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PRÉCIPITATION A L’ÉTAT DE SULFURE

Nous avons vu précédemment que la précipitation du sulfure de nickel présente certaines difficultés, et que les liqueurs de nickel traitées par le sulfure d’ammonium passent brunes au travers du filtre et se troublent en laissant déposer du sulfure de nickel. Pour réussir la précipitation, Frésénius recommande d’ajouter à la solution du sel de nickel du chlorhydrate d’ammoniaque, ce sel, même en grand excès, étant sans inconvénient, et d’éviter la présence de l’ammoniaque libre, car aussitôt que cet alcali domine, le nickel reste dissous, et le liquide surnageant paraît brun.

Il faut donc effectuer la précipitation au moyen du sulfhydrate d’ammoniaque incolore ou jaune pâle, ne contenant pas d’ammoniaque libre, et laisser la liqueur, contenue dans une fiole bouchée et pleine, en repos pendant 48 heures. De la sorte on peut précipiter complètement le nickel dans des solutions qui ne renferment que un huit-cent-millième de protoxyde. Il faut également effec- ENCÏCLOP. CH1M. 17

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tuer les lavages avec de l’eau privée d’air par l’ébullition et contenant un peu de sel ammoniac, pour éviter d’oxyder le sulfure, moins oxydable cependant que le sulfure de fer. Dans le même but, on a soin de tenir le filtre toujours plein. Si malgré ces précautions la liqueur filtrée est encore brune, on ajoute de l’acide acétique et on fait bouillir jusqu’à ce qu’elle soit devenue incolore.

Lès lavages terminés, on dessèche le précipité sur l’entonnoir, et on calcine le filtre apres avoir enlevé autant que possible le précipité, soit sur une spirale de fil de platine, soit sur le couvercle du creuset, et on réunit les cendres au précipité. On dissout ensuite celui-ci au moyen de l’eau régale concentrée, et on fait digérer à une douce chaleur, jusqu’à ce que tout le sulfure de nickel soit dissous et que le soufre séparé soit d’un beau jaune, on étend d’eau, on filtre et on précipite par la potasse de l’oxyde de nickel, on est ainsi ramené au dosage précédent.

On se contente quelquefois, pour abréger les opérations, de dissoudre le sulfure sur le filtre au moyen de l’eau régale; cette pratique est peu recommandable, car on introduit ainsi dans la liqueur des matières organiques qui peuvent nuire à la précipitation complète du nickel par la potasse ou la soude.

La précipitation du sulfure de nickel au moyen de l’hyposulfite de soude s’effectue plus rapidement et plus complètement qu’avec le sulfliydrate d’ammoniaque. Quand on effectue cette opération dans un tube scellé, à la température de 120 degrés, en ayant soin d’ajouter un peu d’acide acétique à la liqueur, il suffit d’une demi-heure pour précipiter tout le nickel. Le sulfure ainsi obtenu est vert, inaltérable à l’air, dense et facile à laver, comme le sont d’ordinaire les précipités obtenus au moyen des hyposulfites ou liyposulfates ; l’acide chlorhydrique et l’acide sulfurique étendus l’attaquent à peine. Pour le transformer en sulfate de nickel, on le dissout dans l’acide azotique et on évapore la solution après l’avoir traitée par l’acide sulfurique (Gibbs). On précipite le sulfate par la potasse de la môme façon que le chlorure.

Il peut être aussi avantageux de précipiter le sulfure de nickel par l’un des moyens suivants.

On ajoute du bicarbonate d’ammoniaque à la dissolution un peu acide de manière à ce qu’elle renferme un excès de bicarbonate d’ammoniaque et d’acide carbonique libre, puis on fait passer un courant d’acide sulfhydrique. Aussitôt que le nickel est précipité, on filtre.

