AZOTATE DE PROTOXYDE D’ÉTAIN
L’acide azotique concentré dissout l’étain en le transformant en bioxyde, toais il n’en est plus de même quand il est très étendu ; le métal se dissout
alors sans dégagement d’hydrogène, et il se produit dans la liqueur, avec du nitrate de protoxyde d’étain, une certaine quantité de nitrate d’ammoniaque.
L’acide azotique étendu et froid dissout aisément l’hydrate d’étain; la liqueur agitée avec un excès de cet oxyde, puis filtrée, est fortement acide, ne précipite pas par l’eau, et donne, quand on la chauffe, un dépôt gélatineux de bioxyde d’étain hydraté ; elle renferme des proportions rigoureusement équivalentes d’oxyde et d’acide. On en conclut que cette liqueur est une dissolution du nitrate SnO, AzO 5 , et que celui-ci n’est pas décomposé par l’eau, ce qui explique, en laissant de côté la formation de l’acide slannique, comment l’addition de quelques gouttes d’acide nitrique à de l’hydrate de protoxyde d’étain en suspension dans l’eau bouillante, ne détermine pas une cristallisation d’oxyde anhydre.
La dissolution de nitrate d’étain peut être évaporée dans le vide sans se troubler, etarrive bientôt à consistance sirupeuse; si on laisse alors rentrer l’air pour ralentir l’évaporation, on finit par obtenir une masse molle, transparente, légèrement opaline, qui devient de plus en plus consistante et dure; elle se dissout très facilement dans l’eau froide et donne une liqueur qui présente tous les caractères des sels de protoxyde d’étain. Si l’on essaye de la dessécher davantage, elle détone spontanément, tout d’un coup, dégage quelques vapeurs nitreuses et se transforme en une masse blanche très volumineuse; l’azotate de protoxyde s’est détruit et transformé en une combinaison d’acide azotique et de bioxyde d’étain (§ 66). La même décomposition a lieu dès que la liqueur devient sirupeuse, si on continue à l’évaporer rapidement dans le vide, même à une température qui ne dépasse pas 13 degrés.
D’après Weber, l’oxyde d’étain hydraté et humide, versé peu à peu dans de l’acide nitrique de densité 1,20, maintenu à zéro, s’y dissout en donnant une solution parfaitement claire. Si, lorsqu’on a dissous un équivalent d’oxyde pour un d’acide, on refroidit la liqueur à —20 degrés, on obtient un abondant dépôt de cristaux transparents ayant l’aspect du chlorate de potasse; retirés des eaux mères, ils fondent immédiatement en un liquide incolore dont la composition paraît être AzO 5 , SnO, 10 HO.
Quand à une solution de ces cristaux on en ajoute peu à peu, et en remuant constamment, une de carbonate de soude, il se forme un précipité cristallin blanc de neige, qui, après dessiccation dans le vide, laisse des prismes rectangulaires dont la formule est 2 AzO 5 ,4SnO = AzO 5 ,2SnO. Ce corps est décomposé partiellement par l’eau et s’altère lentement à l’air. On peut le chauffer à 100 degrés, mais un ppu plus haut il se décompose avec une violente détonation; il détone également par le choc ou le frottement.
Ce corps se produit aussi quand on traite par de l'étain métallique les nitrates tels que ceux de cuivre et d’argent, dont les métaux sont déplacés par l’étain.