grossièrement pilée : on n’allait pas chercher cette terre dans les montagnes elles-mêmes, par crainte des Mahrattes.

Le docteur Voysey, qui visita les lavages de Sambalpur en 1825, dit que les diamants ne se trouvaient qu’au-dessous du confluent de l’Ebe avec le Mahânadi, bien que, suivant d’autres voyageurs, la limite remonte beaucoup plus haut.

Les renseignements les plus détaillés sur ces mines viennent de P. Breton, médecin au service de la compagnie des Indes orientales, qui dit que les diamants ne se rencontraient que sur la rive gauche de la rivière et dans les torrents tributaires de Raigarh, Jashpur et Gangpur, situés sur cette rive jusqu’au Mand. 11 donne une liste des principaux diamants trouvés de 1804 à 1818 ; le plus gros, trouvé en 1809 et pesant 672 grains (210,6 carats), était de la troisième classe CVaisya). 11 fut trouvé à un endroit nommé Hirakhnnd, dans le lit du Mahanadi ; on ne sait pas ce que cette pierre est devenue ; depuis cette époque, bien d’autres voyageurs ont visité et décrit ces mines ; voici le résumé de leurs observations :

La structure géologique de la contrée ne laisse guère de doute en ce qui concerne la source d’où les diamants sont dérivés, et montre clairement que leur gîte est en relation étroite avec les séries .inférieures de la formation Wyndhienne, dont certaines assises sont encore en place tandis que d’autres ont probablement disparu.

On croyait autrefois que les diamants étaient apportés dans le Mahanadi par lEbe, son tributaire; or il paraît qu’on n’en aurait jamais trouvé dans cette rivière, bien qu’on y fasse régulièrement des lavages d’or, tandis qu’au concontraire des diamants ont été certainement trouvés dans le lit du Mahanadi,

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en remontant vers l’ouest jusqu'à Clianderpur, ainsi qu’en d’autres endroits intermédiaires, sur toute l’étendue de pays exclusivement occupée par les quartzites, grès, schistes et calcaires de la série Wyndhienne.

11 est impossible de dire aujourd’hui quel peut être le gîte primitif du diamant, car il n’y a ni souvenir ni apparence que ce gîte primitif ait jamais été travaillé. Mais d’après la ressemblance générale lithologique des grès et des schistes des collines de Barapahar avec les couches diamantifères et leurs associées dans d’autres parties de l’Inde, il ne semble pas improbable que ce soit eux qui précisément le constituent.

C’est sur des roches de cet âge que le Mahanadi coule au-dessus de Padampur, et ceux qui voudraient désormais entreprendre la recherche des diamants dans le district devraient commencer leurs opérations par les ruisseaux et petites rivières qui prennent leur source dans les collines de Barapahar et se jettent, vers le sud, dans le Mahanadi.

D’après les renseignements personnels que M. Bail a recueillis de la bouche même des plus vieux des Jhiras, ou laveurs du village de Jhunan, voici le détail des opérations telles qu’elles étaient pratiquées du temps du Bajah.

Au centre du Mahanadi, près de Jhunan, se trouve une île appelée Ilira Khund (c’est-à-dire mine de diamants), qui a environ 4 milles de long, et qui sur cette longueur sépare les eaux de la rivière en deux canaux. Chaque année, vers le commencement de mars ou môme plus tard, quand les travaux de la campagne sont finis et que le niveau des eaux est presque à l’étiage, un grand nombre d’individus, pouvant s’élever à cinq mille, au dire des gens du pays, faisaient un barrage à l’entrée du canal nord et rejetaient ainsi les eaux dans le canal sud. Dans les creux du premier il y avait assez d’eau pour permettre de laver le gravier accumulé entre les rochers, ce qu’ils faisaient dans des auges ou des cradles en bois grossièrement travaillé. Ce sont les femmes qui étaient chargées de presque toute cette besogne, les hommes se bornant à recueillir le gravier. Le procédé de lavage et les outils étaient semblables à ceux qui sont communément employés dans le lavage de l’or, sauf que le gravier fin n’était rejeté qu’après avoir été soigneusement examiné pour la recherebe du diamant. L’or trouvé était la propriété du laveur; ceux qui étaient assez heureux pour trouver une pierre de valeur étaient richement récompensés.

Suivant les traditions locales, le canal sud du Mahanadi n’était pas habituellement vidé du temps du Bajah ; il est probable cependant qu’il l’apporterait proportionnellement un plus grand nombre de diamants que celui du nord. En premier lieu, le courant y est plus fort et serait par suite plus efficace pour enlever les substances de densité moindre que le diamant, puis les rochers et les cavités qui s’y trouvent doivent retenir bien mieux ces derniers; mais le grand volume d’eau qu’il contient le rend plus difficile à détourner que l’autre.

En outre des diamants, on trouve souvent dans le Mahanadi des béryls, des topazes, des grenats, des améthystes et des cornalines, mais jamais de rubis m de saphirs.

Dans la contrée au sud de Sambalpur, à Karial et à Nowagarh, où se trouvent des terrains du même âge que les collines de Barapahar, il n’y a aucune

LE DIAMAST.

tradition constatant que des diamants y aient jamais été trouvés ou recherchés. Il est cependant possible que les noms de quelques villages, dans lesquels se trouve le mot Ilira (diamant), puissent se rapporter à quelque fait de ce genre, oublié maintenant depuis longtemps.

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