APPLICATIONS ET USAGES DU NICKEL
NICKÉLISATION.
Ce sont les travaux de Becquerel, Boetlger et Jacohi qui ont fourni les premières indications relatives au dépôt galvanoplastique du nickel ou nickélisation. En 1841, Ruolz avait fait breveter un procédé qui fut mis à exécution dans l’usine Christofie et C", mais il ne donna pas les résultats cherchés, et le nickelage ne prit d’extension qu’en 1809, époque à laquelle I. Adam fit connaître en Amérique un nouveau procédé. Ce procédé se propagea bientôt en France, où il eut plein succès.
On emploie pour former le bain galvanique une solution concentrée de sulfate double de nickel et d’ammoniaque. Il est essentiel que cette solution soit et reste parfaitement neutre. Elle est maintenue en cet état par l’anode formée
d’une plaque de nickel pur, qui se dissout à mesure que le dépôt de nickel a lieu sur l’objet placé au pôle négatif.
La température du bain doit resler constante pendant tonte l’opération, car si elle baisse, il se produit une action secondaire qui détermine le dépôt du nickel sur la plaque de nickel; le dépôt ainsi formé est cristallin.
L’emploi d’un courant trop intense donne lieu à deux inconvénients : 1° les dépôts ont une grande tendance à se déchirer, par suite d’un contraction excessive que le métal éprouve en se déposanl ; 2°le nickel électrolytique obtenu avec des courants un peu trop intenses absorbe jusqu’à deux cents fois son volume d’hydrogène (1), et subit ainsi une transformation qui lui enlève sa cohérence. Cette absorption semble être une véritable combinaison chimique, elle est accompagnée d’un dégagement de chaleur considérable. La contraction subie par le dépôt croît alors en même temps qu’il devient plus aigre, et cela rend les déchirures inévitables.
Le fer ne peut être nickélisé directement, car ses sels ont une tendance extrême à se peroxyder. Or, le nickel métallique réduit à son tour les sels de peroxyde de fer en s'oxydant; par suite de cette action, les dépôts de nickel réussissent mal, et au lieu de déposer directement ce métal sur le fer, il faut avoir soin de recouvrir d’abord ce dernier d’une couche de cuivre.
Composition des bains. — L’addition d’acide citrique ou d’acide tartrique au bain a été conseillée par plusieurs auteurs. Plazanet recommande le bain suivant :
gr.
Sulfate de nickel. 87,5
Sulfate d’ammonium. 20,0
Acide citrique. 17,5
Eau. 2 litres.
Keith ajoute 1 litre d’une solution aqueuse de tartrate d’ammoniaque à 20 litres d’une solution de sulfate de nickel et d’ammoniaque marquant 7 degrés Daumé.
Martin et Delamotte (brevet n° 94,358) dissolvent à saturation du carbonate ou de l’oxyde de nickel dans une solution chaude renfermant :
Acide citrique. 1,250
Chlorhydrate ou sulfate d’ammoniaque.. 0,500
Azotate d’ammoniaque. 0,500
Eau... 15 litres,
On ajoute ensuite 2 k ,500 d’ammoniaque et on étend à 25 litres. Ce bain refroidi marque 10 degrés Daumé et renferme environ 50 grammes de nickel par litre; on y ajoute encore à froid 500 grammes de carbonate d’ammoniaque Le dépôt galvanique se fait à la température de 50 degrés. La présence de là
(1) Voy. les expériences <lc M. Raoult, Compt. rend, de l’Académie des sciences, t. LXIX p. 826. Ces expériences ont été analysées dans ce volume au sujet de l'occlusion du nickel ’
NICKEL
potasse et de la soude, qui dans d’autre bains doit être évitée, parce qu’elle occasionne des déchirures, est ici plus utile que nuisible.
Dépôt d'alliage de fer et de nickel. — Pour obtenir ce dépôt, Fearn place au pôle positif une plaque de fer associée à une plaque de nickel. Pour faire varier les proportions de l’alliage, il suffit de faire varier les surfaces respectives des plaques (brevet n° 92,825).
PROCÉDÉ DE STOLIiA, DÉPÔT DU NICKEL SUR LE FER PAR RÉDUCTION.
On peut déposer une couche de nickel sur le fer sans avoir recours à la pile, en plongeant les objets bien décapés dans un bain renfermant de 5 à 10 pour 100 de chlorure de zinc, auquel on ajoute du sulfate de nickel jusqu’à forte coloration verte. Après une heure environ d’ébullition, le fer est recouvert d’une couche mince, mais adhérente de nickel qui n’augmente pas quand on prolonge l’ébullition. Les objets sont ensuite lavés avec de l’eau tenant en suspension un peu de craie. Le dépôt possède à peu près le même aspect que l’acier (Stolba).