‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 11e cahierChapitre 72 sur 233 · SULFATES DE PROTOXYDE D’ÉTAIN · texte numérisé non relu

SULFATES DE PROTOXYDE D’ÉTAIN

Sulfate neutre. — L’étain métallique n’est pas attaqué par l’acide sulfurique étendu et bouillant, mais l’eau s’évaporant peu à peu, il arrive un moment où le métal commence à se recouvrir de bulles d’hydrogène, et dès lors l’attaque continue, d’autant plus vive que l’acide est plus concentré. L’action commence quand l’acide sulfurique monohydraté est mélangé avec son poids d’eau à peu près, la surface de l’étain perd son brillant, devient moirée, et des bulles d’hydrogène se dégagent de tous ses points; il se forme en même temps du sulfate d’étai nanhydre SO 3 , SnO qui peu soluble, même à chaud, dans la liqueur sulfurique, se dépose bientôt en aiguilles brillantes sur le fond du vase et sur les lames d’étain. Celles-ci se recouvrent ainsi graduellement d’une couche de sulfate qui les protège contre l’action de l’acide, ce qui ralentit beaucoup la réaction. En laissant refroidir la liqueur elle dépose de nouveaux cristaux de sulfate.

L’acide qui commence à attaquer l’étain correspond environ à la formule S0 3 ,7H0, et dégage une notable quantité de chaleur lorsqu’on le mélange à beaucoup d’eau. En fait, la réaction a lieu tant que les chaleurs de formation et de dissolution du sulfate d’étain, dans les conditions de l’expérience, font une somme supérieure au nombre de calories que dégagent la formation et la dissolution de l’acide sulfurique dans les mêmes conditions ; or cette dernière somme varie beaucoup avec la quantité d’eau employée, et, quand elle devient supérieure à la première, l’attaque ne peut plus avoir lieu. L’expérience prouve qu’à la température de l’ébullition, c’est vers la composition S0 3 ,7H0 que le changement de signe a lieu, de telle sorte que toute liqueur plus riche en acide attaque l’étain avec dégagement d’hydrogène, et que la réaction n’a plus lieu si la concentration descend au-dessous de cette limite.

Le sulfate d’étain peut s’obtenir encore en dissolvant, jusqu’à refus, de l’hydrate de protoxyde dans de l’acide sulfurique étendu, à la température ordinaire ; la liqueur filtrée est fortement acide, incolore et transparente; évaporée dans le vide, elle ne tarde pas à déposer des aiguilles anhydres de sulfate de protoxyde d’étain.

Le sulfate d’étain affecte la forme de petites aiguilles incolores, transparentes, que la chaleur décompose en acide sulfureux et bioxyde d’étain ; l’eau froide le dissout, mais elle le décompose en partie; de l’acide sulfurique se sépare jusqu’à ce que la liqueur en renferme une quantité suffisante, pour, conformément aux lois de la dissociation par les liquides, ne plus décomposer le sel neutre; en même temps, un sous-sulfate se dépose, et il se produit en quantité d’autant plus considérable que la température est plus élevée.

Mous-auifate. — Le sous-sulfate d’étain a pour formule 2(S0 3 , 3SnO), 3H0; c’est une poudre cristalline d’un blanc légèrement jaunâtre. On peut l’obtenir directement en traitant un excès d’oxide d’étain anhydre par de l’acide sulfurique

étendu et bouillant. L’oxyde noir se transforme en une poudre cristalline, lourde d’un blanc jaune, et la liqueur renferme une quantité de sulfate neutre de protoxyde d’étain variable avec la proportion d’acide sulfurique qu’elle contenait primitivement. On voit que la décomposition du sulfate neutre d’étain s’effectue absolument comme celle du sulfate neutre de mercure, sous l’influence de l’eau.

L’eau, froide ou chaude, n’a pas d’action sur le sous-sulfate d’étain, elle modifie seulement un peu sa couleur, qui devient rouge clair à l’ébullition, ce qui tient à ce qu’alors il est anhydre; il devient rouge orangé quand on le chauffe vers 200 degrés et se dissout facilement à chaud dans les acides étendus. Ses propriétés rendent bien compte de ce qui se passe quand on ajoute quelques gouttes d’acide sulfurique à de l’hydrate d’étain en suspension dans de l’eau bouillante : *1 se forme d’abord du sulfate neutre, que l’eau dédouble en acide libre et soussulfate, mais comme ce dernier est inaltérable dans l’eau chaude, la réaction s’arrête presque immédiatement, et, pour cette cause, l’acide sulfurique se trouve compris au nombre des acides sous l’influence desquels la transformation de 1 hydrate de protoxyde d’étain en oxyde cristallisé et anhydre ne saurait avoir lieu.

Sulfates doubles. — Le sulfate d’étain se combine aux sulfates alcalins pour former des sels doubles ; en évaporant un mélange de deux solutions de sulfate d’étain et de sulfate de potasse, M. Marignac a obtenu des aiguilles fines, légères, s °yeuses et indéterminables. Il est probable qu’il existe deux combinaisons distinctes, car ce savant a obtenu, pour représenter la composition des cristaux , une fois la formule KO SO 3 ,2 (SnO, SO 3 ), et une autre fois la formule K0S0 3 , SnOSO*.

( iiioroHiiiiute. —En mélangeant des dissolutions chaudes et peu concentrées do protochlorure d’étain et de sulfate de potasse, M. Marignac a obtenu des Petits cristaux assez éclatants, ayant la forme d’un prisme hexagonal régulier forminé par une pyramide à six faces. Leur composition répond à la formule S nCl,4(Sn0S0 3 ,K0S0 3 ).

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