HISTORIQUE
L’étain paraît avoir été connu dès la plus haute antiquité. Déjà quarante à quarante-trois siècles avant l’ère chrétienne, aux temps de la IV 0 Dynastie, les Egyptiens contemporains des Pharaons constructeurs des pyramides, allaient chercher dans l’Orient asiatique l’étain indispensable à la composition du bronze (§ 12) les versets suivants de la Bible mentionnent également ce métal : « Carthaginienses negotiatores tui a multitudine cunctarum divitiarum, argenlo, ferro, stanno, plumboque repleverunt nundinas tuas » [Ezéchiel, XXVII, 12], — « Et convertam manum meam ad te, et excoquam ad purum scoriam tuam, et auferam omne stannum tuum » [Isaïe, I, 25]. Toutefois, d’une part, les traducteurs ne sont pas d’accord sur la signification du mot hébreu bedil, qui semble devoir être traduit tantôt par étain, tantôt par plomb, de l’autre, ils ne s’accordent pas davantage sur la valeur des expressions stannum, plumbum album, plumbum argentarium, xaooirtpoç, que l’on rend généralement par étain, laissant à plumbum nigrum, l’acception de plomb.
Dans toute l’antiquité les îles Cassitérides étaient célèbres par leurs mines d’étain, et Slrabon rapporte [t. I, P- 265, éd. Casaub.], que, longtemps avant l’ère chrétienne, les Phéniciens franchissant le détroit de Gadès (Cadix) faisaient seuls le commerce avec ces îles, abondantes en mines de plomb et d’étain ; il remarque en les décrivant que le cassiteros est plus fluide que le plomb. Cette propriété ne peut s’appliquer qu’à l’étain, que Pline désignait sous le nom
de plumbum album; on reconnaît, dit ce naturaliste, le véritable plomb blanc en ce qu’étant fondu il peut être versé sur du papyrus sans qu’il le brûle [Pline, XXXIV, 48].
Après la destruction de Carthage les Phocéens s’emparèrent du commerce des métaux, et transportèrent l’étain à Narbonne qui en devint comme l’entrepôt général. Enfin, quand les Espagnols pénétrèrent au Mexique, ils y trouvèrent l’étain sous la forme de monnaie d’un très ancien usage; ce fait lire son explication de la facilité avec laquelle le minerai se laisse extraire de ses gisements, et transformer en métal.
Dans les manuscrits grecs relatifs à l’art sacré qui se trouvent à la Bibliothèque nationale, les signes y ou Q ou V représentent l’étain.