‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 11e cahierChapitre 2 sur 233 · I. —HISTORIQUE · texte numérisé non relu

I. —HISTORIQUE

L’uranium a été découvert en 1789 par le chimiste allemand Klaproth dans une analyse de pechblende, mais il ne fut alors obtenu qu’à l’état de protoxyde. Quelques années plus tard, Richter, calcinant à un violent feu de forge un mélange d’oxyde d’uranium et de sang de bœuf desséché, obtint un régule aggloméré mais non fondu, gris d’acier, cassant, présentant à la surface quelques indices de cristallisation en aiguilles, et dont la densité était 9,0 environ. Ce régule offrait une cassure iinement grenue et se dissolvait très difficilement dans l’acide chlorhydrique, mais bien mieux dans l’acide nitrique; étant donnée la stabilité excessive du protoxyde d’uranium, il est bien difficile d’admettre que Richter ait obtenu le métal réduit.

En 1823, Arfwedson montra que l’oxyde vert d’uranium, qu’on regardait alors comme le composé de ce métal le moins riche en oxygène, peut être réduit par l’hydrogène en donnant de l’eau et une poudre brune. Celle-ci brûle à l’air en devenant incandescente, et en régénérant l’oxyde vert; Arfwedson le regardait comme le radical métallique, et celte opinion fut généralement acceptée jusqu’en 1840, époque à laquelle M. Péligot découvrit un chlorure anhydre dont .acomposition était incompatible avec les données admises jusqu’alors ; 100 parties de ce chlorure fournissaient en effet de 108 à 115 parties de ses éléments constituants, ces derniers étant isolés par les procédés alors usités. M. Péligot

fit voir en outre que ce chlorure chauffé avec du potassium donne une substance métallique très différente de ce qu’on avait pris jusque-là pour du métal réduit, et qui cette fois était véritablement de l’uranium métallique.

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