‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 14e cahierChapitre 132 sur 152 · ENCYCLOP. CI · texte numérisé non relu

ENCYCLOP. CI

Le chargement s’effectue en déposant d’abord sur la red (la grille en briques) une couche de 0'",40 de solera pauvre, ou, à son défaut, de pierre de carrière entièrement stérile. Sur cette première couche, on jette les morceaux les plus gros de minerai pauvre, puis une certaine quantité de china pauvre et de requierbo, au-dessus de laquelle s’entasse le métal (minerai riche) jusqu’à la hauteur des fenêtres. On met sur le métal les débris d’aludels cassés dans les opérations antérieures, et l’on achève de remplir avec les briquettes ou boules de bacisco. On fait parfois aussi entrer dans ces briquettes les poussières mercurielles riches provenant de la condensation, et retirées des aludels aux opérations précédentes. Les boules sont alors naturellement plus riches que lorsqu’elles ne sont faites que de minerais menus et de terres.

Les charges ne sont ni pesées, ni même mesurées; les ouvriers ont toutefois une assez grande habitude des fours pour ne faire varier qu’assez peu la composition de la charge.

On commence la charge par la porte de chargement latérale, qu’on mure à mesure que le lit de minerai s’élève ; on l’achève par l’ouverture supérieure, que l’on ferme également, quand le four est rempli, avec une pâte formée de cendres et d’eau; la même pâte sert à luter les joints des aludels, et les portes de chargement par où pourraient s’échapper les vapeurs mercurielles.

Lorsque le four est ainsi préparé, on allume le feu dans le foyer, on le continue pendant huit à dix heures; la consommation de combustihle, pendant ce temps, est de 2‘,20 à 2‘,50 de hois.

Après dix heures de feu commence la période de calcination spontanée, dite de brasa (hraise), par opposition à la première, qui s’appelle de lama (flamme). Elle dure de quarante-cinq à quarante-six heures. Pendant ce temps, le grillage du minerai continue, et la température se maintient grâce à la combustion du soufre du minerai.

Alors commence la période du refroidissement du four: on ouvre l’ouverture du chargement et la porte du foyer, on nettoie celui-ci, et l’on enlève les cendres; les ouvriers entrent ensuite dans le foyer et déchargent les résidus de calcination, puis recommencent immédiatement à charger; ces deux dernières opérations ne prennent pas plus de deux heures.

L’ensemble d’une calcination porte le nom de cohura (fournée); chaque cohura dure trois jours, ainsi répartis :

Chargement. 1 heure

t" Période feu. 8 à 10 heures

2" Calcination. 45 à 46 —

3“ Refroidissement... 18 —

72 heures.

Les résidus de la calcination portent le nom impropre de scories. On les examine pour en séparer quelques morceaux mal calcinés; le reste est charge sur des charrettes à mules et conduit au dépôt des scories, derrière l’enceinte de l’usine.

Tous les quinze jours, après cinq opérations par conséquent, ou lève les aludels du premier demi-plan, pour en détacher l’épaisse couche de poussièie

mercurielle (hollines) qui les tapisse, ainsi que le mercure qui abonde dans la panse des allonges. Celte opération ne se pratique pour les aludels du deuxième demi-plan que tous les deux mois; la quantité de mercure qui s’y condense est, en eHet, peu considéralde. Les poussières ramassées dans ces nettoyages subissent une sorte de préparation mécanique sur un plan incliné; on les agite avec de 1 eau, et 1 on réussit ainsi à en séparer mécaniquement les gouttelettes de mercure qu’elles retiennent. Les résidus, formés de cendres souvent assez fortement imprégnées de mercure ou de sels mercuriels, sont employés à la préparation des briquettes.

2» Travail au four d'Idria. — Le travail au four d’Idria ressemble beaucoup a celui au four de Bustamante; les proportions seules sont changées.

La duree d’une opération est de six jours : le premier sert au nettoyage et au chargement; le deuxième, à la combustion du bois dans le foyer; le troisième et le quatrième, à la calcination du minerai, sans feu extérieur; le cinquième au refroidissement; et le sixième, à l’enlèvement des scories.

Les poussières déposées dans les chambres se lavent dans les chambres mêmes; les résidus servent, comme ceux des fours de Bustamante, à la fabrication des briquettes de menu, et une partie au moins du mercure qu’ils contiennent est ainsi réutilisée.

Le mercure réuni au magasin est enfermé dans des bouteilles en fer forgé bien connues, de 0”',30 de hauteur et 0”',13 de diamètre, dont le goulot est disposé de manière à recevoir un bouchon à vis formant fermeture hermétique. Ces bouteilles, qui portent le nom de frascos, pèsent vides 5>'g,5 à 5 et reçoivent chacune 34kv,507 de mercure (trois arrobes ou 75 livres de Castille). Le frasco vide coûte de 6 fr. 50 à 7 francs.

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