PROTOXYDE ANHYDRE
CoO.
Modes de production. — Il se forme : 1° en même temps que le sesquioxyde dans la combustion directe du métal. Si celui-ci est aggloméré, il ne commence à s’oxyder qu’au rouge et prend feu au rouge vif; si le métal a été réduit à basse température,il prend feu dans l’air à la température ordinaire; toutefois le métal réduit au rouge attire l’oxygène de l’air.
2° Au rouge vif, le sesquioxyde passe à l’état de protoxyde (Proust).
3° Le sesquioxyde chauffé très fortement dans une atmosphère d’ammoniaque se transforme en oxyde brun jaunâtre, qui peut se réduire complètement à une température modérée ; la perte d’oxygène peut s’évaluer de 14 à 16 pour 100, du reste elle ne change pas à l’air, quelque considérable qu’elle soit (Vorsler).
1° Au rouge, le cobalt décompose la vapeur d’eau, il se produit de l’hydrogène et du protoxyde de cobalt (Desprez, Régnault).
Préparation .— 1° On chauffe au rouge le métal pulvérulent dans un creuset de platine (Winkelblech).
2° On chauffe l’hydrate de protoxyde dans une boule de verre, placée dans un bain de mercure, pour que la température ne dépasse pas 350 degrés, et on fait passer un courant d’hydrogène (W.).
3° On chauffe au rouge faible du carbonate de protoxyde dans un tube de verre plein dont la pointe est effilée (W.).
4° On chauffe l’oxyde noir de cobalt dans un courant d’acide carbonique jusqu’à ce qu’il ait perdu 6,82 pour 100 de son poids, ce qui exige environ trois quarts d’heure (Russel).
KNCYCLOP. CHIM. 2
5° On chauffe au rouge du chlorure de cobalt en présence de la vapeur d’eau (Schwarzenberg).
En décomposant le chlorure roséocobaltique par la chaleur, Reakirt a obtenu, outre du chlorure de cobalt, des cristaux noirs, microscopiques, non magnétiques, insolubles dans l’acide nitrique et dans l’acide chlorhydrique, cristallisés en octaèdres, solubles après avoir été fondus avec le bisulfate de potasse, et qu’il considère comme du protoxyde de cobalt ; ces cristaux, d’après Schwarzenberg, seraient constitués par de l’oxyde salin.
Propriétés. — Le protoxyde de cobalt se présente ordinairement sous la forme d’une poudre vert clair, ou vert-olive, non magnétique. Celui qui provient de la réduction de l’oxyde noir est brun clair, à peine hygroscopique, n’absorbe pas d’oxygène de l’air pendant plusieurs semaines et contient à peine au bout de huit ou neuf mois quelques traces d’oxydes supérieurs, à moins toutefois qu’on ne l’abandonne encore chaud à l’action de l’air.
Il se réduit à haute température, sous l’influence de l’hydrogène, de l’ammoniaque, du charbon, de l’oxyde de carbone, du potassium et du sodium. Un mélange à volumes égaux d’oxyde de carbone et d’acide carbonique le réduit complètement (Laurent). Chauffé sur le charbon à la flamme réductrice avec du carbonate de soude, il est réduit et le métal qu’on obtient après le lavage à l’eau est une poudre verte magnétique (Berzelius). Quand on le chauffe avec le soufre, il donne de l’acide sulfureux et du sulfure de cobalt ; avec l’hydrogène sulfuré, il donne du sulfure de cobalt et de l’eau.
Dans les fondants, le borax, le sel de phosphore, etc.,il se dissout en produisant une magnifique coloration bleue, stable aux températures les plus élevées, qui paraît violette à la lumière des lampes et qui permet de reconnaître des traces de cobalt.
Il se dissout dans les alcalis, dans les dissolutions chaudes de sel ammoniac, mais après avoir subi une suroxydation. Ses solutions sont bleues quand elles sont concentrées, et rouges quand elles sont étendues (H. Rose).
Il se dissout dans l’hydrate de potasse en fusion et donne un liquide bleu clair qui se prend en une masse bleue. Si l’action de la chaleur est prolongée, le liquide se solidifie en brunissant et il se sépare du sesquioxyde (Gmelin).
D’après les analyse de Berthier, de Russel et de Beetz sa formule est CoO.
HYDRATE DE MIOTOXYDE.
CoO.llO.
C’est une poudre rouge rosé qu’on obtient en décomposant un sel de protoxyde par la potasse concentrée et en opérant autant que possible à l’abri de l’air. La précipitation s’effectue rapidement à l’ébullition et la couleur bleue de la dissolution primitive passe au rose.
Quand on projette un cristal de sulfate ou de nitrate de protoxyde dans une solution de polasse, il se forme un précipité bleu, passant rapidement au violet,
COBALT
puis au rose ; on peut à peine saisir le changement de couleur, quand on verse goutte à goutte une solution de cobalt dans une lessive de potasse bouillante ; mais, quand on opère avec une solution de carbonate de protoxyde hydraté, il se forme un volumineux précipité d’abord bleu passant au violet, puis au rouge rosé (Proust).
On doit faire bouillir séparément les dissolutions de potasse et de cobalt pour les débarrasser de l’air qu’elles contiennent. L’hydrate obtenu par précipitation peut être ensuite lavé et séché sans changer de couleur, il brunit cependant un peu à la dessiccation (Winkelblech). En précipitant par l’ammoniaque dans une atmosphère d’hydrogène, une dissolution de cobalt bien privée d’air, on obtient un précipité d’un bleu pur contenant encore une trace d’acide, qui, par une digestion prolongée à l’abri de l’air, se transforme en un hydrate rose. D’après M. Fremy, on ne peut pas obtenir par la potasse un oxyde exempt d’alcali. L’hydrate de protoxyde perd son eau à 100 degrés. Sa chaleur deformation est égale à 32 calories (Thomsen).