ÉTAIN ET FER
Quand on fond ensemble de l’étain et du fer, on obtient, d’après Bergmann, deux couches séparées : l’une d’elles contient 21 parties d’étain pour une de fer et constitue un alliage ductile, un peu plus dur que l’étain, et d une teinte un peu plus foncée; l’autre contient 2 parties de fer et une d’étain; elle est peu ductile et très dure. En général, les alliages de fer et d’étain sont cassants; le fer diminue la malléabilité de l’étain, le durcit et ternit sa couleur.
L’alliage de 6 parties d’étain avec 1 de fer est dur et cassant; sous le nom d ’alliage polychrome, nous le verrons employé à l’étamage du fer (§ 25). L ’alliage Budi, formé de 89 d’étain, 5 de fer et 6 de nickel, a la propriété d’adhérer facilement à la fonte.
ENCYCLOP. CHIH.
Alliage* crisiniiiMéa. — Quelques alliages d’étain et de fer sont cristallisés. 1° Lassaigne en a obtenu un en distillant dans une cornue de fer l’alliage de mercure et d’étain qui sert à l’étamage des glaces ; on décante l’étain fondu quand le mercure a distillé, et il reste des cristaux couverts d’étain qu’on enlève avec de l’acide chlorhydrique qui le dissout, tout en n’attaquant les cristaux que fort peu. On a obtenu ainsi des aiguilles de 5 à 8 millimètres de long sur 1/4 à 1/2 millimètre de large, présentant l’éclat et la couleur de l’acier poli ; leur densité à 18 degrés est 8,373 ; elles sont cassantes et ne fondent qu’au rouge blanc intense; l’eau régale ne les attaque pas. Leur poudre, projetée dans la (lamme d’une bougie, brûle en lançant de vives étincelles, et produisant des fumées blanches d’oxyde d’étain. Leur composition répond à la formule SnFe 3 .
2“ MM. H. Sainte-Claire Deville et Caron, en préparant le titanatc de protoxyde d’étain qu’ils décomposaient par la silice pour reproduire le rutile, ont obtenu souvent, en dissolution dans l’étain métallique, une substance brillante, cristallisée en larges lames métalliques qui se feutrent avec une grande facilité. On les sépare de l’étain excédant à l’aide de l’acide chlorhydrique qui les altère à peine; leur composition répond à la formule FeSn.
3“ Quand on dissout de l’étain des Indes dans l’acide chlorhydrique pour préparer le chlorure d’étain, il reste souvent un résidu inaltérable par les acides chlorhydrique et azotique ; c’est une poudre cristalline que l’eau régale attaque et dont la densité est 7,446 ; l’analyse lui assigne la composition FeSn 2 .
4° Avec l’alliage Cu 3 Sn 7 provenant des produits du traitement des minerais d’étain à Schlackenwalde, Rammelsberg a observé aussi la présence de fines aiguilles, gris clair, dérivant probablement d’un prisme à base carrée, et que l’acide chlorhydrique ne dissout qu’avec lenteur; leur densité est 7,534; ce savant leur attribue la formule FeSn 6 ou FeSn®.