‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 11e cahierChapitre 139 sur 233 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

L’antimoine métallique a été décrit sous le nom de régule d'antimoine (1) pa Basile Valentin vers la fin du quinzième siècle, comme un corps déjà connu : cependant, au seizième siècle, on le confondait encore, comme le faisait Libavius, avec le bismuth.

Basile Valentin semble avoir connu la composition de l’antimoine naturel (sulfure d’antimoine), car il dit que cet antimoine renferme beaucoup de soufre, et qu’il est susceptible de changer de couleur. Il connaissait les différentes chaux d’antimoine (oxydes) obtenues soit par simple calcination, soit par déflagration du métal avec le nitre ou le mélange de nitre ou de tartre, le verre d’antimoine obtenu par la fusion de l’antimoine naturel dans des vases de terre, le soufre doré, le kermès, le beurre d’antimoine, qu’il préparait en traitant directement le métal par l’esprit de sel.

Dans le Char triomphal de l’antimoine, on trouve l’indication du vin stibié, et des traces de la préparation de l’émétique.

Quelques-unes des combinaisons de l'antimoine semblent cependant avoir été connues et employées depuis les temps les plus reculés : ainsi la stibine sert encore maintenant comme autrefois aux femmes d’Orient à noircir et à agrandir leurs sourcils. Dioscorides appelait la stibine ctqqM en mentionnant qu’elle s’appelait aussi (icXaxu«kp9aXpov qui agrandit les yeux) et yuvaixeTov ( utile aux femmes). Pline la nomme stibium.

(1) L’origine du mot antimoine vient, dit-on, d’une circonstance assez singulière. Basile Valentin, qui le premier sut extraire le métal de son sulfure, le proclama, sous le nom de Lion oriental, comme un remède à tous les maux ; ayant vu des porcs acquérir un embonpoint extraordinaire pour avoir mangé le résidu d’une de ses opérations sur L’antimoine, il s’imagina que ce métal pourrait rétablir la santé des moines de son monastère, exténués par les jeûnes et les mortifications. L’administration de ce nouveau remède fut fatale aux religieux, qui périrent en grand nombre ; de là le nom A'antimoine.

Dans tous les cas, l’opinion que le sulfure d’antimoine introduit â petites doses dans la nourriture des porcs à l’engrais excite l’appétit et exerce des effets favorables à la digestion, a toujours cours, et elle semble confirmée par les expériences de l’éleveur anglais Viborg.

D’après Littré, le nom de ce métal vient de l’arabe athmoud antimoine, dont la forme propre est ithmid et à son tour ithmid parait une corruption du grec crrfpiju.

Dans la traduction latine des œuvres de Geber elle s’appelle antimonium et jusqu’au temps de Lavoisier ces deux noms n’ont pas d’autre signification.

Peu de corps ont été étudiés par les alchimistes avec autant de persévérance que l’antimoine ; peu de substances ont donné lieu à autant d’applications dans la médecine.

L’emploi de l’antimoine avait même donné lieu à tant d’abus qu’en 1566, sur une décision de la Faculté de Paris, le Parlement en proscrivit l’usage ; ce ne fut qu’un siècle plus tard qu’un nouvel arrêté mit fin à cette interdiction.

État naturel. — Le minerai d’antimoine le plus abondant est le sulfure ou stibine SbS 3 . Ce minerai est exploité en Angleterre, en Saxe, en Suède, au Harz, au Mexique, en Sibérie, à Bornéo, dans le Puy-de-Dôme, l’Ariège, le Gard et la Vendée.

Dans la province de Constantine, en Algérie, on a rencontré l’oxyde d’antimoine prismatique en proportions suffisantes pour permettre l’extraction du mêlai.

L’antimoine se rencontre à l’état natif; on en trouve des traces dans les eaux minérales ferrugineuses (Will), dans la houille et le sable des rivières (Campbell).

Il se trouve aussi dans un certain nombre de minéraux dont voici les plus importants :

Allemontite.

Exitèle.

Polyb’asite.

Ammioliie.

Famatinite.

Psaturose.

Aréquipite.

Freieslébenite.

Pyrargyrite.

Arsenstibite.

Freibergite.

Rivotite.

Atopite.

Guejarite.

Roméine.

Barcénite.

Jamesonite.

Sarawakite.

Berlhiérite.

Kermésite.

Schnéebergite.

Bleinière.

Kobellite.

Schwalzite.

Boulangérite.

Livingstonite.

Sénarmontite.

Bournonite.

Ménéghinite.

Stibine.

Breithauptite.

Miargyrite.

Stibioferrite.

Cervantite.

Moffrasite.

Stiblite.

Chanareillite.

Monimolite.

Taznite.

Coronguite.

Nadorite.

Thrombolite.

Cumengite.

Panabase.

Ulmannite.

Dyscrase.

Plagionite.

Wolfsbergite.

DürfeJdtite.

Plumhostannite.

| Zinckénite.

ALLEMONTITE (SbAs 3 )

Arséniure d’antimoine appartenant au système rhomboédrique, dont la couleur est d’un blanc d’étain, parfois d’un gris noirâtre. Il se présente ordinairement en masses testacées, grenues et compactes qui contiennent à Allemont 62,15 pour 100 d’arsenic.

L’allemontite chauffée dans un tube fermé donne un sublimé d’arsenic en laissant un résidu métallique fusible. Sur le charbon, il se forme un enduit

ANTIMOINE

blanc, avec forte odeur d’ail. Sa densité varie entre 6,13 et 6,20. Sa dureté est égale à 3,5.

AMMIOLITE

Poudre rouge venant du Chili et renfermant d’après Rivot :

Antimoine. 36,5

Mercure. 22,2

Tellure. U,8

Cuivre. 12,2

Quartz. 2,5

ARÉQDIPITE

Silicoantimoniate de plomb.