On peut encore verser de l’ammoniaque dans la solution, jusqu’à ce qu’elle présente une réaction alcaline, puis relativement beaucoup d’acétate de soude du sulfhvdrate d’ammoniaque en excès, enfin de l’acide acétique jusqu’à forte réaction acide, et porter à l’ébullition. Le précipité formé se dépose facilement. On essaye si la précipitation est complète en neutralisant le liquide filtré par l’ammoniaque et en le traitant par le sulfliydrate d’ammoniaque, s’il se produit une coloration noire, on acidifie avec l’acide acétique, et on chauffe pour précipiter les dernières traces de nickel.

NICKEL

dosage a l’état métallique.

A l’état métallique, le nickel se dose soit par réduction du sel au moyen de l’hydrogène, soit par dépôt électrolytique.

1° Réduction par l’hydrogène. — On chauffe le composé au rouge dans un creuset de porcelaine recouvert d’un couvercle percé et dans lequel arrive un courant d’hydrogène. C'est le dispositif de Rose. L’hydrogène doit arriver lentement et la température n’être élevée que peu à peu.

Le nickel ainsi obtenu est une poudre grise métallique. Après une première pesée, on chauffe une seconde fois le creuset plus fortement, et ainsi de suite, jusqu’à ce que le poids demeure constant. Si l’on chauffe suffisamment, le métal devient brillant, blanc d’argent et fond. Chauffé au rouge dans l’air, il s’oxyde à la surface.

On peut réduire ainsi le protoxyde, le chlorure, le carbonate, l’azotate, le sulfure, les sels organiques, etc., tous ceux, en un mol, dont les acides sont volatils.

DOSAGE ÉLECTROLYTIQUE.

On ne peut obtenir le dépôt électrolytique du nickel dans une solution acide, mais on l’obtient facilement dans une solution neutre, ou mieux conlenant de l’ammoniaque, du cyanure de potassium, ou des acides organiques libres, tels que l’acide acétique, l’acide citrique, tartrique, oxalique, etc. ; ces acides entrent, en effet, dans la composition des bains destinés à opérer le dépôt galvanoplastique du nickel, ceux de Gibbs et Lucas, Chevey et Richards, Plazanet, Martin et Delamotte, etc.

La présence du sulfate d’ammoniaque ou du sulfate de soude favorise le dépôt ; celle du chlorhydrate ou de l’azotate d’ammoniaque l’entrave.

L’intensité du courant la plus convenable à employer est celle d’une pile de deux ou trois éléments Bunsen, capable de fournir environ 300 centimètres cubes de gaz tonant à l’heure, et l’écartement des électrodes doit être de 3 à 5 millimètres. Il faut également que la solution soit assez étendue et contienne de 10 à 15 centigrammes de nickel à l’état de sulfate pour 200 centimètres cubes de liquide. On ajoute à la solution 3 à 4 grammes d’ammoniaque et 0 à 0 grammes de sulfate d’ammoniaque. Un fort excès d’ammoniaque ne nuit pas, mais retarde seulement le dépôt, qui, dans ces conditions, peut s’élever à 2 centigrammes de nickel par heure (Frésénius et Bergmann).

Riche électrolyse également le sulfate en solution légèrement acide, vers la température de 70 degrés, il obtient ainsi un dépôt de 5 centigrammes de nickel par heure.

Classen électrolyse les oxalates doubles et pour cela il ajoute à la solution un excès d’oxalate d’ammoniaque, et le dépôt de nickel se fait rapidement

sur le creuset de platine profond qui sert d’électrode négative. Il lave ensuite à l’alcool, à l’éther, sèche à 100 degrés et pèse.

Quand au lieu d’oxalate d’ammoniaque, on ajoute de Poxalate de potasse, il se produit dans l’électrolysc du carbonate de potasse qui précipite du carbonate de nickel, et il est nécessaire d’ajouter de l’acide oxalique ou de l’acide sulfurique étendu pour dissoudre ce précipité. Cet inconvénient n’a pas lieu par l’emploi de l’oxalate d’ammoniaque (Classen et Reis).

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