‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 11e cahierChapitre 135 sur 233 · RÉACTIONS DE L’ÉTAIN PRODUITES PAR VOIE SÈCHE · texte numérisé non relu

RÉACTIONS DE L’ÉTAIN PRODUITES PAR VOIE SÈCHE

Tous les composés de l’étain chauffés au chalumeau, sur le charbon, avec du carbonate de soude et du borax, dans la flamme réductrice, donnent un grain d’étain métallique, sans que le charbon se recouvre d’aucun enduit. Il est bon d’ajouter un peu de cyanure de potassium au mélange, pour faciliter la réduction. Le grain d’étain est blanc, et se laisse facilement aplatir sous le marteau sans se briser.

Avec le borax et le sel de phosphore on obtient, au feu oxydant comme au feu réducteur, des perles claires, incolores et transparentes.

Les composés d’étain chauffés sur le charbon à la flamme oxydante, donnent un enduit blanc de bioxyde, tout près de l’essai, et absolument fixe.

Le bioxyde d’étain se colore en bleu verdâtre quand on le chauffe avec du nitrate de cobalt.

DOSAGE DE L’ÉTALN

On dose ordinairement l’étain sous la forme d’acide stannique, matière fixe, indécomposable par la chaleur, et insoluble dans les acides quand elle a été calcinée,

Alliage». — S’il s’agit de doser l’étain dans un alliage, le mieux à faire est d’opérer la dissolution de cet alliage dans l’acide nitrique, comme il a été dit à propos de l’analyse des bronzes et des laitons (§ 12) ; on évapore à sec et on reprend par de l’acide azotique étendu, qui laisse l’acide stannique; il ne reste plus alors qu’à calciner et à peser ce dernier.

Mais on ne peut opérer ainsi lorsque l’alliage contient de l’or, du platine ou de l’antimoine; car les deux premiers ne sont pas dissous par les acides, et l’antimoine donne un oxyde qui reste mélangé au bioxyde d’étain.

UuMage de l’étain dan» un componé attaquable par le» ncitle». — D’une

manière générale, le composé qui renferme de l’étain est attaqué soit par l’acide chlorhydrique avec addition de chlorate de potasse, soit par l’eau régale, de manière à le dissoudre, et la liqueur étendue d’eau pour qu’elle ne soit pas très acide, est traitée par un courant d’hydrogène sulfuré qui précipite l’élain, et avec lui les métaux dont les sulfures sont insolubles dans les acides étendus. Quand la précipitation est complète, ce dont on s’aperçoit à la façon dont les sulfures se déposent, on les sépare de la liqueur

mère et on les lave avec grand soin, puis le précipité séché est mélangé avec un excès d’azotate et de carbonate de potasse qui le décompose au rouge, transformant le soufre des sulfures en sulfate, pendant que l’étain devient, du moins en partie, stannate alcalin. La matière refroidie est traitée par de l’eau chaude avec laquelle on la laisse en digestion jusqu’à ce qu’elle soit complètement dissoute ou désagrégée, enfin on évapore à sec en présence d’acide nitrique en excès ; le résidu sec est repris par un mélange d’eau et d’acide nitrique qui laisse l’étain à l’état de bioxyde insoluble qu’on n’a plus qu’à peser. S’il est mélangé d’oxyde d’antimoine, on effectue la séparation à l’aide de l’hydrate de soude comme il sera dit plus loin.

Si la liqueur renfermant de l’étain ne contient pas d’autre métal, il suffit de précipiter l’étain sous la forme de sulfure, puis de griller celui-ci dans un creuset de porcelaine afin de le transformer en bioxyde d’étain.

DoNngc de l'étain dans «ne madère inattaquable par leu acidea. —

Si la matière à analyser est inattaquable par les acides, comme par exemple l’oxyde d’étain naturel, on la fond dans un creuset d’argent avec un grand excès de soude ou de potasse, après l’avoir réduite en poudre impalpable. Quand l’attaque est terminée, on reprend le contenu du creuset par l’eau, on filtre la liqueur pour séparer les oxydes demeurés insolubles, et l’on a une dissolution de stannate de potasse que l’on évapore à sec en présence d’acide azotique en excès ; la masse reprise par un mélange d’eau et d’acide nitrique laisse de l’oxyde d’étain que l'on pèse, mais dont il faut séparer l’oxyde d’antimoine si la matière soumise à l’analyse en renfermait.

Séparation de l'étain d’avec l'antimoine. — Si un alliage ne contient ni or ni platine, on peut séparer l’un de l’autre l’oxyde d’étain et celui d’antimoine par divers procédés, dont voici les meilleurs :

f° On introduit le mélange des deux oxydes avec un grand excès d’hydrate de soude pur dans un creuset d’argent, et l’on maintient quelque temps la masse en fusion afin de bien assurer la dissolution des oxydes; on laisse refroidir le creuset et on l’introduit dans un verre avec de l’eau distillée, de manière à en détacher la matière qu’on laisse digérer quelque temps dans l’eau froide. Le stannate de soude se dissout entièrement, l’antimoniate de soude peu soluble, reste en partie inattaqué; on le sépare totalement en ajoutant à la liqueur le tiers de son volume d'alcool concentré, et laissant déposer quelques heures; tout l’antimoniate de soude se sépare. On décante la solution claire, on lave l’antimoniate avec de l’eau mélée du tiers de son volume d’alcool, puis on réunit ensemble toutes les liqueurs qui contiennent du stannate de soude ; on les évapore au bain-marie pour chasser l’alcool, enfin on ajoute un excès d’acide nitrique et l’on amène doucement à sec. La masse reprise par de l’eau aiguisée d’acide nitrique laisse du bioxyde d’étain pur.