ARSENSTIBITE

Arséniate hydraté d’antimoine.

ATOPITE

Antimoniale complexe renfermant du sodium, du calcium et du fer.

BARCÉNITE

Antimoniate de mercure.

BERTHIÉRITE (FeS,SbS 3 )

Sulfure double d’antimoine et de fer contenant de 9 à 16 pour 100 de fer. Il se trouve sous forme de masses bacillaires fibreuses, quelquefois en prismes allongés présentant des traces d’un clivage longitudinal. Sa densité est comprise entre 4 et 4,3. Sa dureté est égale à 3,5. Sur le charbon, après volatilisation de l’antimoine à l’état d’oxyde, il reste un globule de fer magnétique.

bleinière (Pb0,Sb0 5 ,Aq.)

Antimoniate de plomb hydraté dont la densité est comprise entre 3,9 et 4,7.

Sa dureté est i. Il se présente sous forme de nodules de couleur jaune ou brune. Sur le charbon, il fond en donnant des fumées d’antimoine et un globule métallique.

BOULANGÉRITE

Sulfoantimonite de plomb qui se trouve à l’état compact ou fibreux à Molières (Gard). Sa couleur est gris de plomb ; son poids spécifique varie entre 5,8 et 6; sa dureté est 3. Il se dissout dans l’acide chlorhydrique chaud avec dégagement d’hydrogène sulfuré. Au chalumeau, il fond en donnant de l’acide sulfureux et des fumées d’antimoine.

bournonite (2 PbS + Cu*S + SbS 3 )

Sulfure de plomb, de cuivre et d’antimoine. Il cristallise dans le système rhombique. Les cristaux sont caractérisés par les angles suivants :

On rencontre les combinaisons :

Souvent les cristaux du type mph 1 g 1 e l sont maclés suivant une face m, aplatis suivant p, et se groupent manière à offrir l’apparence d’un pignon d’en-

Fig. I.

grenage, d’où le nom de Radelerz ou minerai en roue donné par les mineurs de Kapnick. Ces cristaux présentent un clivage imparfait suivant g 1 . Leur couleur est gris d’acier, leur densité varie de 5,7 à 5,87 ; leur dureté est comprise entre 2,5 el 3. Ils sont fragiles, solubles dans l’acide azotique chaud en donnant une liqueur bleue et un résidu d’oxyde d’antimoine et de soufre. Ils décrépitent quand on les chauffe dans un tube fermé, en donnant un sublimé rouge. Au chalumeau, ils donnent de l’acide sulfureux et des fumées d’antimoine.

ANTIMOINE

BREITHADPTITE (Ni s Sb)

Anlimoniure de nickel qu’on rencontre sous forme de petites tables hexagonales d’un rouge de cuivre violacé, où les faces de la pyramide font avec la base un angle de 135° 65'. L’espèce est isomorphe avec la nickéline. Sa densité est de 7,5 ; sa duretéjvarie entre 5 et 5,5.

CERVANT1TE OU STIDICONISE (SbO*)

L’acide antimonieux SbO 4 parait résulter de l’altération de la stibine. Les cristaux appartiennent au système rhombique, ils sont infusibles et non volatils. Densité : 4,8. Dureté comprise entre 4 et 4,5.

CHANARCILLITE

Arsénioantimoniure d argent.

CORONGUITE

Antimoniale de plomb et d’argent.

CUMENGITE

Variété de stiblite.

DÏSCRASE OU ARGENT ANTIMONIAL

Ce sulfure cristallise dans le système rhombique; il est isomorphe avec la chalcosine :

mm œ 119*59' ; 6‘6* = 132° 42'.

La composition de ces cristaux est variable, la proportion d’argent variant entre 72 et 84 pour 100.

Ces cristaux dont la formule est voisine de Ag s Sb, se trouvent en masses grenues, présentant un clivage net suivant p, moins net suivant e l . La densité est comprise entre 9,4 et 9,8 ; la dureté entre 3,5 et 4.

DURFELDTITE

Sulfoantimoniure d’argent, de plomb et de manganèse.

EXITÈLE OU VALENTINITE (SbO 3 )

Cet oxyde d’antimoine appartient au système rhombique :

mm = 1 36” 58'e‘e 1 = 70» 32' sur p.

Les cristaux sont aplatis ; suivant g 1 avec clivage m parfait ils'.sont translucides, blancs ou jaunâtres, d’éclat adamantin, d’éclat nacré suivant gf'.’Ta densité est de 5,56 dans les cristaux impurs, 3,7 dans les variétés très pures ; leur dureté est comprise entre 2,5 et 3.

Ils se subliment quand on les chauffe dans un matras: sur le charbon ils sont facilement fusibles, volatils avec un enduit blanc; l’acide chlorhydrique concentré les dissout complètement.

FAMATINITE (3Cu s S,SbS 3 )

Sulfoantimoniure de cuivre isomorphe avec l’énargite.

FREIESLÉBENITE (9[PbAg]S,4SbS 3 )

Sulfure d’argent de plomb et d’antimoine appartenant clinique :

mm = 119»,12'.

au système mono-

Les cristaux se présentent souvent sous forme de prismes profondément cannelés longitudinalement, ressemblant à des roseaux, d’où le nom de Schilfglasers que lui avait donné Freiesleben en 1817.

Il se trouve à Freiberg (Saxe) et à Iliendelaencia (Espagne) et contient 38 pour 100 de plomb pour 22 à 23 pour 100 d’argent.

Sa densité varie de 6 à 6,4 ; sa dureté est comprise entre 2 et 2,5.

La couleur en est gris d’acier ; fondu sur le charbon dans la flamme oxydante, il donne un globule d’argent métallique.

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