‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 11e cahierChapitre 180 sur 233 · SULFURES D’ANTIMOINE · texte numérisé non relu

SULFURES D’ANTIMOINE

Il existe deux sulfures d’antimoine bien définis, leur composition répondant aux formules SbS 3 et SbS 5 .

Deux autres sulfures de formule SbS 2 et SbS 4 ont été signalés, mais leur existence est douteuse.

D’après Faraday, on obtiendrait le sulfure SbS 2 par fusion du trisulfure avec de l’antimoine métallique; le sulfure d’antimoine fondu dissout à la vérité le métal, mais par refroidissement, le laisse déposer intégralement (Berzelius).

Plus récemment, Unger a prétendu qu’on pouvait obtenir ce sous-sulfure par •dédoublement du trisulfure d’antimoine suivant la réaction

3 SbS 3 = SbS 6 -(- 2 SbS 2 .

TRISULFURE D’ANTIMOINE (SbS 3 )

Le sulfure d’antimoine est connu à l’état amorphe et à l’état cristallisé. Ces deux variétés ont les mêmes propriétés chimiques, le sulfure cristallisé se montrant cependant moins attaquable dans certaines réactions.

Le sulfure d’antimoine cristallisé se trouve dans la nature (voy. Minéraux, p. 13). Pour 1e séparer de sa gangue on profite de sa très grande fusibilité.

Le minerai trié à la main est introduit dans des cylindres en terre réfractaire, fermés à la partie supérieure par un couvercle et reposant sur une plaque en terre cuite percée d’un trou. Ces espèces de creusets sont chauffés par la flamme d’un foyer. Le sulfure d’antimoine liquéfié par la chaleur, s’écoule dans des creusets, où il se solidifie.

Le sulfure ainsi obtenu n’est jamais pur, il contient toujours de l’arsenic, du cuivre, du plomb, du fer. Sa pureté d’ailleurs, varie suivant son origine.

Il renferme en général de 8,6 à 0,7 de fer.

de 10,4 à 12,0 de plomb, de 0,18 à 0,50 d’arsenic.

ENCVCLOP. CHIM.

Pour y déceler une trace d’arsenic, on en pulvérise très finement une partie, qu’on fait digérer pendant quarante-huit heures dans une bouteille fermée, avec une solution concentrée d’ammoniaque; on évapore la solution filtrée, pour chasser l’excès d’ammoniaque, puis on sature par de l’acide chlorhydrique. Le précipité que l’on obtient contient un peu de sulfure d’antimoine, car ce sulfure

Fig. 11.

finement divisé se dissout légèrement dans l’ammoniaque, et tout le sulfure d’arsenic; c’eslune matière beaucoup plus riche en arsenic que la première. On chauffe doucement ce précipité avec une solution d’acide chlorhydrique; le sulfure d’antimoine se dissout, celui d’arsenic reste ; si l’on a pris assez peu d’acide pour ne pas dissoudre tout le sulfure d’antimoine, le sulfure d’arsenic reste presque pur; on peut alors le doser facilement par un des procédés connus.

Le plomb, le fer, le cuivre, s’y décèlent comme dans le métal.

Page 1