2° On dissout l’alliage dans de l’acide chlorhydrique, auquel on ajoute peu à peu du chlorate de potasse; puis, quand la dissolution est complète, on plonge dans la liqueur un barreau de zinc qui précipite l’étain et l’antimoine sous la forme d’une matière spongieuse d’un gris terne qu’on lave avec soin; on

fait alors bouillir ces métaux précipités avec de l’acide chlorhydrique, qui dissout seulement l’étain, laissant l’antimoine inaltéré.

La liqueur acide contenant l’étain est traitée par un courant d’hydrogène sulfuré de manière à l’en saturer, après qu’on l’a étendue préalablement avec de l’eau si elle est très acide; quand la précipitation est complète, le sulfure se dépose sans difficulté. Ou verse alors le tout sur un filtre; on lave bien le sulfure d’étain, puis on le sèche sur le filtre, qu’on introduit ensuite dans un petit creuset de porcelaine muni de son couvercle. On chauffe, doucement d’abord, pour que le soufre s’élimine à la plus basse température possible, ce qui évite de très légères perles par voie de volatilisation, puis en écartant légèrement le couvercle, on détermine dans le creuset la formation d’un courant d’air qui termine le grillage, tout le sulfure d’étain est ainsi transformé en bioxyde qu’il ne reste plus qu’à peser.

3° Quand on a dissous l’alliage comme on l’a dit précédemment, au lieu d’ajouter du zinc à la liqueur chlorhydrique, on peut la faire bouillir avec du fer qui précipite totalement l’antimoine, tandis que l’étain reste tout entier dans la dissolution ; il ne reste plus qu’à précipiter ce métal à l’état de sulfure, que l’on transforme en bioxyde par un grillage dans un creuset de porcelaine.

Cette méthode ne donne de bons résultats que lorsque l’étain est en excès. Si l’antimoine domine dans l’alliage, il faut tout d’abord ajouter à celui-ci un poids connu d’étain pur, et l’on continue comme il vient d’être indiqué.

Uoxngc volumétrique de l’étnln. — Enfin MM. Pellet et Allart ont proposé de doser l’étain dans ses dissolutions de protoxyde, à l’aide de liqueurs titrées de chlorure de cuivre, ou de perchlorure de fer. Si, par exemple, on verse une solution titrée de ce dernier chlorure dans une liqueur bouillante de prolochlorure d’étain, le sesquichlorure de fer est réduit, et devient protochlorure :

Fe s Cl 3 + SnCl = SnCl» + 2 FeCI -f 10,4 calories.

11 suffit d’ajouter peu à peu le sel de fer, jusqu’à ce qu’on voie apparaître unei légère coloration brune persistante. Celle-ci se manifeste dès que le perchlorurel de fer est en excès, et la quantité de ce corps qui a été introduite, fait connaître' la proportion de protochlorure d’étain que la liqueur primitive renfermait.

Adet. — Sur le muriate d’étain fumant, ou liqueur de Libavius. Ann. de chimie [I], I, 10, Alvaro-Reynoso. — Emploi de l’étain dans l’analyse des phosphates. Ann. de ch. et de pli |3], XXXIV, 321.

Athenas. — Découverte d’une mine d’étain dans la commune de Piriac (Loire-Inférieure). Ann. de ch. |l|, LXXXVIII, 162.

Bai.akd. — Mémoire sur une substance particulière (brome) contenue dans l'eau de la mer. Ann. de ch. et de ph. |2|, XXXII, 259, 337.

Barfoeld. — Sur les modifications isomériques du bioxyde d’étain. Journal fùr prakt. Chem.

CI, 369. — Bulletin delà Soc. chim. de Paris, VIII, 406 (1867).

E. Baudrimont — Sur les combinaisons du perchlorure de phosphore avec d’autres chlorures. Répert. de chimie pure et appliquée, 1862.

— Recherches sur les chlorures et bromures de phosphore. Ann. de cli. et de ph. [4] II, 16.

Bader et Klein. — Combinaisons du bichlorure d’étain avec les alcools. Ann. der Chem, und Phar., CXLVII, 249.

Bêche (de la). — Préparation des minerais d’étain. Report on the Geologij of Cornwall, 575 (1839).

Béchamp et Saintpierre. — Sur la séparation par voie humide de l’or et du platine d’avec l’étain et l’antimoine. Comptes rendus, LU, 757.

Beck (Van). — Remarques sur la prétendue propriété de l’étain, de préserver le fer de l'oxydation dans l’eau de la mer. Ann. de. ch. et de ph. [2], LXIV, 225.

Beilstein. — Réduction des corps nitrés par l’étain et l’acide chlorhydrique. Ann. der Chem.

und Pharm., CXXXI, 242 (1864). — Bull, de la Soc. chimiq., III, 137.

Bérard. — Sur le procédé de Chaptal pour fabriquer le muriate d’étain. Ann. de ch. [1| , LXVIII, 79.

Bertrelot. — Recherches sur le chlore et ses composés. Bulletin de la Soc. chimiq., XIX, 111.

— Chaleur de formation des composés de l’étain. Ann. de ch. et de phar. |5], XV, 260. Berthier. — Action de la litharge sur les sulfures métalliques. Ann. de ch. et de ph. |2|

Page 1